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Le marketing vert, fléau du mouvement zéro déchet?

Une table garnie de plusieurs contenants et enveloppes pour la boîte à lunchs.

Le mouvement « zéro déchet » gagne en importance.

Photo : Radio-Canada

Laurence Gallant

Alors que les produits encourageant le mode de vie « zéro déchet » sont de plus en plus populaires, certains affirment que les pièges du marketing vert se font nombreux et poussent les consommateurs qui cherchent à réduire leur impact environnemental vers des choix qui peuvent plutôt avoir l'effet contraire.

Brosses à cheveux en bambou, emballages en tissu japonais (furoshiki), sacs en coton... L'offre de produits dits plus verts se multiplie dans les boutiques comme en ligne, mais sont-ils réellement de bonnes options pour l'environnement?

Aujourd’hui, contrairement à quand j’ai commencé, il y a une énorme mouvance marketing autour du thème zéro déchet.

En seulement quatre ans, la blogueuse et conférencière pour un mode de vie zéro déchet Cindy Trottier a constaté que l’expression zéro déchet était de plus en plus récupérée et affichée à tort dans l’industrie, sans prendre en compte les coûts environnementaux derrière la production de certains articles, dit-elle.

On parle de 64 % des entreprises qui utilisent des arguments qui sont sociaux ou environnementaux pour vendre leurs produits. Eux autres ont un seul but : c'est la croissance. Donc ils ne vont pas vous dire “ralentissez, faites attention…”

Cindy Trottier, conférencière
Cindy Trottier sur le plateau de RDI.

Cindy Trottier a fondé la plateforme Circuit zéro déchet.

Photo : Radio-Canada

De plus en plus de gens semblent conscientisés, désireux de contribuer à la lutte aux changements climatiques. Toutefois, ce type de récupération des grandes industries peut tromper les consommateurs, dénonce la fondatrice du Circuit zéro déchet, une plateforme qui répertorie les commerces encourageant la réduction des déchets au Québec.

Les gens vont se garrocher sur ces produits-là en pensant faire la bonne chose, mais souvent, ils ne tiennent pas compte de tout le passé qui est derrière les choses qu'on achète neuves.

Cindy Trottier, conférencière

Le zéro déchet invite à la réutilisation, à l’achat d’articles usagés, à la créativité et non à l'achat de produits neufs, rappelle Mme Trottier. Pas nécessairement à une économie de décroissance, mais d’une croissance sociale qui va tourner autour du local, qui va faire en sorte qu’on ne va pas utiliser des matières qui viennent de loin. Il y a déjà suffisamment de matières qui existent pour pouvoir créer de nouveaux produits.

Des bas de laine présentés dans un kiosque et une future acheteuse.

Marché de Noël à l'église Notre-Dame-des-Neiges à Trois-Pistoles.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Vendre, mais conscientiser

Les produits zéro déchet peuvent avoir une influence positive, mais un grand effort de sensibilisation et de réflexion avec les consommateurs est primordial. C’est ce qu’affirme Cindy Trottier, mais aussi Jessie Vaillancourt, propriétaire d’une boutique en ligne spécialisée en produits écoresponsables.

Avec la boutique, j’essaie le plus possible de m’éloigner de tout ça parce qu’il y en a vraiment beaucoup, de marketing vert.

Jessie Vaillancourt, propriétaire d’Exéco

Les gens vont penser qu'un sac en coton biologique, ça va être plus écologique, mais c'est tellement demandant, la production de coton, que finalement, même si le sac on peut le réutiliser toute une vie, on ne le sait pas si son impact va être moindre. Il faut vraiment pousser plus loin que de remplacer quelque chose de jetable par quelque chose de réutilisable.

Jessie Vaillancourt, qui possède également un blogue en parallèle autour des gestes écoresponsables à adopter, tente de pousser les gens à s’interroger sur leurs réels besoins avant d’acheter en neuf.

Jessie Vaillancourt et quelques-uns de ses produits ménagers et de soins corporels écologiques disposés sur une table.

Jessie Vaillancourt, propriétaire de la boutique en ligne Exéco

Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

L’entrepreneure cherche à offrir toutes les meilleures options, si on a à acheter. Par exemple, les pailles, au début, je n’en avais pas dans ma boutique, mais il y avait une forte demande, alors j’ai décidé d’en avoir. Mais j’ai choisi celles en acier inoxydable, parce qu’elles ne casseront pas, qu’elles vont être recyclables à l’infini, qu’elles vont être bonnes pour toujours.

Beaucoup de pression écologique

Cindy Trottier estime qu’avec les mouvements comme le Pacte pour la transition ou La Planète s’invite au parlement, la population vit avec une grande pression écologique. Ils se disent “vite, il faut faire quelque chose, qu’est-ce que je peux faire?"

Une femme fait un achat en ligne.

Les achats en lignes sont populaires lors des fêtes de fin d'année.

Photo : iStock

Les consommateurs trouveront ainsi du réconfort à lire certains termes ou expressions affichés sur les produits qu’ils recherchent, croit-elle.

On ne va pas aller chercher plus loin. On va arriver devant la tablette du commerce, et si on voit le mot "naturel", on va se garrocher dessus en pensant que c’est mieux, mais des fois, le contenu ne représente pas le contenant. C’est là qu’il y a une énorme éducation à faire si on veut vraiment réduire notre impact sur l’environnement et inciter les consommateurs à consommer différemment.

Lorsqu’on tend vers le mode de vie zéro déchet, c’est important de dire que chaque geste compte. Tout le monde ne part pas de la même place non plus, et ça, on en est tous conscients, relativise Cindy Trottier, qui invite les gens à utiliser leur gros bon sens avant de faire leurs emplettes.

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