•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un groupe de travail sur le bien-être pour mieux soutenir les étudiants en médecine

Un médecin, le visage caché par ses mains, semble épuisé.

L'École de médecine du Nord de l'Ontario remarque que de plus en plus d'étudiants demandent des accommodements en raison de troubles de santé mentale.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après le suicide d’un étudiant ontarien en médecine, un établissement d'enseignement supérieur dit tenter de mieux encadrer le bien-être de ses étudiants ainsi que les services de soutien en santé mentale qui sont mis à la disposition de ces derniers.

L’École de médecine du Nord de l’Ontario (ÉMNO) indique que la famille du défunt étudiant, qui fréquentait l’Université d’Ottawa, lui a donné la permission de parler du tragique événement pour réduire la stigmatisation du suicide. L’étudiant était originaire du Nord de l’Ontario.

La vice-doyenne aux études de l’ÉMNO, Catherine Cervin, explique que de telles circonstances ont certainement poussé l’établissement à réévaluer sa stratégie de suivi des étudiants, dans un contexte où la demande est déjà élevée.

Au cours des cinq dernières années, nous avons remarqué une plus grande proportion d’étudiants qui demandent certains accommodements pour la santé mentale, donc qui requièrent que leur programme d’études soit adapté en fonction de leurs troubles de santé mentale, explique-t-elle.

Selon la vice-doyenne, plusieurs facteurs contribuent au stress et à l’anxiété chez plusieurs étudiants en médecine, dont les inquiétudes liées aux frais de scolarité élevés et à la charge de travail.

La médecine est une profession où il y a beaucoup de défis, il y a beaucoup à apprendre [...]. Il peut être très difficile pour un étudiant d’essayer de prévoir un peu de temps libre parce qu’il pourrait craindre de prendre du retard.

Une citation de :Dre Catherine Cervin, vice-doyenne aux études de l’ÉMNO

La nouvelle doyenne de l’ÉMNO, Dre Sarita Verma, a exigé la mise sur pied d’un groupe de travail sur le bien-être, dont le but, selon Mme Cervin, sera de développer une nouvelle stratégie en identifiant ce qu'il manque actuellement dans leurs services et en créant une approche au bien-être qui repose sur une culture du respect, de la bonté, de la collégialité professionnelle et de la civilité.

On parle du bien-être à la fois du corps professoral, des apprenants et du personnel de l’ÉMNO, fait savoir la vice-doyenne, qui rappelle qu’il y a plus de 1600 médecins dans le Nord de l’Ontario qui font partie du corps professoral élargi de l’ÉMNO.

Le premier rapport du groupe de travail, présidé par Mme Cervin et composé de médecins, de représentants du personnel et d'étudiants, devrait être conclu l’année prochaine.

Difficile équilibre entre assiduité et santé mentale

Pour de nombreux étudiants en médecine, il devient très difficile de concilier une lourde charge de travail et le maintien d’une bonne santé mentale, à tel point que cette dernière peut même être reléguée au second plan.

Mathieu Rheault-Henry dit avoir dû faire un très grand ajustement au cours des derniers mois. L’étudiant de première année à l’École de médecine du Nord de l’Ontario (ÉMNO) a rapidement changé ses méthodes de travail dans un environnement qu’il apprend toujours à apprivoiser.

Lors de la transition du baccalauréat à l’École de médecine, il y a beaucoup de tâches qu’on doit faire, beaucoup de responsabilités [...], la grande majorité des choses qu’on apprend, c’est individuellement, on doit devenir indépendant vraiment vite et il y a beaucoup de matériel qui rentre rapidement, c’est vraiment ça le plus grand stress, explique celui qui est aussi le représentant des étudiants de première année au conseil étudiant de l’ÉMNO.

C’est comme si j’essayais de boire d’un boyau de pompier et j’essaie d’apprendre le plus d’informations que je peux dans le temps que j’ai.

Une citation de :Mathieu Rheault-Henry, étudiant en médecine

Le stress est exacerbé par l’objectif commun que visent les étudiants dès leur admission dans une faculté de médecine : obtenir une place dans un programme de résidence, un processus parfois compliqué.

L’ÉMNO met à la disposition de tous ses étudiants des conseillers à qui ils peuvent parler des problèmes quelconques qu’ils éprouvent et des lignes téléphoniques de soutien.

Mais pour M. Rheault-Henry, l’offre de ces ressources ne règle pas, à elle seule, tous les problèmes des étudiants qui se sentent bien souvent submergés et préfèrent prioriser tant bien que mal leur travail scolaire.

On a des options et on les apprécie, mais la plupart d’entre nous avons beaucoup de responsabilités, beaucoup de tâches à faire, on n’a pas le temps d’aller voir ces ressources-là, aussi triste que cela puisse [paraître]. Il est souvent difficile de gérer, de jongler toutes les responsabilités et d’être capables de prendre soin de nous-mêmes en même temps, conclut l’étudiant.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !