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Onze milliards d'humains en 2100 : un défi pour le climat

Le reportage de Michel Marsolais

Photo : Reuters / China Stringer Network

Michel Marsolais

L'échec de la COP25 laisse planer beaucoup de doutes sur la capacité de l’humanité à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Parmi les éléments souvent ignorés, on retrouve l'augmentation rapide de la population mondiale, qui exerce une très forte pression sur l'économie et l'environnement.

Malgré tous les efforts, la lutte contre les changements climatiques fait du surplace. La bombe à retardement qui nous menace : l'explosion de la population mondiale. Elle est actuellement de 7, 7 milliards de personnes. Selon les Nations unies, elle passera à 9,7 milliards en 2050 et à 11,2 milliards à la fin du siècle.

L'équation est claire! Une augmentation de la population, c'est une augmentation des demandes d'énergie, des demandes alimentaires également, rappelle Vissého Adjimadou, professeur de démographie à l’Université du Québec à Montréal.

Louise Henault-Ethier, responsable des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, admet qu’il faudra finir par aborder le sujet.

C'est certain qu'il va falloir un jour avoir des discussions sérieuses au niveau de la population mondiale.

Louise Henault-Ethier de la Fondation David Suzuki

L'enjeu de l'augmentation de la population est préoccupant, oui. Mais, il y a surtout l’enjeu des inégalités, estime Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-énergie chez Greenpeace.

Les habitants des pays riches ont évidemment une empreinte carbone beaucoup plus grande que ceux des pays pauvres.

La face sombre de la croissance

Mais l'ajout chaque année de centaines de millions d'humains, qui requièrent énergie, nourriture et transport, rend la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) encore plus difficile.

La croissance économique, qui accompagne souvent l’essor démographique, reste le principal enjeu. La consommation des individus est un facteur plus significatif que leur nombre. Partout sur la Terre, la majorité des gens cherchent à améliorer leur sort matériel en consommant davantage.

Les pays qui deviennent économiquement plus viables ont une augmentation de leur population, de leur classe moyenne, qui aspire au même style de vie que ce que nous avons en Occident, en Amérique, souligne Vissého Adjimadou.

La croissance se fait d’ailleurs à un rythme inégal. La hausse démographique la plus forte se trouve actuellement en Afrique subsaharienne, où les individus ont encore une empreinte carbone très faible. Des pays comme l’Inde explosent tant en termes de population que d'émissions de GES.

L'Inde en ce moment a des émissions beaucoup plus faibles qu’en Chine, plus faibles que la moyenne mondiale. Mais sa population croît plus vite que la Chine et la tendance de leurs émissions est vraiment à la hausse. Cela va créer un gros défi pour la planète, pour les émissions de GES, explique Charles Séguin, professeur au Département des sciences économiques de l'UQAM.

Une stabilisation à 11 milliards d'individus

Il a fallu 200 000 ans pour que l'humanité atteigne un premier milliard d'habitants et à peine deux siècles pour passer à neuf milliards. Les démographes prédisent que la population mondiale se stabilisera autour 11 milliards avant de redescendre légèrement.

Des pays comme le Canada, qui ont des taux de fécondité très bas, connaissent une augmentation de leur population par le biais de l'immigration, dont une bonne proportion provient des pays plus pauvres.

La régulation des naissances reste la clé, ce qui est en partie acquis dans les pays les plus riches.

En éduquant les femmes, en les envoyant à l'école, on va leur permettre de s’émanciper d'un système où elles sont vouées à faire de plus en plus d'enfants, affirme Louise Henault-Ethier.

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