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Inde : nouvelles manifestations contre la loi sur la citoyenneté

Des femmes manifestent contre la nouvelle loi sur la citoyenneté, devant l'Université Jamia Millia Islamia, à New Delhi, le 21 décembre 2019.

Les rassemblements interviennent au lendemain de manifestations qui ont entraîné la mort de 11 personnes, vendredi, dans l'État de l'Uttar Pradesh (nord).

Photo : Reuters / Anushree Fadnavis

Agence France-Presse

Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi dans plusieurs villes indiennes pour protester contre la nouvelle loi sur la citoyenneté, qui provoque une inquiétude grandissante dans le pays et des troubles qui ont fait 20 morts à ce jour.

Ces nouvelles manifestations ont débuté samedi à Chennai, la capitale de l'État du Tamil Nadu (sud), et à Patna, dans l'État du Bihar (est). Des manifestants étaient également attendus en masse à New Delhi, la capitale du pays.

Les rassemblements interviennent au lendemain de manifestations qui ont dégénéré, vendredi, dans l'État de l'Uttar Pradesh (nord). Onze personnes y ont trouvé la mort, dont un enfant de 8 ans, piétiné lors d'une bousculade dans la ville sainte hindoue de Varanasi, a mentionné le chef de la police du district, Prabhakar Chaudhary.

Les manifestations ont commencé il y a 10 jours afin de dénoncer la loi sur la citoyenneté, qui est jugée comme discriminatoire à l'égard des musulmans.

Adoptée le 11 décembre par le Parlement indien, cette loi facilite l'obtention de la citoyenneté indienne par les réfugiés de l'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, à l'exception des musulmans.

L'Uttar Pradesh, qui compte environ 200 millions d'habitants – dont 20 % de musulmans –, est le plus peuplé des États de l'Inde.

Dix personnes y ont été tuées par balles vendredi, a annoncé samedi le porte-parole de la police de l'État de l'Uttar Pradesh, Shirish Chandra.

Onze victimes parmi les 20 enregistrées depuis le début de la vague de contestation ont été tuées en Uttar Pradesh.

Quand la police a tenté de réprimer les protestations, les gens ont commencé à courir pour se protéger et une bousculade s'en est suivie, où l'enfant a péri, a expliqué à l'AFP le chef Prabhakar Chaudhary à propos de l'incident survenu à Varanasi.

Des policiers arrêtent des manifestants opposés à une nouvelle loi sur la citoyenneté, à Chennai, le 21 décembre 2019.

La loi facilite l'obtention de la citoyenneté indienne par les réfugiés de l'Afghanistan, du Bangladesh et du Pakistan, à l'exception des musulmans.

Photo : Reuters / P. Ravikumar

Les policiers ont fait preuve d'une totale retenue face à des manifestants qui les attaquaient avec des jets de pierres, a-t-il assuré.

L'opposition politique a pour sa part dénoncé une répression brutale des manifestants par le pouvoir nationaliste hindou.

La police a installé des barrages samedi le long de l'avenue Jantar Mantar, dans le centre de Delhi, devenue ces dernières années un haut lieu de la contestation.

Les autorités s'efforcent de contenir le mécontentement par l'imposition de lois d'urgence, en bloquant les accès à Internet ou en fermant des boutiques ou restaurants dans les endroits les plus sensibles du pays.

Mais la police a également fait usage de ses armes et de gaz lacrymogènes, et a chargé les manifestants à l'aide de matraques. Des centaines de personnes ont été interpellées.

Les opposants à la loi sur la citoyenneté assurent qu'ils ne baisseront pas les bras tant que celle-ci n'aura pas été révoquée.

Vendredi soir dans le vieux quartier de Delhi, un journaliste de l'AFP a pu voir des manifestants, dont des enfants, être interpellés et frappés par la police. Les protestataires scandaient des slogans hostiles à Narendra Modi, le premier ministre indien, jetant des pierres contre les forces de l'ordre.

La plupart des personnes arrêtées ont été relâchées, a annoncé la police samedi à l'AFP.

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