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Un infirmier suspendu après avoir lancé un cri du coeur sur Facebook

L'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu de Sherbrooke

L'urgence du CHUS-Hôtel-Dieu de Sherbrooke

Photo : Radio-Canada / Martin Bilodeau

Radio-Canada

Un mouvement de solidarité s'organise pour soutenir un infirmier du réseau de la santé de l'Estrie, suspendu après avoir lancé un cri du coeur dans une publication Facebook.

L'infirmier, Jean-Sébastien Blais, qui possède une quinzaine d'années d'expérience, a vertement dénoncé dans sa publication Facebook le manque de ressources en santé mentale, en critiquant notamment l'administration de l'établissement.

Le lendemain, ses patrons lui ont annoncé qu'il était suspendu, avec solde, le temps qu'une enquête interne soit réalisée.

Son message a suscité bien des réactions.

Selon nos informations, des employés le soutiennent dans différents départements. Certains ont décidé d'inscrire ses initiales sur un bout de tissu et d'épingler celui-ci sur leur uniforme.

On veut vraiment avoir plus de gens qui sont aptes à intervenir sur les codes blancs, sur les patients agressifs, explique sous le couvert de l'anonymat un employé qui travaille au département de psychiatrie.

Ce travailleur de la santé est à bout de souffle. Depuis des semaines, voire des mois, le climat est invivable dans le département où il exerce ses fonctions. Il croyait que la perquisition menée par les policiers la semaine dernière allait calmer le jeu, mais non.

Il y a eu des changements de faits, les patients ont été changés d’étage. Malheureusement, ça a recommencé deux, trois jours plus tard. Plus ça va, plus les patients aussi entrent de la drogue sur les étages. Ces patients-là prennent de la drogue et la fournissent aux autres patients, raconte-t-il.

Les patients deviennent extrêmement agressifs.

Un employé du département de psychiatrie

Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l'Est (FIQ), espère que le CIUSSS de l'Estrie-CHUS saura prendre au sérieux ces témoignages et écouter les employés qui sont au bout du rouleau.

Sophie Séguin

Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l'Est (FIQ)

Photo : Radio-Canada

Il faut regarder ça comme un cri du coeur et non comme un employé qui voulait se venger de son employeur. Donc, j'espère que les résultats de l'enquête seront positifs.

Sans commenter de cas précis, la direction de l'établissement assure que les employés peuvent s'exprimer librement, même sur les réseaux sociaux.

Tout est possible à dire, mais il faut que ce soit empreint de respect et en lien avec nos valeurs d'établissement, lance le directeur adjoint aux ressources humaines du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Stéphane Tétreault.

Stéphane Tétreault

Stéphane Tétreault, directeur adjoint aux ressources humaines du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Photo : Radio-Canada

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS rappelle entre autres que l'infirmière qui avait dénoncé ses conditions de travail en janvier 2018 n'avait fait l'objet d'aucune mesure disciplinaire parce que son message était respectueux envers ses collègues et les patients.

Stéphane Tétreault se dit extrêmement préoccupé par les difficultés vécues au département de psychiatrie.

Au niveau de la sécurité, avec la direction concernée, on a un plan de match qui est en cours de réalisation actuellement depuis les dernières semaines, notamment, ajoute-t-il.

Mais visiblement, ces mesures sont insuffisantes, selon certains employés.

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