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Canadiens emprisonnés en Chine : le ministre Champagne reste discret

François-Philippe Champagne, de profil.

Le ministre des Affaires étrangères, Francois-Philippe Champagne, à ses bureaux d'Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, reste discret sur ce que Washington a répondu lorsque le gouvernement canadien lui a demandé de ne pas signer d’accord de libre-échange avec la Chine avant que ne soient libérés deux Canadiens détenus dans ce pays.

Jeudi, dans une entrevue à l'émission Salut Bonjour, à TVA, le premier ministre Trudeau a affirmé que le Canada avait demandé aux États-Unis de ne pas conclure un accord de libre-échange complet avec la Chine tant que Michael Kovrig et Michael Spavor seront détenus par les autorités chinoises.

Nous avons dit que les États-Unis ne devraient pas signer un accord final et complet avec la Chine si n'est pas réglée la question de Meng Wanzhou et des deux Canadiens, a déclaré M. Trudeau.

En entrevue vendredi avec La Presse canadienne, le ministre des Affaires étrangères n’a cependant pas accepté d’en dire plus à ce sujet, affirmant que ce ne serait pas dans l'intérêt de Michael Kovrig et de Michael Spavor qu'il entre dans les détails entourant la négociation de leur libération.

« Je ne pourrais pas rentrer dans les détails des discussions qu'on a eues avec nos homologues américains », a-t-il aussi indiqué.

Selon François-Philippe Champagne, beaucoup de choses se passent dans ce dossier, dans lequel, dit-il, on investit quantité de temps, d’énergie et de moyens.

Quant à Justin Trudeau, dit-il, il n'a fait qu'utiliser jeudi la tribune qui était à sa disposition.

« Notre obligation solennelle, c'est d'utiliser tous les moyens, de prendre tous les forums, toutes les tribunes qui nous sont donnés pour demander la libération immédiate des deux Michael, et c'est ce que le premier ministre a fait hier », a-t-il soutenu.

Dans ces négociations, le Canada aurait l'appui du président démocrate du comité de la Chambre des représentants des États-Unis qui supervise le commerce.

Richard Neal a indiqué qu’il était d’accord pour que les États-Unis retardent la conclusion de leur accord de libre-échange jusqu’à la libération des deux prisonniers, et qu’il en avait discuté avec Justin Trudeau et l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. Un échange entre M. Neal et cette dernière aurait d’ailleurs eu lieu il y a moins d’une semaine.

J'appuie la position du Canada à cet égard, a-t-il dit dans une entrevue jeudi. Je soutiens leurs efforts pour mettre en sécurité ces deux citoyens canadiens qui sont détenus contre leur volonté.

Michael Kovrig (à gauche) et Michael Spavor (à droite) ont été arrêtés par les autorités chinoises.

Le Canada est désespéré, laisse entendre la Chine

La démarche de Justin Trudeau est condamnée à l'échec et a été initiée totalement en vain, a indiqué de son côté un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine cité par le Globe and Mail.

Ceux qui tirent les marrons des autres du feu ne feront que se brûler, a-t-il dit.

Le Canada doit avoir le cœur trop brisé pour pleurer s'il agit ainsi, a-t-il poursuivi.

Le porte-parole a ensuite répété que la Chine demandait au Canada de libérer la directrice financière de Huawei, Meng Whanzou.

Mme Wanzhou a été arrêtée à Vancouver en décembre 2018 à la demande de la justice américaine, qui la soupçonne d'avoir contourné des sanctions imposées à l'Iran et qui réclame son extradition. Son audience d'extradition doit avoir lieu en janvier.

La Chine exige depuis sa libération.

Michael Kovrig et Michael Spavor ont pour leur part été appréhendés par la police chinoise quelques jours après l’arrestation de Meng Wanzhou. La Chine dit les soupçonner d’espionnage.

Les deux Canadiens devraient savoir d'ici la mi-janvier s'ils seront soumis à un procès ou non, ce qui laisse peu de temps pour d'autres négociations.

Selon Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine, s'ils sont soumis à des procès, il y a 99,9 % de chances qu'ils soient reconnus coupables et soumis à des peines très sévères.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Globe and Mail

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