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Église catholique: les victimes d’abus saskatchewanaises demandent les noms des agresseurs

Joey Basaraba dans sa maison.

Joey Basaraba, une victime d'abus, dit que l'Église catholique doit « se repentir » en publiant les listes des agresseurs.

Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les diocèses catholiques de Prince Albert et de Saskatoon travaillent à rassembler les données internes sur les abus survenus dans ces deux diocèses depuis des dizaines d’années. Toutefois, personne dans ces diocèses ne s’engage à publier les noms des prêtres impliqués.

Joey Basaraba affirme avoir été agressé sexuellement par deux prêtres de Prince Albert à partir de l'âge de 6 ans. Il en a maintenant 55.

Pendant longtemps, chaque fois qu’il passait devant une église, il exprimait sa haine de ce qu'elle représentait. Aujourd'hui, il va un peu mieux. Il a suivi une thérapie mais, surtout, il ne passe plus devant d'église.

Savoir qui sont les prêtres concernés... 

M Basaraba fait partie de ceux qui demandent que l’Église catholique de la Saskatchewan révèle les noms des prêtres qui auraient potentiellement abusé d'enfants dans les dernières décennies dans la province. 

Au Canada, seul le diocèse de Vancouver a publié ces informations, révélant ainsi que 36 affaires impliquent de manière crédible des prêtres. Toutefois, leur nom n’est indiqué que dans certains cas.

Au mois de décembre, l'archevêque de Regina, Donald Bolen, a promis de fournir les listes des prêtres concernés par des actes d’agression, une fois qu’elles seront établies. Il y ajoute toutefois un bémol : l’accord des victimes. Selon lui, cette autorisation est encore loin d’être acquise. Il ne publiera donc pas de liste pour le moment.

... pour aider à guérir

Selon la directrice générale de l’organisme Saskatoon Sexual Assault and Information Centre, Faye Davis, révéler les noms des prédateurs est important.

Les victimes vont prendre conscience qu’elles ne sont pas seules, explique-t-elle. Elles arrêteront de penser que c’est leur faute ou alors qu’on ne les croira pas.

Selon de nombreux experts et d’anciennes victimes, la divulgation de ces informations pourrait aussi protéger d’autres enfants d’agressions potentielles.

Il était prêtre, comme Dieu

Joey Basaraba enfant.

Joey Basaraba affirme qu'il a été abusé par deux prêtres dès l'âge de 6 ans.

Photo : Joey Basaraba

Joey Basaraba a grandi à Prince Albert avec ses 8 frères et soeurs, ses parents et d’autres membres de sa famille. Il se souvient de la fierté de sa mère quand le prêtre lui a demandé s’il voulait travailler à l'église.

Un matin, l'homme d'Église lui a demandé de l’attendre dans le sous-sol de l’église. Là, le prêtre l'a caressé et lui a demandé de poser sa main sur son entrejambe.

J’étais terrifié.

Une citation de :Joey Basaraba

Selon M. Basaraba, les abus ont empiré par la suite. Un deuxième prêtre aurait participé aux attouchements. Une situation qui a duré des années. 

Joey Basaraba a décidé de poursuivre le diocèse de Prince Albert en justice il y a des années. Cette bataille judiciaire est toujours en cours. Il précise que l’argent n’est pas sa motivation, mais qu'il souhaite que la vérité se sache. 

Le diocèse ne rejette pas l'accusation, mais estime que le plaignant a pris trop de temps pour porter plainte. 

Vent de changement

Mardi, le pape François a levé le secret pontifical en ce qui a trait aux abus au sein de l’Église. Les autorités religieuses du Vatican disent qu'il s'agit d’une décision historique qui supprime des obstacles pour les victimes. 

Le lendemain, la branche canadienne de l'ordre des Jésuites a promis de divulguer les noms de tous ses prêtres faisant l’objet d’accusations crédibles.

L'archevêque de Regina, monseigneur Donald Bolen.

L'archevêque de Regina, Donald Bolen, estime que la levée du secret pontifical est une grande avancée pour les victimes.

Photo : Radio-Canada

L'archevêque de Regina, Mgr Donald Bolen, parle de profonde complicité et de camouflage pour décrire les antécédents de l'Église en matière d'abus sexuels sur les enfants. En mars 2019, il a écrit une lettre aux victimes dans laquelle il s’excuse au nom de l’Église catholique.

La levée du secret pontifical est un pas dans le bon sens pour réparer les crimes du passé, selon l'archevêque de Regina.

Avec les informations de Jason Warick

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