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L'armée canadienne face à une pénurie de pilotes

Un CF-18 qui vient de décoller.

Un avion de chasse CF-18 décolle de la base aérienne de Bagotville.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

L'Aviation royale du Canada (ARC) se tourne vers des contractuels pour pallier une pénurie de pilotes militaires expérimentés.

Cette pénurie oblige l'ARC à trouver le juste équilibre entre garder des aviateurs chevronnés disponibles pour former de nouvelles recrues ou alors les envoyer diriger des missions en vol.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, le commandant des Forces aériennes, le lieutenant-général Al Meinzinger, a révélé le plan militaire d'embaucher des contractuels pour pourvoir certains postes de pilotes instructeurs afin que ses aviateurs en service actif puissent continuer à effectuer de vraies missions au Canada et dans le monde.

Ce sera un petit nombre de l'ordre de 9 à 10 pour la première phase. Ce que cela signifie, c'est que je n'aurai pas à envoyer autant de pilotes expérimentés pour enseigner dans les écoles.

le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant des Forces aériennes

Il espère que la plupart des personnes embauchées seront des pilotes militaires à la retraite.

Cette mesure fait suite à une initiative similaire visant à combler une pénurie de techniciens d'aéronefs.

En effet, 49 contractuels – dont beaucoup de techniciens de CF-18 à la retraite – ont été embauchés dans les bases de Bagotville, au Québec, et de Cold Lake, en Alberta, pour encadrer et former du personnel plus jeune.

Le programme devrait coûter 6,7 millions de dollars cette année.

Al Meinzinger, assis dans un bureau.

Le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant des Forces aériennes, en entrevue à La Presse canadienne.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Un plan pour former plus de pilotes

La pénurie de pilotes et de techniciens militaires a été révélée pour la première fois dans un rapport explosif du vérificateur général publié l'an dernier, dans lequel il s'en prenait au projet des libéraux d'acheter des avions australiens d'occasion. Il avait averti le gouvernement que l'armée de l'air avait besoin de plus de personnel, pas d'avions.

Depuis, des efforts ont été faits pour mieux retenir le personnel expérimenté, en particulier en soutenant mieux les familles des militaires, en faisant appel à des réservistes pour aider aux travaux d'entretien de base et en réalisant certains ajustements qui permettent aux pilotes de passer davantage de temps dans les airs plutôt qu'à faire du travail de bureau.

L'armée travaille également sur un nouveau programme de formation qui permettra d'augmenter, au besoin, le nombre de nouveaux pilotes formés au cours d'une année donnée. Le programme actuel ne permet de former qu'un nombre fixe de nouveaux pilotes.

Bien que des progrès aient été réalisés, des responsables affirment que l'armée de l'air a encore besoin de 225 pilotes. Toute pénurie deviendra particulièrement compliquée à gérer lorsque le Canada commencera à recevoir ses nouveaux avions de chasse, car l'armée de l'air devra former des pilotes sur le nouvel avion tout en s'assurant qu'un nombre adéquat de pilotes pourront continuer à accomplir des missions.

Alors que la pénurie actuelle de pilotes coïncide avec une croissance importante de l'aviation commerciale, Al Meinzinger espère que les pilotes contractuels choisiront de continuer à travailler avec l'armée plutôt que de chercher un emploi ailleurs.

Plutôt que de voir quelqu'un quitter un poste de la force régulière et entrer dans l'industrie civile, nous préférerions qu'il reste avec nous à temps partiel.

le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant des Forces aériennes

Les contractuels sont censés être une solution à court terme tandis que l'armée s'efforce d'attirer et de retenir plus de personnel pour répondre à ses besoins à long terme, a ajouté Al Meinzinger.

Je les vois comme des catalyseurs temporaires. Si nous regardons le long terme et que nous faisons plus de travail [recrutement et rétention], idéalement nous arrivons à un point plus sain où nous ne devons pas être aussi dépendants de cet approvisionnement particulier que nous le sommes aujourd'hui, a-t-il dit.

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