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Le meilleur de la décennie culturelle en 10 questions

Deux rangées de cinq photos, présentant de gauche à droite : la couverture du roman « Chanson douce », le visage d'une actrice dans le film « La vie d'Adèle », la comédienne Émilie Clarke dans Game of Thrones, une femme tenant une affiche où il y est inscrit #MeToo, le rappeur Drake, le réalisateur Xavier Dolan, une image avec le logo de Netflix, l'humoriste Katherine Levac, le comédien Robert de Niro, puis le logo de la pièce de théâtre SLAV.

Pour faire un bilan de la décennie, Radio-Canada Arts a demandé à des spécialistes de la culture de dévoiler leurs coups de cœur culturels des années 2010.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

De quel film parlerons-nous encore dans 30 ans? Quel événement culturel a fait le plus jaser? Qu’est-ce que la culture a apporté à la société dans la dernière décennie? Pour faire le bilan, Radio-Canada Arts a demandé à ceux et celles qui connaissent les sphères artistiques comme le fond de leur poche.

En répondant à 10 questions, Claudia Larochelle, autrice et chroniqueuse littéraire, Helen Faradji, autrice et critique cinéma, ainsi que Louis-Philippe Ouimet et Nabi-Alexandre Chartier, journalistes culturels, vous présentent leurs coups de cœur culturels des 10 dernières années.


1. Le film de la dernière décennie dont on parlera encore dans 30 ans

Roma, d’Alfonso Cuarón (2018)

Pour le journaliste culturel Louis-Philippe Ouimet, c’est assurément le film Roma (2018), distribué par Netflix, qui est venu ébranler l’industrie cinématographique.

Pour sa cinématographie et son récit intemporel, Roma est un film qu'on présentera encore longtemps dans les écoles de cinéma.

Louis-Philippe Ouimet
Yalitza Aparicio fait la lessive à l'extérieur dans cette image tirée du film « Roma », d'Alfonso Cuarón.

Yalitza Aparicio dans « Roma », d'Alfonso Cuarón

Photo : TIFF

« J’aurais pu choisir L'artiste (2011), Birdman (2014), Le fils de Saul (2015), Spotlight (2015) ou Moonlight (2016), dit-il, mais je crois que dans 30 ans, on parlera encore de l'énorme virage cinématographique opéré par le géant Netflix. » Il estime d’ailleurs que le film Marriage Story, de Noah Baumbach, est un autre bon exemple de cette révolution.

Le drame en noir et blanc d'Alfonso Cuarón raconte l'histoire d'une femme de ménage autochtone travaillant pour une famille de la classe moyenne à Mexico. 

La vie d’Adèle, d’Abdellatif Kechiche (2013)

La vie d'Adèle est une œuvre cinématographique librement adaptée de la bande dessinée Le bleu est une couleur chaude, de Julie Maroh, qui raconte une histoire d'amour passionnée entre deux femmes.

Le film La vie d'Adèle

Un extrait du film « La vie d'Adèle », qui a reçu la Palme d'or du Festival de Cannes

Photo : Quat'sous Films | Wild Bunch

Le film français a d’ailleurs reçu la Palme d'or du Festival de Cannes en 2013 (Nouvelle fenêtre). Le jury, alors présidé par Steven Spielberg, avait fait le choix inhabituel de remettre les grands honneurs non seulement au réalisateur, mais également aux deux vedettes de son film, Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux. Pour Claudia Larochelle, c’est LE film dont on parlera encore dans 30 ans.

Ce film témoigne des relations amoureuses et humaines en cette époque de grands changements.

Claudia Larochelle

Le réseau social (The Social Network), de David Fincher (2010)

Impossible de penser aux années 2010 sans faire référence au géant du web qu’est devenu Facebook. En ce sens, Helen Faradji, critique de cinéma à Radio-Canada, estime que c’est le film Le réseau social, de David Fincher, qui a marqué l’univers du septième art.

Scène du film « The Social Network ».

Jesse Eisenberg, à gauche, et Joseph Mazzello dans le film « The Social Network »

Photo : Merrick Morton, Columbia Pictures

D'abord parce que dès le début de la décennie, Fincher faisait preuve d'une maîtrise de la mise en scène. C’est ce qui nous a fait croire que le grand cinéma américain classique n'était pas mort.

Et aussi parce que Aaron Sorkin, un des scénaristes les plus brillants de notre temps, a su transformer la naissance de Facebook en un mythe contemporain, qui examine la chute et la déchéance d'un homme et d'un système de façon quasi shakespearienne. C’est à la fois ultracontemporain et atemporel.

Helen Faradji

Helen Faradji estime qu’il faut également – et absolument – mentionner l'importance du film Mommy, de Xavier Dolan.

Un jeune homme embrasse une femme, la main entre leurs deux bouches

« Mommy », de Xavier Dolan

Photo : Les films Séville

À mes yeux, c'est le film qui a fait accéder Xavier Dolan à une forme de maîtrise. C’est ce qui l'a vraiment fait passer dans la cour des grands. C'est inventif, audacieux, émotif et plus grand que nature, en même temps que parfaitement intimiste. Le genre de cinéma qui réveille!

Birdman (ou les vertus insoupçonnées de l'ignorance) (Birdman [or the Unexpected Virtue of Ignorance]), d’Alejandro González Iñárritu (2014)

Pour le journaliste culturel Nabi-Alexandre Chartier, ce chapitre du cinéaste mexicain mérite d’être nommé parmi les meilleurs films de 2010. D'une durée de deux heures, Birdman se déroule en un seul plan-séquence, un mouvement perpétuel de caméra – en apparence, du moins – obtenu par du montage. Une véritable prouesse technique.

Le film Birdman, d'Alejandro Inarritu

Un extrait du film « Birdman »

Photo : Associated Press / Alison Rosa / Fox Searchlight

Birdman a récolté des éloges partout où il est passé et a été couronné meilleur film à la 87e cérémonie des Oscars, en 2015.

J’ai adoré Birdman et je crois qu’il vieillira bien. Mais je pense qu’on retiendra surtout que cette décennie est celle où on a basculé vers le streaming et où les plateformes numériques se sont lancées dans la production de films pour rivaliser avec les studios traditionnels.

Nabi-Alexandre Chartier

2. Le réalisateur ou la réalisatrice qui a marqué le cinéma des années 2010

Martin Scorsese, le maître

Ça semble fou, dit la critique de cinéma Helen Faradji, mais je donnerais le prix au vétéran.

Martin Scorsese sourit aux journalistes.

Le réalisateur Martin Scorsese lors du tapis rouge de son film « The Irishman », au Festival international du film de Rome, le 21 octobre 2019

Photo : getty images for netflix / Vittorio Zunino Celotto

Même si on associe le vieux routier des films de gangsters aux années 1970, 1980 et 1990, il a somme toute amorcé cette décennie avec un polar, Shutter Island (2010), pour lancer en 2011 un film en 3D, Hugo Cabret.

Impossible de passer sous silence « sa satire féroce et complètement folle » Le loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street), sorti en 2013, un portrait controversé des années fastes de la société de courtage américaine Stratton Oakmont. Scorsese a enchaîné l’autre moitié de la décennie avec son « introspection spirituelle », Silencio (2016), et l’a conclue avec le film « à la fois le plus testamentaire et impressionnant de sa carrière », The Irishman (2019), dit Helen Faradji.

C'est fou : à plus de 70 ans, il est celui qui fait avancer le cinéma à pas de géant en expérimentant avec des procédés technologiques et, en même temps, signe des récits d'une puissance classique incontestable.

Helen Faradji

Denis Villeneuve, de saveur locale à vedette internationale

Pour Louis-Philippe Ouimet, c’est la progression fulgurante de Denis Villeneuve qui est impressionnante et remarquable dans cette décennie. Ici comme aux États-Unis. Soyons fiers, dit-il. Le cinéaste a d'ailleurs été nommé réalisateur de la décennie par la Hollywood Critics Association.

Portrait de Denis Villeneuve qui sourit

Le réalisateur québécois Denis Villeneuve en 2017

Photo : Getty Images / Frazer Harrison

C’est avec son succès critique et populaire Incendies que le réalisateur a amorcé les années 2010. Une incroyable carte de visite qui lui a valu une reconnaissance dans le monde entier et qui lui a ouvert grand les portes d’Hollywood. Il a rapidement enchaîné les succès avec Prisoners (2013), Enemy (2013) et Sicario (2015), avant de se plonger dans les très attendus Arrival (2016) et Blade Runner 2049 (2017).

Son adapation du grand classique de la littérature de science-fiction Dune devrait sortir en décembre 2020.

Xavier Dolan, le génie

Les quatre personnes qui se sont prêtées au jeu de ce bilan sont unanimes : impossible de ne pas parler du jeune réalisateur québécois Xavier Dolan, qui a sorti son tout premier long métrage coup de poing (J’ai tué ma mère) un an avant le début de la décennie.

Un beau présage pour le jeune prodige, qui a réalisé près d’une dizaine de longs métrages en 10 ans. Ça me semble évident qu’un homme si jeune, un cinéaste québécois si singulier, si déterminé, si inventif et sensible qui fait que notre province se démarque sur la scène internationale, mérite d’être celui qui a marqué le cinéma des années 2010, croit Claudia Larochelle.

Qu’on aime ou pas ce qu’il fait, c’est quand même un phénomène rare. J’aime ses trajectoires atypiques. En espérant que ça inspire d’autres jeunes.

Claudia Larochelle
Xavier Dolan porte un costume bleu et une chemise blanche.

Le réalisateur québécois Xavier Dolan à Paris en mars 2019

Photo : Getty Images / Pascal Le Segretain

Dans la francophonie, Xavier Dolan est devenu un maître du cinéma, et il n'a que 30 ans, dit Louis-Philippe Ouimet.

J'ai un énorme faible pour Xavier Dolan, dont l'ensemble de l'oeuvre ne sera pas égalée de sitôt.

Louis-Philippe Ouimet

Son film Mommy (2014) lui a entre autres valu le Prix du jury au Festival de Cannes cette année-là. Deux ans plus tard, il repartait du même festival avec le Grand Prix pour son long métrage Juste la fin du monde (2016).

C’est un petit génie qui fait rayonner le Québec, estime Nabi-Alexandre Chartier.


3. Le livre incontournable

Chanson douce, de Leïla Slimani (2016)

« C’est un des livres majeurs à mes yeux », soutient Helen Faradji.

La couverture de « Chanson douce », de Leïla Slimani

La couverture de « Chanson douce », de Leïla Slimani

Photo : Gallimard

Couronné du prix Goncourt 2016, Chanson douce est un livre coup de poing qui dépeint le meurtre de deux enfants par leur nounou, le tout dans un récit « qui met le doigt sur l’individualisme de nos sociétés industrialisées  », explique Claudia Larochelle.

Je n’ai jamais rien lu de tel. Au-delà de la dureté du thème, de ce vers quoi ça culmine, ce qu’on aime de ce roman, c’est la tension que l'autrice distille alors même qu’on connaît l’issue de l’histoire.

Claudia Larochelle

C’est de la grande maîtrise du roman noir, parce qu’en plus – il faut le faire –, il y a une forme d’élégance dans ce qu’elle décrit, même si on sait que ça va mal virer. Cette écrivaine nous joue dans la tête… Elle nous fait mal, mais on aime ça, soutient la chroniqueuse littéraire.

Manuel de la vie sauvage, de Jean-Philippe Baril Guérard (2018)

En 2018, le jeune auteur a bouclé son cycle littéraire entamé en 2014 avec Sports et divertissements, son premier roman, et poursuivi avec Royal, gagnant du Prix littéraire des collégiens en 2018. Manuel de la vie sauvage en est le point final, un roman qui se penche sur les dérives du capitalisme à l'ère numérique.

Portrait de Jean-Philippe Baril-Guérard

L'auteur Jean-Philippe Baril Guérard lors Salon du livre de Montréal, le 24 novembre dernier

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

Manuel de la vie sauvage est une belle leçon d'écriture. Je suis d'ailleurs jaloux.

Louis-Philippe Ouimet

Le lambeau, de Philippe Lançon (2018)

Voici un autre livre bouleversant, en phase avec son époque : Le lambeau, récit personnel du journaliste français Philippe Lançon, survivant de l’attentat survenu dans les bureaux de Charlie Hebdo.

La couverture du livre « Le lambeau », de Philippe Lançon

La couverture du livre « Le lambeau », de Philippe Lançon

Photo : Gallimard

C’est un manifeste contre l'horreur, un chant d'amour à l'art comme seul endroit de beauté. C’est un livre qui donne espoir et qui refuse tout racolage, tout sensationnalisme, ce dont on a besoin.

Helen Faradji

Je dors beaucoup moins bien depuis que j'ai lu Le lambeau, avoue pour sa part Louis-Philippe Ouimet, qui considère l'ouvrage comme l'un des plus grands de la décennie. Philippe Lançon a par ailleurs remporté le prix Femina en 2018 pour son manuscrit.


4. La révélation musicale

Selon nos spécialistes, il n’y a rien de plus clair : la révélation musicale de la décennie ne s’incarne pas en une seule personne; c’est plutôt un style musical qui s’est imposé. Et on l’a particulièrement ressenti au Québec, même s'il aura fallu près de 25 ans avant que l'industrie, du moins dans la Belle Province, cesse de bouder le rap.

Le groupe Alaclair Ensemble

Le groupe Alaclair Ensemble

Photo : lemayf

J’ai vraiment le sentiment que la décennie a vraiment permis au rap québécois de sortir de l'ombre. Aujourd'hui, ils semblent installés dans le paysage, mais en 10 ans, c'est assez fou de voir comment les Loud et Alaclair Ensemble de ce monde ont pris leur place. Avec bonheur.

Helen Faradji

Louis-Philippe Ouimet abonde dans le même sens que sa collègue et précise que le triomphe du rap est international. Je n'irai pas ici à un nom, mais les années 2010 ont été celles de l'imposition du rap comme style musical planétaire le plus important.

Un des meilleurs exemples de ce succès, selon Nabi-Alexandre Chartier, c’est la domination de l’artiste canadien Drake, par ailleurs nommé artiste de la décennie par Spotify.

Un homme sur une scène tient un trophée dans sa main et pointe quelqu'un dans le public.

Drake lors de la remise des prix Grammy

Photo : Getty Images / Kevork Djansezian

Ses chansons ont joué en boucle, partout, et tout le temps. Il s’est imposé avec un style qui a fait de nombreux émules, estime-t-il. Il en a fait, du chemin, depuis Degrassi!


5. Ce qui a le plus joué en boucle

De Childish Gambino à Lana Del Rey

Pour Helen Faradji, c'est la pièce This is America, de Childish Gambino (alias Donald Glover), qui reflète particulièrement bien la musique ayant le plus tourné dans les écouteurs de sa décennie. « Dans la vidéo, on retrouve l'état d'angoisse, de folie, de plongée dans le chaos que ces dernières années nous ont fait vivre », dit-elle.

Tournée dans un hangar géant, la vidéo de This is America est devenue virale et commentée à l'infini sur les réseaux sociaux.

C’est chien, cette question, ajoute à la blague le journaliste culturel Louis-Philippe Ouimet. Impossible, croit-il, de consacrer un seul titre pour cette décennie, où la quantité de pièces musicales a explosé, notamment par l’utilisation des plateformes d’écoute en ligne.

Dans le désordre, je dirais : Philippe Brach (Le silence des troupeaux), Philippe B (Ornithologie - la nuit), David Bowie (Black Star), The Black Keys (Brothers), Lady Gaga (Born this Way) et Arcade Fire (The Suburbs).

Dans un tout autre registre, Claudia Larochelle soutient que c'est l'album Carrie & Lowell, de Sufjan Stevens, qui l'a charmée.

C’est une ode à la mère, aux origines, aux amours, aux amitiés et au temps qui passe, et qui nous donne et qui reprend. Le temps est sans pitié et fulgurant à la fois. Cet album est un concentré de tout ce que j’aime le plus écouter, avec un fond de mélancolie qui me sied bien. Sufjan Stevens me fait penser à ce que j’aime le plus chez un homme, précise-t-elle.

Pour sa part, Nabi-Alexandre Chartier estime que c’est plutôt Born to Die (2012), de Lana Del Rey, qui a le plus joué en boucle dans ses oreilles.

Il y a tellement de tubes sur cet album. Il s’écoute bien dans tous les contextes, que ce soit une soirée d’automne mélancolique ou un après-midi d’été au bord de la piscine.


6. La série télé culte

De Game of Thrones à District 31

HBO, la chaîne qui a mis au monde la série primée Six pieds sous terre (Six Feet Under) – gagnante du Golden Globe de la meilleure série en 2002 –, a réussi, malgré les Netflix de ce monde, à rester en tête avec Le trône de fer (Game of Thrones), dont le succès a retenti internationalement.

Un homme et une femme se regardent.

Une scène de l'épisode final de la série «Le trône de fer»

Photo : HBO

Comme des millions de personnes, j’ai été obnubilé par cette "série événement". Ils ont réussi à me réconcilier avec le fantastique.

Nabi-Alexandre Chartier

Certains vous diront Série noire, ajoute son collègue Louis-Philippe Ouimet. Mais, selon lui, les plus grandes séries des années 2010 – tant au Québec qu’à l’international –, ce sont plutôt District 31, Unité 9, Homeland et House of Cards.

Patrick Bissonnette et Stéphane Pouliot.

Dans la télésérie « District 31 », Vincent-Guillaume Otis tient le rôle de Patrick Bissonnette et Sébastien Delorme, celui de Stéphane Pouliot.

Photo : Aetios Productions

Pour Helen Faradji, qui a vu les séries télévisées s’approprier de plus en plus les modes de production du cinéma, rien ne pourra surpasser The Wire, une série qui s’est terminée dans la précédente décennie. Signe précurseur que les années 2010 allaient être fastes pour la télé?

J'irais donc avec deux choix, dit-elle. Halt and Catch Fire, une série passionnante sur la naissance de l'industrie informatique – des premiers ordis et jeux vidéo à l'arrivée d'Internet – et une ode féministe au travail des filles dans cet univers un peu (beaucoup) borné! Et le second : Parks and Recreation, avec Amy Poelher, ma comédie chouchou. À la fois hilarante, mais qui offre aussi un regard ultrapositif, candide et plein de bonté sur le monde de la politique de proximité.

Claudia Larochelle, pour sa part, met de l'avant l'une des séries produites par Netflix, The Crowndont la troisième saison a été mise en ligne il y a quelques semaines à peine. Quel tour de force, dit-elle.

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La série « The Crown » fait partie des nombreuses productions originales du géant Netflix.

Photo : Netflix

Cette série m’a rendu la monarchie presque utile et sympathique. Ce récit met en vedette tellement de personnages fabuleux auxquels on s’attache, avec leurs nuances, leurs contradictions et leurs ambitions dévorantes.

Claudia Larochelle

On en ressort plus instruits quant à l’histoire de la Grande-Bretagne et du monde occidental en général, à travers ses classes sociales, ses brutalités; ses lumières, aussi, ajoute la chroniqueuse.


7. Les nouveaux maîtres de l'humour

Le duo Key & Peele et l'humoriste Louis C.K.

Ils [Key & Peele] ont pas mal marqué cette décennie avec leur série à la fois bon enfant et ultrapolitique, croit Helen Faradji.

Bon, si je suis honnête, ajoute-t-elle, je dois aussi mentionner Louis C.K. : ses séries Louie et Horace and Pete ont été majeures, pleines d'humour ravageur et d’"auto-ironie" hilarante. Disons que la fin de la décennie nous l'aura fait découvrir sous un angle beaucoup moins sympathique…

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Louis C.K.

Photo : Associated Press / Chris Pizzello

Adib Alkhalidey, Julien Lacroix et Katherine Levac

Ces personnes viennent à peine de plonger dans la trentaine (ou elles s’en approchent drôlement), mais elles sont considérées comme la nouvelle garde de l’humour québécois depuis au moins le moitié de la décennie.

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Julien Lacroix et Adib Alkhalidey

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Forts d’une expérience qui s’est bâtie dans les bars, devant des jurys ou devant la caméra, ces jeunes sont, pour Louis-Philippe Ouimet, les humoristes qui sortent du lot dans cette décennie. Il faudra les surveiller tout particulièrement lors de la prochaine.

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Katherine Levac

Photo : Juste pour rire TV inc. / Éric Myre


8. La pièce de théâtre dont tout le monde a parlé

SLĀV, de Robert Lepage

La pièce a été la controverse de l’été 2018. En juillet, la direction du Festival international de jazz de Montréal (FIJM), qui avait programmé l’événement, a d’ailleurs annulé les représentations du spectacle non seulement parce que la chanteuse Betty Bonifassi était blessée, mais également pour préserver la sécurité des artistes, du public et des protestataires. Il a fallu attendre en janvier 2019 pour qu’une version revue et corrigée de la pièce voie le jour et soit présentée à Sherbrooke.

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Une scène du spectacle « SLĀV », présenté au Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal

Photo : Elias Djemil/exmachina.ca/Facebook

Même si peu de gens l’ont vue en fin de compte, la pièce SLĀV a alimenté d'innombrables discussions, pour le meilleur et pour le pire.

Nabi-Alexandre Chartier

9. L'événement culturel de la décennie

En octobre 2017, un raz-de-marée du mot-clic #MeToo (#MoiAussi) a inondé les réseaux sociaux après que l’actrice américaine Alyssa Milano eut invité les femmes à faire part de leurs expériences de harcèlement sexuel à l'aide du mot-clic #MeToo sur Twitter. Des millions d'entre elles l'ont utilisé depuis.

Entre autres : l’affaire Harvey Weinstein, née d'allégations d’agressions ou de harcèlement de la part du producteur hollywoodien sur des actrices, a continué de faire les manchettes. Cette décennie, c’est la chute de l’empire Weinstein, estime Louis-Philippe Ouimet.

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Harvey Weinstein est impliqué dans plusieurs procédures judiciaires depuis 2017.

Photo : Getty Images / Yana Paskova

Plus près de nous, au Québec, les affaires Gilbert Rozon et Éric Salvail ont aussi été mises au grand jour grâce au mouvement #MoiAussi, rappelle Claudia Larochelle. Celle-ci croit que ce mouvement est un point tournant des dernières années dans notre société.

Ça ne passe plus. Dire que dans le passé, plusieurs autres en ont profité, ont fait souffrir, que plusieurs d’entre eux sont morts sans être punis; oubliés de tous, sauf par leurs victimes... J’espère que le jugement dernier existe bel et bien, tout là-haut.

Claudia Larochelle

10. Ce que la culture a permis à la société dans la dernière décennie

À changer les mentalités, estime Claudia Larochelle. Quand elle ose. Et elle ose de plus en plus, dit-elle, ne serait-ce qu'en démontrant que les femmes méritent mieux que d'être trop souvent reléguées au second plan…

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Sur les joues de la jeune manifestante : «Soyez fortes. #Metoo»

Photo : Associated Press / Pablo Martinez Monsivais

C'est par le monde de la culture qu’il y a eu cette prise de conscience sur l’instrumentalisation dégueu des femmes, ajoute Helen Faradji. Nabi-Alexandre Chartier, lui, abonde dans le même sens, tout en applaudissant qu'on mette à l'ordre du jour les questions de diversité. La culture, dans les années 2010, a surtout permis de faire ces prises de conscience nécessaires en vue de mieux vivre ensemble.

À l'ère des réseaux sociaux, la culture a dû trouver de nouvelles façons de rejoindre son public, et elle l'a fait parfois avec intelligence. Diversité, inclusion et évolution. C’est un beau slogan, non?

Louis-Philippe Ouimet

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