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56 000 armes semi-automatiques retirées de la circulation en Nouvelle-Zélande

Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a versé 87 millions de dollars pour racheter ces armes, bannies après la tuerie de Christchurch qui a fait 51 morts dans deux mosquées.

Un homme tient un sac de transport d'arme devant une voiture de police.

Jeff Sherman est venu remettre deux fusils à la police néo-zélandaise en juillet dernier.

Photo : Getty Images / Kai Schwoerer

Radio-Canada

Plus de 56 000 armes semi-automatiques ont été retirées de la circulation en Nouvelle-Zélande, pays de 4,8 millions d’habitants, grâce au programme de rachat lancé par le gouvernement après la tuerie de Christchurch.

C’est le bilan qu’a donné vendredi matin le ministre néo-zélandais de la police, Stuart Nash, dans une déclaration publiée quelques heures avant la fin du programme, mis en place dans la foulée de leur interdiction.

Les autorités avaient alors récupéré 56 350 armes à feu et 188 000 pièces détachées, et s’attendaient à ce que beaucoup d’autres Néo-Zélandais profitent des dernières heures du programme pour se conformer à leur tour.

Selon le ministre Nash, ces armes appartenaient à 31 650 propriétaires d’armes, qui ont reçu des compensations totalisant 100 millions de dollars néo-zélandais (environ 87 M$) pour s’être conformés à la loi.

Il n'y aura pas de prolongation : toute personne possédant une arme désormais illégale pourra perdre son permis d'armes à feu et pourrait être condamnée à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans.

Déclaration de la police néo-zélandaise
Plusieurs armes semi-automatiques empilées pêle-mêle dans un panier de métal.

Cette image fournie par la police néo-zélandaise en juillet dernier montre plusieurs des armes semi-automatiques rachetées par le gouvernement. Le gouvernement versait 25 % à 95 % de sa valeur au propriétaire, selon la condition de l'arme.

Photo : Getty Images / Police néo-zélandaise

La fusillade du 15 mars dans deux mosquées de Christchurch a fait 51 morts et des dizaines de blessés. Le tireur, un suprémaciste blanc, avait en sa possession cinq armes, dont deux semi-automatiques.

Les armes semi-automatiques, dont celle en possession du tueur, ont été bannies un mois plus tard par le gouvernement de Jacinda Ardern. Un programme de rachat et d’amnistie a été mis en place au même moment.

Le programme a été critiqué par des amateurs d’armes à feu, mécontents d’être privés d’utiliser l’arme de leur choix, que ce soit pour chasser ou pour se livrer à leur passe-temps favori dans les centres de tir.

Le Conseil des propriétaires d’armes à feu estime par ailleurs que 170 000 armes semi-automatiques étaient en circulation avant qu’elles ne soient bannies, et que le nombre d’armes récoltées prouve que le programme est un échec.

La police n’a pas confirmé ce chiffre; elle dit ne pas connaître la quantité d’armes semi-automatiques en circulation dans le pays.

Malgré nos efforts pour encourager la conformité, nous savons que des propriétaires ont été si déçus par les paramètres de l’interdiction que plusieurs n’ont pu se convaincre de se conformer.

Nicole McKee, porte-parole du Conseil des propriétaires d'armes à feu
Un policier tient une arme qui a été détruite par un appareil.

Les armes semi-automatiques remises à la police néo-zélandaises ont été systématiquement détruites.

Photo : Getty Images / Hagen Hopkins

Le Canada engagé dans une voie semblable

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau s’est engagé lors de la dernière campagne électorale à interdire toutes les armes d’assaut de type militaire, en mettant parallèlement sur pied un programme de rachat.

Cette intention a été réaffirmée dans le discours du Trône et dans la lettre de mandat du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair. La période d’amnistie pour les propriétaires serait de deux ans, a révélé cette lettre.

Le gouvernement Trudeau entend aussi donner aux municipalités le pouvoir d’interdire les armes de poing, ce qui nécessitera toutefois une collaboration avec les provinces.

En Nouvelle-Zélande, le gouvernement Ardern entend maintenant créer un registre des armes à feu, afin de savoir précisément où se trouve chaque arme dans le pays.

Une interdiction de posséder des armes à feu viserait les personnes condamnées pour des crimes violents et celles qui font la promotion de l’extrémisme, qui ont des problèmes de santé mentale ou qui ont déjà tenté de se suicider.

Au Canada, un registre du genre destiné aux seules armes d’épaules a été aboli en 2012 par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, après des années de controverse.

Lors des deux élections qui ont suivi, dont celle de l’automne dernier, le Parti libéral du Canada s’est assuré de faire savoir aux électeurs qu’il n’entendait pas revenir à la charge.

Le premier ministre Trudeau a d’ailleurs clairement réitéré cette approche dans la lettre de mandat qu’il a envoyée au ministre Blair.

Il faut continuer à protéger les droits des chasseurs et des agriculteurs, lui a-t-il écrit. Il n’y aura pas de nouveau registre des armes d’épaule.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Guardian

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