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Capsule Starliner : la mission est abandonnée

Plan rapproché de la capsule au moment d'être fixée au lanceur.

La capsule CST-100 Starliner de Boeing est installée sur la fusée Atlas V, à la fin novembre, à cap Canaveral.

Photo : Reuters / NASA

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

C'est un échec majeur pour la NASA mais surtout pour Boeing : sa nouvelle capsule spatiale, Starliner, n'accomplira pas son objectif de rallier la Station spatiale internationale (SSI). Elle va plutôt revenir sur Terre dimanche, a annoncé le géant de l'aérospatiale, vendredi, quelques heures après le décollage.

Starliner avait été lancée avant l'aube de cap Canaveral, en Floride, mais une anomalie informatique s'est produite après sa séparation de la fusée Atlas V dans le compteur de « temps écoulé », a indiqué Jim Bridenstine, administrateur de la NASA, lors d'une conférence de presse au centre spatial Kennedy.

À cause de cette anomalie, le véhicule avait une heure différente de l'heure réelle, a-t-il expliqué.

Le pilote automatique de Starliner l'a amenée à tenter de se repositionner, et, dans le processus, elle a consommé trop de carburant, selon lui.

La capsule a consommé plus de carburant que prévu pour maintenir un contrôle précis. Cela a rendu impossible le rendez-vous avec la station spatiale.

Une citation de :Jim Bridenstine, administrateur de la NASA

Les ingénieurs de Boeing ont placé l'engin sur une nouvelle orbite. Cela nous permettra de revenir à White Sands dans 48 heures, a déclaré Jim Chilton, vice-président pour l'espace de Boeing. White Sands est dans un désert du Nouveau-Mexique.

Starliner était censée transporter des astronautes de la NASA vers la station spatiale dès l'année prochaine, avec un véhicule concurrent construit par SpaceX, Crew Dragon, qui lui a réussi sa mission d'essai non habitée en mars dernier.

On ignore à ce stade comment ce revers influera sur la suite du programme. Il risque d'être terrible pour la réputation de Boeing, déjà engluée dans la crise de son avion vedette 737 MAX, et pour la NASA, qui compte sur la société pour reprendre les vols habités depuis les États-Unis l'an prochain, avec la société SpaceX.

M. Bridenstine a toutefois déclaré que, malgré des défis évidents, tout cela était très positif en général. L'appareil est en bon état et sous contrôle, l'expérience sera utile et aucun astronaute n'a été mis en danger, a-t-il dit.

Il n'a d'ailleurs pas écarté la possibilité que la première mission habitée de Starliner, prévue au début de 2020, soit maintenue. Je ne l'exclus pas, a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il était encore trop tôt pour prédire si le calendrier serait modifié et de quelle façon il le serait.

Nicole Mann, l'une des trois astronautes censés être de la première mission habitée, a renouvelé sa confiance dans l'appareil : Nous avons hâte de voler à bord de Starliner.

Un décollage pourtant prometteur

La fusée décolle.

Mission spatiale abandonnée pour Boeing

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Le décollage s'était déroulé normalement, un peu avant l'aube. Quinze minutes après, Starliner s'est détachée de la fusée, une étape délicate accueillie par des applaudissements dans la salle de contrôle d'United Launch Alliance, le constructeur de la fusée Atlas V, à cap Canaveral.

Mais l'insertion orbitale était « non nominale », ont ensuite indiqué Boeing et la NASA, ce qui signifie que la capsule n'était pas sur la bonne trajectoire pour rejoindre la station spatiale.

Boeing a indiqué que la capsule était sur une « orbite stable ».

Starliner a eu une insertion non nominale. Mais nous contrôlons le vaisseau. L'équipe de navigation et de contrôle réfléchit à la prochaine manoeuvre.

Une citation de :Boeing, sur Twitter

L'allumage nécessaire pour le rendez-vous avec la station spatiale ne s'est pas produit. Nous travaillons sur le problème, a alors tweeté l'administrateur de la NASA Jim Bridenstine.

La NASA a brusquement mis fin à la retransmission en direct de la mission, en promettant plus d'informations plus tard.

Starliner avait pour seul passager, dans ce test déterminant à la fois pour la réputation de Boeing et pour la fierté nationale américaine, un mannequin baptisé Rosie en l'honneur de « Rosie la riveteuse », la jeune ouvrière au biceps gonflé, symbole des femmes engagées dans l'effort de guerre. Une peluche de Snoopy a été ajoutée, non sanglée pour qu'elle puisse flotter lorsque le vaisseau arrive en apesanteur.

Le retour sur Terre était prévu le 28 décembre.

Plan panoramique de la rampe de lancement, juste avant l'aube

La capsule Starliner a été placée dans un lanceur Atlas V, vu ici peu avant le décollage de cap Canaveral.

Photo : Associated Press / Joel Kowsky

Le nouveau taxi de la NASA?

La NASA envisage d'utiliser Starliner pour ses astronautes dès l'an prochain, après neuf ans d'interruption des vols habités au départ des États-Unis.

La NASA n'a plus de moyen de transport pour ses astronautes depuis qu'elle a remisé ses navettes spatiales en 2011, après 30 ans de service. Elle dépend des fusées russes Soyouz pour les allers-retours avec la Station spatiale internationale, une dépendance dont Washington est pressé de s'émanciper, même si la coopération américano-russe dans l'espace est restée excellente au fil des années.

Sous la présidence de Barack Obama, l'agence spatiale a passé des contrats de milliards de dollars avec Boeing et SpaceX pour qu'elles développent des capsules made in USA. Après deux ans de retard, le programme aboutit enfin, et l'homologation des véhicules ne dépend plus que des derniers tests non habités.

Au début de l'année prochaine, nous lancerons des astronautes américains à bord de fusées américaines depuis le territoire américain pour la première fois depuis la fin des navettes spatiales en 2011.

Une citation de :Jim Bridenstine, administrateur de la NASA

SpaceX a déjà passé l'étape que Boeing va tenter de franchir avec cette mission.

En mars, la société d'Elon Musk a envoyé sa capsule Crew Dragon vers la SSI et l'a fait revenir sur Terre sans problème, avec le mannequin Ripley à bord. Les mannequins à bord des capsules sont bourrés de capteurs pour évaluer la sécurité du voyage des futurs équipages humains.

Cela fait huit ans et demi, beaucoup trop longtemps, selon moi, a témoigné l'astronaute de Boeing Chris Ferguson, qui a commandé la dernière mission d'une navette américaine en juillet 2011 et qui fera son premier vol habité dans Starliner. Mais nous voici sur le point de recommencer, avec non seulement une mais deux entreprises.

Ces développements sont distincts du programme Artémis qui sera de retour sur la Lune d'ici 2024 et qui se fera avec une autre capsule adaptée à des voyages plus profonds dans l'espace, Orion, construite par Lockheed Martin.

Au total, la NASA a engagé plus de 8 milliards de dollars dans les deux sociétés, qui devront assurer six voyages chacune de quatre astronautes jusqu'en 2024. Le prix de l'aller-retour sur Starliner reviendra à 90 millions de dollars par passager, selon un rapport de l'inspecteur général de la NASA, contre 55 millions à SpaceX et plus de 80 millions actuellement payés à la Russie.

Jim Bridenstine et Boeing contestent ces chiffres, qui correspondent aux sommes totales payées par la NASA à chaque société, divisées par le nombre de voyages futurs. Or, SpaceX a bénéficié de milliards de dollars de contrats précédents pour développer la première version (cargo) de Dragon.

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