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Inquiétudes sur l'avenir du journal Le Franco

Des exemplaires papier du journal « Le Franco » sur une table noire.

Les consultations publiques devraient prendre plusieurs mois. D'ici là, la nouvelle équipe intérimaire assurera le fonctionnement du journal « Le Franco ».

Photo : Radio-Canada

Danielle Kadjo

La dissolution du conseil d’administration du journal Le Franco et le congédiement de sa rédactrice en chef par l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) continuent de susciter de vives réactions. Alors que plusieurs sont inquiets quant à l'avenir du journal, l'ACFA affirme que la communauté aura son mot à dire au sujet de la suite des choses.

On aurait voulu un peu plus de transparence dans le processus, un peu plus de consultation par rapport à cette décision qui affecte tout le monde dans la communauté, explique le président de Francophonie Jeunesse de l’Alberta, Sympa César, qui se dit inquiet de la perte d’indépendance du journal .

Le journal est censé être un outil qui raconte ce qui se passe dans la communauté d’une manière indépendante et non lié à un autre organisme.

Sympa César, président de Francophonie Jeunesse de l’Alberta

Le directeur de l’Alliance française d’Edmonton, Anthony Bertrand, estime que l’ACFA aurait dû consulter la communauté avant que cette dissolution ne prenne effet et pas après.

Je n’ai plus le sentiment que j’aurai des enquêtes journalistiques, une presse indépendante libre. J’ai le sentiment que je vais avoir la gazette de l’ACFA.

Anthony Bertrand, directeur de l'Alliance française d'Edmonton

Jeudi, l’association Francophonie Albertaine Plurielle a aussi exprimé son inquiétude quant à l'avenir du journal, soupçonnant l'ACFA d'avoir un objectif inavoué de faire du journal un outil de propagande au service des intérêts de l'association elle-même.

Un modèle à risque, selon l’ACFA

De son côté, l'ACFA répète qu'elle n'a pas l'intention de contrôler la ligne éditoriale du journal.

Selon l'organisme, la décision critiquée a été prise principalement pour deux raisons. Premièrement, l'absence de consultation publique par l'ancien conseil d'administration de l'ACFA au moment de prendre la décision de vendre le journal. Deuxièmement, une somme de 200 000 $ que Le Franco devrait à l'Association et sur laquelle les deux conseils d'administration, celui de l'ACFA et l'ancien du journal, ne s'entendent pas.

Pour passer au travers du modèle [d'achat] qui nous a été proposé, il fallait oublier qu’il y a une dette de 200 000 $ et, puisque nous sommes une société de bienfaisance, on ne peut pas faire cela. On ne peut pas donner de l’argent à des entreprises privées, c’est aussi simple que cela. Le modèle n'était pas clair et était à risque, explique un membre du Conseil d'administration de l'ACFA, Pierre Asselin.

Il ajoute que c'est la raison pour laquelle l'ACFA a décidé de mener une consultation publique au terme de laquelle l'organisme s'engage à tenir compte de la volonté du public, tant que celle-ci ne nuira pas aux intérêts de l'association.

Si la communauté dit qu’elle veut l’indépendance du "Franco" et que cela veut dire que l’ACFA devra perdre son statut de bienfaisance, je doute très fortement que notre conseil soutiendra cela.

Pierre Asselin, membre du Conseil d'administration de l’ACFA

Le Franco en chute libre, selon des experts

Nonobstant toutes les variables dans ce dossier, le président de l'Association de la presse francophone, Francis Sonier, pense qu'il est important de ne pas perdre de vue l’importance de l’indépendance du journal.

Il y a eu des explications qui ont été données, une décision qui a été prise selon certaines informations, mais on ne peut pas nier le fait qu’il y a un risque, une menace, qui pèse sur Le Franco à l’heure actuelle. Les Franco-Albertains méritent d'avoir un journal de qualité, libre de s'exprimer et de traiter des sujets d'intérêt public, dit-il.

Cela rend le journal vulnérable, qu’il y ait cette prise de contrôle par l’ACFA.

Francis Sonier, président de l'Association de la presse francophone

Que Le Franco reste sous la coupe de l’ACFA ou pas, Marc-François Bernier, qui est professeur de communication à l’Université d’Ottawa, insiste sur le fait que, pour qu’un journal soit totalement indépendant, il faut qu’il y ait une certaine distance entre les propriétaires et ceux qui le dirigent. Pour atteindre cet objectif, les deux parties doivent mettre en place des barrières pour éviter toutes sortes de pressions indues ou d'influences externes pouvant entacher ou nuire à la couverture journalistique.

Ce que j’ai vu dans le cas du "Franco", ces dernières semaines, ce n’est pas rassurant.

Marc-François Bernier, professeur de communication à l’Université d’Ottawa

Selon l'ACFA, les consultations publiques devraient prendre plusieurs mois. D'ici là, la nouvelle équipe intérimaire assurera le fonctionnement du Franco.

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