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Les changements climatiques changent l'industrie de la pêche au homard

Photo d'un homard complet avec les pinces attachées.

Le homard pourrait devenir une des pêches les plus importantes à Terre-Neuve dans les prochaines années (archives).

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Marie-Isabelle Rochon

Si les changements climatiques entraînent leur lot de conséquences sur la vie marine et sur la faune, au moins un groupe se trouve épargné : le homard de Terre-Neuve.

À cause du réchauffement climatique, les homards migrent vers le nord chaque année, explique David Decker, trésorier du syndicat des pêcheurs de la province.

En cinq ans, les volumes des débarquements de homards ont augmenté de près de 80 % dans la province, du jamais vu à Terre-Neuve.

Même si ces volumes sont encore loin d’être comparables à ceux du reste de l’Atlantique (3 % du total du homard pêché en Atlantique en 2017), les pêcheurs et les transformateurs cultivent beaucoup d’espoir pour les années à venir.

De 2014 et 2019, la valeur totale des débarquements de homards terre-neuviens est passée de 18 millions de dollars à 60 millions de dollars, selon les données du Ministère des Pêches et des Océans.

David Decker croit lui aussi que l’industrie est en plein essor.

Nos projections, c’est que d’ici 5 ans, nous aurons une pêche qui excédera les 100 millions de dollars, ce qui est phénoménal.

David Decker, trésorier de du syndicat des pêcheurs de la province

Le phénomène n'est pas non plus passé inaperçu aux yeux des transformateurs.

Depuis l’automne, l’entreprise de transformation des produits de la mer, Quin Sea Fishery, exporte directement des homards vivants de Terre-Neuve vers la Chine.

Elle rénove présentement une de ses usines au village de New Harbour pour être en mesure d’entreposer 250 000 homards vivants dès la saison prochaine.

Trois femmes autour d'un repas de homard dans un restaurant de fruits de mer en Chine.

En 2018, ce restaurant à Beijing servait du homard du Maine. Les exportations de homard américain vers la Chine sont depuis en chute libre.

Photo : Reuters / Jason Lee

Il s’agissait d’un investissement nécessaire pour l’entreprise, explique son directeur général, Simon Jarding. Au cours des trois dernières années, nous avons vu un déclin de 66 % du stock de crevettes et un déclin de près de 40 % du stock de crabes des neiges, note-t-il.

Des recherches prometteuses

[O]n peut s'attendre à ce que le homard devienne vraiment une des pêcheries très importantes à Terre-Neuve, voire la pêcherie la plus importante dans une dizaine d'années.

Arnault Lebris, chercheur à l'Institut maritime de Saint-Jean

Arnault Lebris est chercheur à l'Institut maritime de Saint-Jean. Il étudie présentement les conséquences du réchauffement des eaux sur la population de homard le long des côtes terre-neuviennes.

On pense que ça peut augmenter encore, au moins doubler de production, explique-t-il.

Portrait d'Arnault Lebris.

Arnault Lebris est chercheur à l'Institut maritime de Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Son projet vise à dénombrer le nombre de bébés homards qui s’installent dans les fonds marins. Le but du projet est de prédire le stock de homard dans les 5 à 10 prochaines années.

L’été dernier, il est allé poser des casiers remplis de roche dans trois différents secteurs de la province. Quand on retire ces casiers-là, on est capable de compter le nombre de homards juvéniles qui se sont installés dans ces casiers. Ça nous donne une idée d'abondance de la densité de homards juvéniles qu'il y a dans la région présentement, ajoute-t-il.

Au sud, dans la baie de Plaisance, les résultats se sont avérés peu prometteurs, mais à l’ouest, dans la baie St-George, les résultats sont étonnants.

On est à des niveaux de densité qui reflètent un peu les niveaux observés ailleurs dans les Maritimes, ajoute-t-il.

L’hypothèse du chercheur est que l’écosystème de Terre-Neuve deviendra de plus en plus favorable au homard dans les années à venir à cause du réchauffement des eaux.

Un bébé homard dans la paume d'une main. Il est minuscule mais il a la forme d'un homard standard.

Les recherches d'Arnault Lebris visent à dénombrer le nombre de homards juvéniles dans trois secteurs à Terre-Neuve.

Photo : Gracieuseté d'Arnault Lebris

Il y a de plus en plus de jours dans l'année où les eaux pourraient être entre 12 et 18 degrés. On pense que ça favorise la survie larvaire, croit-il.

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