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Explosion des meurtres par balles à Winnipeg

Du ruban jaune interdit l'accès à la discothèque Citizen dans le quartier de la bourse.

Un meurtre a été commis le 2 novembre avec une arme à feu à la boîte de nuit Citizen Nightclub au centre-ville de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Rachel Bergen

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’année la plus meurtrière de l’histoire de Winnipeg coïncide avec une progression importante du nombre de meurtres commis avec une arme à feu.

Près de 40 % des 42 homicides survenus à Winnipeg en 2019 ont été commis avec des armes à feu. Les armes blanches et les passages à tabac mènent habituellement le classement des causes de la mort dans les cas d'homicide de la capitale manitobaine.

CBC a examiné des communiqués de presse de la police, des rapports d’enquêteurs indépendants et des dossiers de tribunaux pour recueillir de l’information détaillée concernant tous les homicides survenus à Winnipeg depuis 2003.

Une analyse de ces données montre une forte hausse d’homicides commis avec une arme à feu. Selon ces données, 2019 est non seulement l'année la plus meurtrière, mais aussi l'année avec le plus de meurtres commis avec une arme à feu dans la période de temps analysée.

Une arme a feu a été utilisée pour tuer 16 personnes cette année. À titre de comparaison, 3 des 22 meurtres commis en 2018  l'étaient avec une arme à feu.

Bien que la police affirme qu'aucun facteur ne peut expliquer à lui seul la hausse du nombre de meurtres en 2019, au moins 9 de ces 16 meurtres avaient un lien avec les activités de gangs criminels.

Plusieurs armes de poings de type Magnum et Smith et Wesson exposées sur une table.

Des armes à feu saisies en 2019 par la police de Winnipeg

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

La plupart des cas non résolus impliquent des armes à feu

Sept des meurtres non résolus en 2019 ont été commis avec des armes à feu. C'est aussi le cas dans 60 % des meurtres non résolus depuis 2003.

Le criminologue Frank Cormier, de l’Université du Manitoba, explique que la plupart des homicides de Winnipeg sont « irrationnels », c’est-à-dire qu’ils impliquent une colère subite, ou qu’ils ont été commis alors que le meurtrier était sous l’effet d’alcool ou de drogues.

Des personnes dans cette situation tendent à utiliser comme arme « tout ce qui leur tombe sous la main ».

Des armes dans des sacs de plastique sont sur une table.

La police de Winnipeg a saisi 11 armes artisanales dans une maison du West End en mai 2019, la saisie du genre la plus importante de son histoire.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

L’utilisation d’une arme à feu suggère un certain degré de préméditation, selon M. Cormier.

S’il y a une rivalité entre des gangs ou ils se battent entre eux ou qu’ils abattent quelqu'un en guise de représailles, il y a une guerre intestine. Celles-ci tendent à être plus rationnelles, puisqu’il y a une raison précise pour elles, dit-il.

De plus en plus d’armes dans les rues

L’ancien chef du Service de police de Winnipeg, Jack Ewatski, croit que la progression de l’activité criminelle organisée à Winnipeg explique la hausse de meurtres commis avec des armes à feu.

Selon lui, l’avènement de gangs de rue et du crime organisé à la fin des années 1990 a provoqué une flambée de l’utilisation d’armes meurtrières en ville. L’activité criminelle organisée a grimpé dans la ville. Je dirais que c’est en fonction du trafic de drogues illégales, dit-il.

Un fusil avec une lunette de précision.

Une arme à feu très puissante saisie par la police de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Mohamed-Amin Kehel

Lorsqu’il y a des individus impliqués dans ce type d’activités criminelles, ils sont prêts à prendre des mesures extrêmes pour protéger leur territoire ou leur entreprise, poursuit-il.

Les deux fils de M. Ewatski sont aussi des policiers. Il dit que, dans leur carrière relativement courte, ils ont saisi plus d’armes qu’en 35 ans de service.

Avec les informations de Jacques Marcoux et de Caroline Barghout

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