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Attaque d'un train Thalys : le tireur et trois suspects renvoyés en cour d'assises

Un homme désigné comme un policier devant un wagon rouge sur lequel on peut lire Thalys.

Des soldats américains en vacances, qui se trouvaient à bord du train à l'été 2015, avaient réussi à maîtriser le tireur avant qu'il ne commette une tuerie de masse.

Photo : Francois Walschaerts

Agence France-Presse

À l'été 2015, un carnage avait été évité de justesse dans un train Thalys qui faisait le trajet Amsterdam–Paris grâce à l'intervention de passagers. Le tireur, Ayoub El Khazzani, sera jugé en France aux côtés de trois autres suspects pour cette attaque pilotée par le coordonnateur des attentats djihadistes du 13 novembre 2015.

Dans leur ordonnance de renvoi signée mercredi, dont l'AFP a eu connaissance, les juges d'instruction antiterroristes ont renvoyé devant une cour d'assises spéciale Ayoub El Khazzani, un Marocain aujourd'hui âgé de 30 ans, pour tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Trois autres protagonistes comparaîtront devant la même cour : Bilal Chatra et Mohamed Bakkali, pour complicité de tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle, et Redouane Sebbar, également connu sous l'identité de Redouane El Amrani Ezzerrifi, uniquement pour cette dernière infraction.

Nous nous réjouissons à l'idée qu'un procès va avoir lieu, a déclaré à l'AFP Antoine Casubolo-Ferro, avocat de l'AFVT, association de victimes. Ayoub El Khazzani a failli commettre un carnage monstrueux, heureusement que des gens ont empêché cela, a-t-il ajouté, saluant le courage et le sang-froid des passagers.

L'avocate du tireur était pour sa part injoignable.

Une kalachnikov et neuf chargeurs pleins

Le 21 août 2015, quelques mois avant les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, Ayoub El Khazzani, monté en gare de Bruxelles, avait ouvert le feu à l'intérieur du Thalys, armé d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins. Il avait blessé deux personnes avant d'être maîtrisé par des passagers, dont des militaires américains en vacances, qui avaient ainsi évité une tuerie de masse.

Pendant l'enquête, Ayoub El Khazzani a reconnu avoir rallié l'organisation État islamique (EI) et accepté de commettre un attentat en Europe, soulignent les juges dans leur ordonnance.

Cet homme radicalisé s'était en effet rendu en Syrie, où il avait été repéré par Abdelhamid Abaaoud, coordonnateur de la cellule du groupe EI ayant frappé la France et la Belgique en 2015 et 2016, mort dans un assaut des policiers cinq jours après les attentats du 13 novembre.

Les deux hommes ont pris ensemble la route des Balkans à l'été 2015, avec l'aide de Bilal Chatra et Redouane Sebbar qui ont joué le rôle d'éclaireur, puis de Mohamed Bakkali, soupçonné de les avoir récupérés en voiture à Budapest et Cologne et de les avoir conduits dans un appartement conspiratif en Belgique.

Lien avec les attentats de Paris et Saint-Denis

Le nom de Mohamed Bakkali apparaît aussi dans l'enquête sur les attentats de Paris et Saint-Denis (banlieue parisienne) qui ont fait 130 morts : fin novembre, le parquet national antiterroriste a requis son renvoi aux assises, aux côtés de 19 autres suspects.

Selon Ayoub El Khazzani, qui a gardé le silence pendant 18 mois, l'objectif dans le train était de tuer les soldats américains présents, qu'Abdelhamid Abaaoud avait décrits très précisément et non les autres passagers, relatent les juges, qui estiment toutefois que cette thèse n'est pas crédible.

Aux enquêteurs, il a affirmé avoir renoncé à son projet d'attentat à l'ultime seconde, trop tard pour éviter une bagarre avec les passagers qui voulaient le désarmer.

En réalité, après être sorti des toilettes où il s'était longuement préparé, Ayoub El Khazzani a perdu la maîtrise des événements et n'a pu réaliser son projet meurtrier, écrivent les magistrats.

Non-lieu pour un quatrième homme

Les juges ont en revanche ordonné un non-lieu pour un quatrième homme, Youssef Siraj, qui a passé plusieurs mois en détention provisoire en 2018, estimant que les éléments à charge à son encontre étaient insuffisants.

Il n'a jamais été un djihadiste de près ou de loin, il est aujourd'hui enfin lavé de tout soupçon, a réagi auprès de l'AFP son avocat, Me Philippe Ohayon.

Me Michaël Bendavid, l'avocat de Redouane Sebbar dont l'implication a été revue à la baisse, s'est dit heureux que son client soit blanchi de toute complicité concernant l'attentat, mais regrette qu'il soit malgré tout mis en accusation simplement pour avoir croisé un terroriste sur la route migratoire.

Un film réalisé par Clint Eastwood et sorti en 2018, intitulé Le 15 h 17 pour Paris, relate cette attaque.

Les trois Américains, Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone, ont reçu la citoyenneté française en février 2019 lors d'une cérémonie organisée à Sacramento, en Californie.

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