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Les conservateurs en précampagne à la chefferie

Pierre Poilievre et Gérard Deltell.

Les candidatures de Pierre Poilievre (à gauche) et de Gérard Deltell sont considérées comme parmi les plus sérieuses par des militants.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Philippe-Vincent Foisy

Une semaine après l’annonce de la démission d’Andrew Scheer, les téléphones ne dérougissent toujours pas dans la famille conservatrice : les éventuels aspirants chefs poursuivent leur réflexion, évaluent leurs appuis et, pour certains, mettent sur pied leur organisation.

Avant que le nom de Jean Charest ne commence à circuler jeudi, quatre candidatures étaient considérées comme les plus sérieuses, selon plusieurs conservateurs : celles de l’ex-chef par intérim Rona Ambrose, du député et ex-chef de l’ADQ Gérard Deltell, de l’ex-chef du Parti progressiste-conservateur et ex-ministre Peter MacKay et du député ontarien Pierre Poilievre.

Certains d’entre eux s’activent déjà sur le terrain.

Par exemple, lors d’une fête de Noël jeudi soir à Montréal, Peter MacKay, Gérard Deltell et Pierre Poilievre étaient présents pour rencontrer les conservateurs québécois.

Une nouvelle donne

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

Jean Charest serait courtisé par des militants conservateurs pour se présenter à la direction du parti.

Photo : Radio-Canada

Dans cette précourse, les révélations de Radio-Canada selon lesquelles l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest songe à se présenter sont venues brouiller les cartes.

Celui qui a été ministre progressiste-conservateur dans le gouvernement Mulroney puis chef du parti est sans contredit une grosse pointure. Certains aspirants pourraient décider de ne pas faire le saut s’il officialisait sa candidature.

Mais ce n’est pas gagné d’avance, estime un conservateur.

Certaines décisions passées de Jean Charest pourraient être difficiles à faire accepter par des militants conservateurs.

Pour lui, la décision doit être un peu compliquée, parce qu’il doit faire face à un grand défi : le PCC qu’il avait à l’époque n’est plus le parti conservateur d’aujourd’hui, a rappelé l’ex-ministre conservateur Lawrence Cannon à l’émission Mordus de politique, sur les ondes de RDI.

À l’enquête de l’UPAC sur le financement du Parti libéral du Québec, à l’époque où il était chef, s'ajoute le fait que Jean Charest est l’un de ceux qui ont plaidé pour une bourse du carbone au Québec. Lors de la dernière campagne électorale, les conservateurs se sont battus bec et ongles contre la taxe fédérale sur le carbone du gouvernement Trudeau.

Certains, comme Jenni Byrne, l’ancienne directrice de campagne de Stephen Harper, lui reprochent d’être en faveur d’un registre des armes à feu et d’avoir aidé Justin Trudeau dans sa campagne pour un siège au conseil de sécurité des Nations unies.

Une campagne où le Canada a voté contre un appui à Israël à l’ONU. Honteux, a-t-elle écrit.

Selon plusieurs conservateurs, Mme Byrne pourrait travailler avec Pierre Poilièvre lors de cette course. Elle n’a toutefois pas voulu le confirmer à Radio-Canada.

Le téléphone sonne chez Deltell

La réflexion de Jean Charest n’a pas freiné celle du député québécois Gérard Deltell. Pour lui, la porte n’est pas fermée.

Ça fait une semaine que je fais des appels et que je reçois beaucoup d’appels, mentionne-t-il.

Je constate qu’il y a un intérêt si je me présente et que j’aurais du soutien également. Quand j’ai vu sur la une du National Post que je pouvais me situer assez haut dans le choix des Canadiens, ç'a nourri ma réflexion, ajoute-t-il.

Avant de plonger officiellement, il attend de voir s’il a tout ce qu’il faut.

Le vieil adage politique dit qu’il faut s'assurer d'avoir assez de tirant d'eau en matière de soutien, en matière de finances et en matière d'organisation. S'il vous manque une de ces trois étapes-là et que vous plongez… ça risque de faire mal, explique-t-il.

Les autres

L'ancienne députée Rona Ambrose.

Rona Ambrose aurait l'appui du premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, et de l’ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Dans l’Ouest, une candidate semble sortir du lot : Rona Ambrose.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, et l’ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall ont déclaré publiquement qu’ils aimeraient qu’elle se présente.

Son téléphone sonne, mais elle ne répond pas beaucoup, ont indiqué plusieurs conservateurs. Ils expliquent qu’elle a beaucoup de pression pour prendre une décision.

Pour elle non plus ce n’est pas gagné : elle a déjà voté en faveur d’une motion pour restreindre le droit à l’avortement lorsqu’elle était ministre de la Condition féminine, et le niveau de son français n’est peut-être pas suffisant, ont expliqué des conservateurs.

Peter MacKay en 2016.

L'ex-ministre Peter MacKay fait partie des possibles candidats à la chefferie conservatrice.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Peter MacKay, lui, travaille avec l’ancien député Alex Nuttall comme organisateur. Ce dernier était aux côtés de Patrick Brown lorsqu’il a remporté la course conservatrice en Ontario.

Si certains risquent d’attendre encore quelques semaines avant d'officialiser leur candidature, d’autres n’ont pas perdu de temps pour dire qu’ils comptaient être de la partie.

Erin O’Toole a indiqué qu’il veut se lancer. Il a déjà un organisateur : Fred DeLorey, un ancien conseiller de Stephen Harper.

L’homme d’affaires et ancien vétéran Bryan Brulotte, lui, a dit à nos collègues de CBC qu’il serait de la course.

Tout comme Aran Seal, ancien directeur des politiques de Jim Flaherty.

Reste à voir s’ils auront les ressources nécessaires pour participer officiellement à la course.

On ne connaît toujours pas les modalités de la campagne, mais plusieurs conservateurs espèrent qu’elle sera courte et qu’elle comptera moins de candidats que la dernière fois. Il se pourrait donc que le parti hausse les montants nécessaires à l'admissibilité d'une candidature, afin d’assurer que les débats se fassent uniquement avec les personnes qui ont une organisation et la capacité de récolter des fonds.

Un nouveau venu

L’un des conseillers d’Andrew Scheer a aussi annoncé jeudi qu’il songe à présenter sa candidature. Rodolphe Rudy Husny, qui milite au sein du parti depuis 2007, a été deux fois candidat dans Outremont, en 2011 et en 2015, contre Thomas Mulcair. Il a été directeur des communications au cabinet du ministre du Commerce international. Il a aussi travaillé à Oman et à Dubaï, comme vice-président du développement des affaires pour un groupe de distribution et de construction saoudien.

Avec la collaboration de Christian Noël

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