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Des milliers de Canadiens appellent les policiers pour dénoncer des cas d'alcool au volant

Un verre d'alcool sur une table avec un trousseau de clés

De nouvelles dispositions du Code criminel du Canada auront des conséquences pour les automobilistes en matière d'alcool au volant.

Photo : iStock

Frédéric Pepin

Chaque année, quelque 30 000 Ontariens appellent la police pour dénoncer un conducteur qui semble ivre au volant. La Police provinciale de l’Ontario (PPO) indique que par le passé, même des enfants ont pris le téléphone pour signaler qu’un parent ou un membre de leur famille s’apprêtait à prendre le volant en état d’ébriété.

Nous recevons des appels de piétons, de voisins inquiets, de collègues. [...] Nous avons reçu des appels d'employés de la Régie des alcools [LCBO] et même de personnes qui travaillent au service au volant de restaurants.

Laura Nicolle, agente au Service de police régional de York
Mme Nicolle est installée devant les drapeaux provincial et fédéral au quartier général de la police de York.

L'agente de police Laura Nicolle, du Service de la police régionale de York

Photo : Radio-Canada / Vedran Lesic

L'agente Laura Nicolle croit que cela envoie un message fort et affirme que la probabilité que quelqu'un vous voie et vous dénonce est très élevée.

La Police régionale de York, qui se trouve au nord de Toronto, en fait même le coeur de sa campagne de sensibilisation contre la conduite en état d’ébriété pendant le temps des Fêtes avec le slogan Safe Roads, Your Call. Un message qui encourage la participation du public pour rendre les routes plus sécuritaires.

La Police régionale de York dévoilait qu'en 2019 environ 5000 personnes l'avaient contactée pour signaler un conducteur possiblement fautif.

Votre entourage vous a à l’oeil

Pour l'ensemble de l’Ontario, la participation du public est encore plus importante, avec en moyenne plus de 30 000 appels par année enregistrés par la Police provinciale de l’Ontario (PPO). Une aide précieuse, selon la PPO, puisque le territoire est grand et le nombre de véhicules de patrouille sur les routes est limité.

Il y a une exception dans le Code de la route qui vous donne le droit d’utiliser votre téléphone pour appeler le 911 dans le but de nous passer l’information rapidement pour que l'on puisse localiser le conducteur et empêcher, peut-être, un accident mortel.

Cynthia Savard, Police provinciale de l’Ontario
La sergente devant trois drapeaux.

La sergente Cynthia Savard de la Police provinciale de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Cette exception est aussi respectée dans les autres provinces au pays, mais les corps policiers ne l’encouragent pas.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) recommande plutôt aux automobilistes, si c’est possible, d’utiliser un appareil mains libres ou de simplement immobiliser leur véhicule avant de faire l’appel.

Des lettres aux conducteurs

Au Québec, le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) va plus loin avec les appels reçus du public pour dénoncer un conducteur possiblement en état d’ébriété. Si le véhicule identifié n’est pas localisé, une lettre est envoyée à son propriétaire.

Ce véhicule était conduit de façon imprudente, ce qui a laissé croire au citoyen que son conducteur avait possiblement les capacités affaiblies, peut-on lire dans cette lettre.

Les citoyens qui la reçoivent ne sont pas dans l’obligation de se justifier. Le SPAL les envoie dans le but de sensibiliser la population dans le cadre du projet Voiture signalée, automobiliste avisé, en partenariat avec Les mères contre l’alcool au volant (MADD).

Un antidémarreur éthylométrique.

Un antidémarreur éthylométrique installé dans un véhicule

Photo : Radio-Canada

L’organisme Les mères contre l’alcool au volant (MADD Canada) se réjouit de la participation des citoyens et pense que les dénonciations font partie de la solution à long terme pour éradiquer le problème. Sa porte-parole pour le Québec, Marie-Claude Morin, pense que d’autres corps policiers devraient s’inspirer de l’initiative du SPAL.

Un policier contrôle un automobiliste.

Un barrage routier pour tenter de contrer l'alcool ou la drogue au volant (archives)

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Ce n’est pas un réflexe naturel de dénoncer. Il faut avoir l’intime conviction que ça donne quelque chose le fait de prendre le téléphone et de contacter le service de police.

Marie-Claude Morin, MADD Canada

L’organisme réitère que tout le monde a un rôle à jouer pour arrêter les tragédies causées par l’alcool au volant. La conduite avec facultés affaiblies, on va en venir à bout quand chacun va décider qu’on va en venir à bout, conclut Mme Morin. Ça commence par soi.

Moins d’acceptabilité sociale

Selon la sociologue Diane Pacom de l'Université d'Ottawa, il n’y a plus d’acceptabilité sociale pour la conduite en état d’ébriété.

Avec les heures que les gens passent sur l’autoroute pour retourner chez eux [...] ils sont plus souvent exposés aux gestes irresponsables de leurs concitoyens qui conduisent en état d'ébriété.

Diane Pacom, sociologue, Université d’Ottawa
Mme Pacom est installée dans une pièce sombre dans le cadre d'une entrevue.

Diane Pacom, sociologue et enseignante à l'Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute que les campagnes de sensibilisation des dernières années ont conscientisé la population. Les gens se sentent obligés de dire : "Je vais le porter à l’attention de la police", note Mme Pacom.

Le nombre d’accusations se maintient

Malgré toute la sensibilisation, le nombre d’accusations pour conduite avec facultés affaiblies demeure stable en Ontario, avec une moyenne de 14 000 accusations par année.

Il y a des gens qui résistent à accepter les lois qui sont imposées, et ça, il n’y a rien à faire. C’est le propre même d’une société, conclut la sociologue Diane Pacom.

Peines minimales en cas de condamnation pour conduite avec facultés affaiblies :

  • Suspension automatique de 90 jours du permis de conduire
  • Véhicule amené à la fourrière pour 7 jours
  • Obligation de se présenter en cour
  • Si le conducteur est reconnu coupable par un juge, il a alors un casier judiciaire

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