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L'histoire tragique d'Haïti en chiffres

Dix ans après le séisme du 12 janvier 2010, l'économie d'Haïti est toujours très précaire.

Plusieurs bateaux sont ancrés au port commercial de Port-au-Prince, la capitale d'Haïti.

Plusieurs indicateurs compilés par des organismes internationaux placent l'économie haïtienne dans une position toujours précaire.

Photo : Getty Images / Hector Retamal

Jean-Philippe Guilbault

Dix ans après l’effroyable séisme ayant ébranlé Haïti, le 12 janvier 2010, les indicateurs socio-économiques dressent un portrait sombre des conditions de vie de ses habitants.

Il faut généralement se tourner vers des observateurs internationaux, dont l’ONU, pour dresser un portrait de la situation économique et sociale d’Haïti.

Selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en 2018, l’espérance de vie moyenne à la naissance y était de 64 ans.

À titre comparatif, elle est de 82 ans au Canada et de 74 ans dans la République dominicaine voisine.

Selon le même organisme, 58 % de la population haïtienne vit sous le seuil national de pauvreté et la part du produit intérieur brut par habitant est de 1665 $ (en dollars de 2011).

L'écart est énorme par rapport à la République dominicaine, pays avec qui Haïti partage pourtant la même île.

Si le taux de chômage global oscille autour de 15 % selon les sources statistiques, celui des jeunes est le double et surpasse, sans équivoque, la moyenne régionale.

Au-delà des indicateurs économiques, la situation sanitaire et sociale des Haïtiens est également toujours en deçà de la moyenne régionale.

Ainsi, la proportion d'enfants souffrant de malnutrition au pays est très élevée, même dix ans après le passage des nombreux organismes non gouvernementaux et les milliards de dollars d'aide humanitaire.

Environ 40 % de la population haïtienne vit toujours en milieu rural et celle-ci a très peu, voire aucunement, accès à l'électricité.

Rappelons d’ailleurs que, selon l’ONU, près de la moitié des emplois en Haïti se trouvent dans le secteur agricole.

Si les observateurs étrangers doivent notamment se fier aux données de l’ONU, c’est que les sources locales sont très peu nombreuses et d'une fiabilité critiquée.

Haïti doit en effet composer avec un État éprouvant de grandes difficultés à offrir quelque service que ce soit.

La Banque mondiale offre un aperçu de l'aide publique au développement fournie à Haïti depuis plusieurs années. Après le sommet atteint en 2010 dans la foulée du séisme, les fonds ont considérablement diminué depuis dix ans.

Pierre Beaudet, professeur au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais et spécialiste du développement international, souligne cependant que l’aide humanitaire n’est qu’une fraction des sommes qui arrivent en Haïti.

La grande majorité de l’aide qui part du Canada et qui s’en va vers Haïti, ce n’est pas Oxfam, ce ne sont pas les gouvernements ni les grands donateurs généreux comme vous ou moi, ce sont les Haïtiens eux-mêmes, précise-t-il.

Ainsi, près de deux milliards de dollars seraient transférés de main à main annuellement entre la diaspora haïtienne et leurs familles restées au pays.

La moitié des familles à Haïti survivent à cause de ça, explique M. Beaudet.

Notre dossier Haïti, dix ans après le séisme

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