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Santé Canada veut restreindre la promotion des produits de vapotage auprès des jeunes

Le nombre de mineurs qui vapotent connaît une hausse substantielle au pays.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Deux adolescentes vapotent.

Ottawa s'inquiète de la hausse de popularité du vapotage chez les moins de 18 ans.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le gouvernement canadien veut empêcher les cigarettiers de promouvoir auprès des jeunes les produits de vapotage en restreignant la publicité qui en est faite dans les commerces et sur les réseaux sociaux.

Santé Canada a annoncé jeudi son intention de réglementer de manière plus serrée la promotion des produits de vapotage afin de réduire l'exposition des jeunes à ce genre de publicité dans les dépanneurs, les espaces publics ou en ligne.

Le gouvernement canadien fait le pari qu'en restreignant la publicité entourant ces produits, il réduira les risques que les adolescents soient tentés de se les procurer.

Au Canada, il est interdit de fournir des produits de vapotage aux jeunes de moins de 18 ans. Il est également interdit d'envoyer et de livrer ces produits aux jeunes.

Par communiqué, Ottawa expose comme suit ses intentions : Ce règlement prévoit d’interdire la publicité qui pourrait être vue ou entendue par les jeunes, ainsi que l’étalage des produits de vapotage qui seraient à la vue des jeunes dans les points de vente et en ligne. Le projet de règlement imposerait également la mention de mises en garde relatives à la santé sur les publicités de vapotage autorisées.

Rien sur les saveurs ou sur la quantité de nicotine

Ottawa ne s’est toutefois pas rendu aux demandes de nombreuses personnes et organisations, comme l'Association médicale canadienne, qui réclament des restrictions relativement aux saveurs assorties aux produits de vapotage. Ces saveurs séduisent nombre de jeunes utilisateurs.

Ottawa ne s’est pas non plus prononcé sur la quantité de nicotine que devraient contenir ces produits.

Au Canada, il est interdit de vendre des appareils de vapotage qui contiennent 66 mg/g de nicotine ou plus, parce que le législateur les considère comme très toxiques. La plupart des produits vendus légalement sont largement en deçà de cette limite.

L'étiquetage et l'emballage

Le règlement qu'imposera Santé Canada portera aussi sur l'étiquetage et l'emballage des produits de vapotage, qui devront arborer des mises en garde sur les dangers liés à leur utilisation.

Ce règlement entrera en vigueur le 1er juillet 2020, à une exception près, affirme le gouvernement canadien. L'exigence selon laquelle les dispositifs de vapotage à recharge et leurs pièces doivent être munis d'un emballage à l'épreuve des enfants entrera en vigueur le 1er janvier 2021.

Inquiétant engouement chez les jeunes

Le gouvernement fédéral entreprend de resserrer les règles sur la publicité destinée aux jeunes, parce qu'il se dit préoccupé par l'augmentation rapide du nombre de mineurs qui s'adonnent au vapotage.

Cette augmentation est illustrée dans le plus récent sondage sur la consommation de tabac, d'alcool et de drogues de ces jeunes, dont les résultats ont été rendus publics jeudi.

L'étude révèle que la proportion de jeunes qui vapotent a doublé : elle est passée de 10 % en 2016-2017 à 20 % en 2018-2019.

Le sondage en question a été mené auprès de 63 000 élèves du secondaire dans dix provinces. Les résultats pondérés représentent environ 2 millions d'élèves.

Les résultats concernant le vapotage illustrent que chez les élèves de 15 et 16 ans, la proportion d'utilisateurs de vapoteuses a bondi de 15 % il y a trois ans à 29 % durant la dernière année.

Des maladies graves

Au Canada, en date du 10 décembre 2019, 14 cas de maladie pulmonaire grave, associée au vapotage, ont été signalés à l'Agence de la santé publique du Canada.

En Nouvelle-Écosse, une adolescente à qui il est arrivé un incident a entrepris de mettre en garde les jeunes contre les méfaits de la cigarette électronique. Erin Dexter a eu la frousse de sa vie lorsqu'elle a perdu connaissance après avoir vapoté un matin tôt.

Parmi les personnes qui ont rapporté être atteintes de maladies en lien avec le vapotage, plusieurs s’étaient approvisionnées sur le marché illégal, selon des responsables du gouvernement fédéral.

Une taxe et des restrictions

Au pays, certaines provinces ont instauré leurs propres règlements.

En Colombie-Britannique, par exemple, une taxe de vente est imposée sur les produits de vapotage, et tout produit de vapotage aromatisé devra être vendu uniquement dans des magasins accessibles aux personnes âgées de 19 ans et plus, à partir du printemps 2020.

Au Québec, le gouvernement a confié au directeur de la santé publique le mandat de mettre sur pied de nouvelles mesures pour lutter contre le tabagisme et le vapotage. Horacio Arruda devra ainsi formuler ses recommandations à la ministre de la Santé, Danielle McCann, en avril 2020 au plus tard.

Réaction au Québec

Flory Doucas, codirectrice et porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, exprime son soulagement de voir enfin le gouvernement fédéral commencer à réagir face à la promotion tape-à-l’œil et agressive en faveur des produits de vapotage qui tapisse le pays.

Cependant, Mme Doucas affirme que ce geste arrive tard et qu'il ne suffira pas à renverser la tendance croissante du vapotage chez les jeunes.

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac affirme que le Québec dispose depuis déjà trois ans de mesures très similaires à celles prévues par le fédéral. Ces mesures, dit la Coalition, n’ont pas réussi à contrer l’augmentation flagrante du vapotage chez les jeunes au Québec.

Ottawa aurait mieux fait d'opter pour des mesures plus sévères, conclut Flory Doucas.

Avec les informations de CBC

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