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La Cour suprême du Canada refuse d’entendre Zoocheck sur l'éléphante Lucy

Lucy l'éléphante au zoo d'Edmonton.

La Cour suprême du Canada refuse d'entendre l'organisme Zoochek, qui se bat pour le bien-être de Lucy depuis des années.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La demande d’autorisation d’appel de Zoocheck Canada a été rejetée par la Cour suprême du Canada jeudi. L’organisme de bienfaisance voulait présenter ses arguments devant le tribunal afin de tenter d’améliorer les conditions d’existence de l’animal, qui vit au zoo Valley d’Edmonton.

Zoocheck Canada, un organisme établi en Ontario qui protège les animaux sauvages, a exprimé ses craintes à de nombreuses reprises en ce qui concerne le bien-être de l’éléphante.  Dans son appel entamé en 2017, il demandait à la Cour d’ordonner une révision judiciaire du renouvellement du permis du zoo d’Edmonton.

Il reprochait notamment à l’établissement de laisser Lucy à l’écart de ses congénères et de ne pas lui avoir construit un enclos pouvant répondre à ses « besoins biologiques et comportementaux ».

La Cour d’appel de l’Alberta a cependant jugé que comme Zoocheck n’était pas directement touché par les activités du zoo d’Edmonton, il n’avait pas le pouvoir juridique d’exiger une révision judiciaire de son permis. Un juge était dissident.

Zoocheck voulait que la Cour suprême du Canada revoit la décision. Leur directrice de campagne, Julie Woodyer, savait toutefois que les chances de voir la demande acceptée étaient extrêmement minces. « Nous avions 99 % de chances d’échouer, mais la situation était tellement terrible que nous devions essayer, explique-t-elle dans un entretien téléphonique. »

On ne peut pas tout simplement rester là les bras croisés, à regarder la situation se détériorer. Nous allons continuer à nous battre pour tous les animaux.

Une citation de :Julie Woodyer, directrice de campagne de Zoocheck Canada

Malgré le jugement, elle ne désespère pas, affirmant que l’essentiel est de contraindre le gouvernement fédéral à renforcer les normes en ce qui concerne la possession d’animaux sauvages.

Beaucoup d'échecs pour Zoocheck Canada

L’éléphante asiatique de 44 ans, Lucy, qui se trouve au zoo d’Edmonton depuis 1977, est au coeur d’une bataille judiciaire depuis plus d’une décennie.

La Cour suprême avait refusé d’entendre les arguments de Zoocheck Canada en 2012 sur un cas similaire. Depuis des années, l’organisme souhaitait que l’éléphante soit transférée vers une réserve pour animaux sauvages, située dans un lieu au climat plus chaud. L’organisme avait également essuyé des revers auprès de la Cour du Banc de la Reine et de la Cour d’appel de l’Alberta.

Ce deuxième jugement de la Cour suprême désole particulièrement le professeur de Droit Peter Sankoff, de l’Université de l’Alberta, qui siège aussi sur le conseil d’administration d’Animal Justice.

« C’est important de comprendre que la décision [de la Cour d’appel] ne disait pas si Lucy était bien traitée ou pas, ce qu’elle a dit c’est “vous n’avez pas le droit d’instiguer cette contestation judiciaire” », rappelle-t-il.

Il se demande qui donc a le « pouvoir judiciaire » de parler au nom des animaux.

Pour moi, le pire aspect de cette décision, c’est qu’elle envoie le message que les questions comme celle-ci ne sont pas assez importantes pour valoir le temps de la Cour.

Une citation de :Peter Sankoff, professeur de la Faculté de Droit de l’Université de l’Alberta

Un état de santé fragile

De son côté, le zoo a affirmé à de nombreuses reprises que Lucy était bien traitée et que les vétérinaires surveillaient de près sa santé. L'éléphante ayant des problèmes respiratoires, le zoo a argué que le fait de la bouger pourrait la tuer.

« Ses dents sont très mal orientées et ont poussé d’une façon anormale. En poussant, elles ont donc repoussé l’os à l’intérieur du crâne, dans le passage normal de l’air », explique Renaud Léguillette, un professeur de médecine vétérinaire à l’Université de Calgary consulté par le Zoo d’Edmonton à propos de Lucy.

Il explique que l’éléphante respire donc par la bouche ou lieu de la trompe, une activité qui n’est pas naturelle et qui cause à son tour un lot de complications, incluant le fait qu’elle ne peut manger et respirer simultanément. La condition dégénère lentement depuis plusieurs années.

Selon Zoocheck, le zoo aurait toutefois pu décider de bouger l’éléphante il y a de nombreuses années, quand sa santé était moins fragile.

Cette bataille juridique autour de Lucy avait attiré l'attention de personnalités publiques telles que Margaret Atwood et Bob Barker, qui avaient appelé les gens à soutenir la cause animale.

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