•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec double l'aide financière pour les utilisateurs de chiens-guides

Le reportage d'Alexandre Duval

Photo :  Facebook / Richard Provost

Alexandre Duval
Mis à jour le 

À compter du 1er janvier 2020, les Québécois qui ont recours à un chien pour pallier un handicap physique ou visuel bénéficieront d'un meilleur soutien financier. L'aide à laquelle ils ont droit atteindra 2240 $ par année, soit plus du double du montant offert jusqu'ici par le gouvernement provincial.

Actuellement limitée à 1028 $, cette enveloppe n'avait pas été indexée depuis 2004. Un homme non-voyant de Victoriaville avait d'ailleurs dénoncé cette situation, il y a plus d'un an.

Le député d'Arthabaska, Éric Lefebvre, avait travaillé sur ce dossier alors qu'il était toujours dans l'opposition à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui whip en chef du gouvernement, il estime que la bonification de cette aide était nécessaire.

Ces chiens-là, il faut les nourrir, il faut les entretenir, il faut les toiletter, alors c'est de donner un petit surplus pour permettre à ces gens-là, qui ont des chiens-guides, de pouvoir bien s'en occuper.

Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement du Québec
Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement du Québec.

Éric Lefebvre, whip en chef du gouvernement du Québec.

Photo : Radio-Canada

Près de 400 Québécois bénéficient de cette aide financière. Plus précisément, en date du 31 mars 2017, 196 personnes non-voyantes ou malvoyantes utilisaient un chien-guide et 188 personnes avec des difficultés motrices utilisaient un chien d'assistance.

Des frais élevés

L'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux estime que le gouvernement fait un pas dans la bonne direction.

Personnellement, je pense que les gens qui ont besoin d'un chien d'assistance, la société devrait les soutenir le plus possible, c'est sûr et certain, commente le président, Jean Gauvin.

Il rappelle cependant que les chiens-guides et les chiens d'assistance sont de grosses bêtes. Souvent des labernois - issus d'un croisement entre le labrador et le bouvier bernois - ils peuvent peser jusqu'à 50 kilos à l'âge adulte.

La nourriture peut donc représenter jusqu'à 70 % des dépenses totales liées à l'animal, que M. Gauvin estime à 3000 $ par année, incluant une assurance pour la santé de l'animal. Malgré la bonification de l'aide gouvernementale, les dépenses ne seront donc pas couvertes à 100 %.

Si le gouvernement voulait en faire un peu plus et essayer de couvrir [...] la plus grande partie des coûts liés à la possession d'un gros chien comme un chien Mira, à ce moment-là, on devrait idéalement augmenter ce montant-là d'au moins 500 ou 600 $ par année.

Jean Gauvin, président de l'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux
Jean Gauvin, président de l'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux.

Jean Gauvin, président de l'Association des médecins vétérinaires du Québec en pratique des petits animaux.

Photo : Radio-Canada

Les enfants autistes oubliés

Le directeur général de la Fondation Mira, Nicolas Saint-Pierre, est pour sa part « extrêmement content » de l'annonce gouvernementale. Les chiens, ça coûte de l'argent. Il faut les entretenir.

Si on veut les garder en santé pour qu'ils travaillent le plus longtemps possible avec les usagers, c'est super important que les gens soient capables de subvenir aux besoins de base des chiens, s'il y a des problèmes de santé, des petits pépins, qu'ils soient capables de soigner leur chien, dit M. Saint-Pierre.

Nicolas Saint-Pierre, directeur général de la Fondation Mira.

Nicolas Saint-Pierre, directeur général de la Fondation Mira.

Photo : Radio-Canada

Néanmoins, il estime qu'une clientèle importante et en émergence a été oubliée par le gouvernement : les familles avec un enfant ayant un trouble du spectre de l'autisme (TSA), qui n'ont simplement pas accès à cette aide financière.

Ces gens-là ont autant besoin d'aide que les chiens-guides et les chiens d'assistance pour les personnes handicapées physiques.

Nicolas Saint-Pierre, directeur général de la Fondation Mira

M. Saint-Pierre indique qu'en 2019, Mira a donné 80 chiens à des familles avec un enfant TSA. C'est deux fois plus que le nombre de chiens-guides donnés à des personnes non-voyantes ou malvoyantes.

Le whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre, n'a pas voulu dire si les familles avec un enfant TSA pourraient éventuellement bénéficier de la même aide gouvernementale que les personnes non-voyantes ou avec des limitations motrices.

Ce sera des discussions qui pourront avoir lieu du côté du réseau de la santé avec la ministre McCann, affirme-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Québec

Politique provinciale