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Joshua Boyle est acquitté de tous les chefs d’accusation portés contre lui

Joshua Boyle marche à l'extérieur suivi par des caméras de télévision.

Joshua Boyle quitte le palais de justice d'Ottawa après que le juge l'eut acquitté des 19 chefs d'accusation qui pesaient contre lui.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Emmanuelle de Mer

Joshua Boyle est acquitté des 19 chefs d’accusation portés contre lui par son ex-femme, notamment pour agressions sexuelles, agressions, menace de mort, harcèlement criminel et séquestration. Le juge de la Cour de l'Ontario Peter Doody a justifié sa décision en expliquant que la Couronne n’avait pas réussi à présenter des preuves hors de tout doute raisonnable.

Le magistrat a souligné à plusieurs reprises en rendant son jugement qu’il ne croyait ni à la version de Joshua Boyle ni à celle de Caitlan Coleman.

Au sujet de l’accusation de harcèlement criminel – pour laquelle la Couronne estimait avoir de bonnes chances de condamnation – le juge Doody a expliqué qu’il ne croyait pas au déni de Joshua Boyle. Mais il ne pouvait pas non plus accepter les preuves avancées par la plaignante, qui n’ont pas été confirmées. Je constate que M. Boyle a contrôlé Mme Coleman, mais je n’ai pas constaté qu’elle était apeurée, a-t-il déclaré.

Joshua Boyle avait plaidé non coupable de toutes les accusations. Il était dans la salle d’audience avec ses parents, tandis que Caitlan Coleman, qui est aux États-Unis, puisqu'elle a la citoyenneté américaine, était représentée par son avocat, Ian Carter.

Pas un concours de crédibilité

Ce n'est pas un concours de crédibilité, avait lancé d'entrée de jeu le juge Doody en lisant sa décision. Il a entendu durant le procès des versions très différentes des événements de la part de la Couronne et de la défense.

Le magistrat a dû établir la crédibilité et la fiabilité de leur témoignage afin de prendre une décision au-delà du doute raisonnable.

Le juge Doody a tenu compte des réponses parfois évasives de Joshua Boyle et de ses incohérences.

À propos d’une liste de choses à faire et à ne pas faire destinée à Mme Coleman, le juge Doody a estimé qu’elle était de la main de M. Boyle – même si ce dernier s’en était défendu.

Quant à la plaignante, le juge Doody a souligné ses problèmes récurrents de mémoire au sujet des événements allégués. Elle a témoigné avoir de la difficulté à se souvenir des moments traumatisants, soutenant vivre de l’anxiété. Elle a depuis reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique.

Selon moi, les enjeux de mémoire de Mme Coleman soulèvent des questions quant à sa capacité de se souvenir avec précision des événements, la précision de ce dont elle dit se rappeler et si ces événements ont eu lieu, a déclaré le juge.

Ni Joshua Boyle ni les avocats de la Couronne n'ont fait de déclarations après le verdict.

L'avocat de la défense, Me Lawrence Greenspon, a cependant précisé que son client demandera la garde de ses quatre enfants. Ces derniers habitent avec leur mère aux États-Unis. M. Boyle ne les a pas vus depuis deux ans – il n'a même jamais vu le plus jeune d'entre eux.

On ignore pour l'instant si la Couronne fera appel. L'avocat de Mme Coleman, Me Ian Carter, a cependant déclaré que ce cas est un exemple des défis rencontrés lors d'allégations d'agression sexuelle et de violence conjugale. Sa cliente aura besoin de temps pour digérer ce qui a été dit et essayer d'aller de l'avant, a-t-il ajouté.

Des positions opposées

Selon Caitlan Coleman, Joshua Boyle la contrôlait et l'agressait. Mais d'après le récit de l’accusé, c'est elle qui était violente physiquement et émotionnellement.

Mme Coleman a soutenu que son ex-mari l'avait frappée à plusieurs reprises, lui avait donné une fessée, l'avait étranglée et mordue, tant pendant leur captivité et qu'une fois déménagés à Ottawa, après leur libération en 2017.

L'avocat de Joshua Boyle, Lawrence Greenspon, a suggéré que le couple s'était engagé dans des actes consensuels de BDSM (esclavage, discipline, domination et soumission).

Au cours des plaidoiries, Me Greenspon a déclaré qu'il existe un doute raisonnable quant à la culpabilité de son client et a soutenu que les allégations de Mme Coleman devraient être rejetées parce que son témoignage n'était pas crédible ni fiable.

La procureure de la Couronne Meaghan Cunningham n'était pas d'accord avec cette version, qualifiant le témoignage de Mme Coleman de cohérent et convaincant, ajoutant que la victime était terrifiée par son mari.

Enlevés en Afghanistan

Joshua Boyle et Caitlan Coleman ont été enlevés par des extrémistes liés aux talibans près de Kaboul, en Afghanistan, lors d'un voyage en Asie centrale en octobre 2012. Le couple est resté cinq ans en captivité et a eu trois enfants pendant ce temps. Mme Coleman était déjà enceinte au moment de l'enlèvement.

Ils ont été libérés en octobre 2017 par l’armée pakistanaise. La ministre des Affaires étrangères de l’époque, Chrystia Freeland, avait affirmé qu’aucune rançon n’avait été versée.

Avec les informations d’Audrey Roy et de Judy Trinh

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