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Vieux bus cherchent désespérément un toit

Le modèle New Look 1973 de General Motors exposé en novembre dernier au Centre de transports Legendre de la STM à l'occasion du 100e anniversaire du premier service d'autobus de Montréal. Peint aux anciennes couleurs, beige et argenté, de la STCUM, ce bus a été en service sur la ligne 144 Des Pins.

Le modèle New Look 1973 de General Motors exposé en novembre dernier au Centre de transports Legendre de la STM à l'occasion du 100e anniversaire du premier service d'autobus de Montréal. Peint aux anciennes couleurs, beige et argenté, de la STCUM, ce bus a été en service sur la ligne 144 Des Pins.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une fondation qui possède de vieux autobus se cherche désespérément un toit pour entreposer sa petite collection.

La Fondation de l'héritage du transport en commun du Québec (FHTCQ) possède 5 autobus. Ils étaient auparavant entreposés gratuitement dans un garage de la Société de Transport de Montréal (STM), mais le manque d'espace a obligé la STM à lui demander de se trouver son propre toit.

La FHTCQ a été fondée en 1997 par des employés et des retraités de la STM. Ceux-ci voyaient avec nostalgie de vieux bus être vendus à d'autres municipalités, parfois même à l'étranger.

Ils ont décidé d'en conserver quelques-uns afin de rappeler à la population montréalaise de bons souvenirs. Après tout, les policiers de Montréal ont leur musée, les pompiers aussi, alors pourquoi ne pas avoir un petit musée roulant de vieux bus?

Les cinq autobus ne sont pas très vieux. Le plus ancien est un New Look 1965 de General Motors et le plus récent un NovaBus Classic 1995. Ils sont davantage vintage qu'antiques, mais les gens y sont très attachés, dit le président du conseil d'administration de la Fondation, Jean-François Plouffe.

Dès qu'on sort nos véhicules, les gens les prennent en photo, les gens nous sourient, les gens nous saluent.

Une citation de :Jean-François Plouffe
L'intérieur du plus vieux modèle de la collection de la Fondation de l'héritage du transport en commun du Québec. Un New Look 1965 de General Motors

L'intérieur du plus vieux modèle de la collection de la Fondation de l'héritage du transport en commun du Québec. Un New Look 1965 de General Motors

Photo : Fondation de l'héritage du transport en commun du Québec / Pier-Luc Boilard

Les vieux autobus étaient entreposés au garage Bellechasse de la STM. Non seulement ils avaient un toit, mais les bénévoles de la FHTCQ pouvaient profiter des installations pour les retaper et les entretenir.

Il y a deux ans, en raison d’un manque criant d'espace, la STM a demandé que la collection quitte le garage Bellechasse.

Jean-François Plouffe comprend la position de la société de transport.Il ne s'attendait cependant pas à ce que deux hivers plus tard, la collection soit toujours sans toit permanent.

Depuis, les autobus passent l'été dehors, ce qui n'est pas l'idéal, car le soleil ardent endommage la peinture, raconte-t-il. L'hiver, ils sont entreposés dans deux garages, l'un chauffé à Rigaud, l'autre non chauffé à Saint-Basile-Le-Grand.

On doit se replier sur des entrepôts privés, qu'on paie. Anciennement, on ne payait pas pour nos installations, pour notre entreposage à la STM. Et donc on a des dépenses supplémentaires qui avoisinent 15 000 dollars par année, uniquement pour garder nos véhicules à l'abri des intempéries, particulièrement durant l'hiver.

Une citation de :Jean-François Plouffe
Le modèle New Look 1983 de General Motors au centre-ville de Montréal. Ce modèle était affecté aux lignes de banlieues Montréal-Valleyfield, Montréal-Huntingdon, Montréal-Châteauguay,  et Montréal-Berthierville

Le modèle New Look 1983 de General Motors au centre-ville de Montréal. Ce modèle était affecté aux lignes de banlieues Montréal-Valleyfield, Montréal-Huntingdon, Montréal-Châteauguay, et Montréal-Berthierville

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le montant peut sembler dérisoire, mais 15 000$ par année, c'est tout le budget de la Fondation.

La FHTCQ possède le statut d'organisme à but non lucratif. Elle ne dispose d'aucune subvention publique et doit donc s'autofinancer. Ce qu'elle fait principalement en louant ses autobus pour des tournages publicitaires et cinématographiques.

L'argent amassé servait à entretenir les autobus, mais depuis deux ans il ne sert qu'à payer l'entreposage. Et la collection n'a eu qu'un minimum d'entretien, histoire de réussir les inspections de la SAAQ pour l'immatriculation, déplore Jean-François Plouffe, l'air découragé.

Par exemple, le moteur du modèle New Look 1983 de General Motors doit être refait au coût d'environ 10 000$. Plus on attend, plus les pièces et l'expertise disparaissent et cela risque de compliquer l'opération.

L'intérieur de l'autobus, un modèle New Look 1983 de General Motors, avec les vieux sièges rembourrés.

L'intérieur du modèle New Look 1983 de General Motors.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Finis, les rêves

Avant son expulsion, la FHTCQ voyait grand. Elle songeait à acheter des bus encore plus vieux, dont un Canadian Car Brill 1952. L'achat de ce vieux modèle, très arrondi, n'a pas abouti.

La Fondation caressait même l'idée d'un musée du transport en commun à l'image d'Exporail, le musée ferroviaire situé à Saint-Constant, où de vieux tramways de Montréal sont, entre autres, exposés.

Mais après deux ans d'itinérance, Jean-François Plouffe ne rêve plus. Il crie à l'aide.

Pour l'instant, on est plus dans un mode, je vous dirais, de survie. Et peut-être même de décroissance de notre collection. Il y a certains autobus qui sont moins en demande, qui suscitent moins d'intérêt, et qui vont éventuellement être soit vendus, ou soit remis à des collections privées, notamment aux États-Unis.

Une citation de :Jean-François Plouffe
Le volant et le tableau de bord du modèle New Look 1965 de General Motors

Le volant et le tableau de bord du modèle New Look 1965 de General Motors

Photo : Fondation de l'héritage du transport en commun du Québec / PIER-LUC BOILARD

Seule une mobilisation de la société civile, dit-il, pourrait encore sauver la collection.

Dans un monde idéal, l'organisme aurait besoin de 50 000 dollars par année pour fonctionner, cela en incluant les 15 000$ que la Fondation réussit déjà à amasser. Ça peut être quelqu'un qui nous dise : moi, j'ai un garage ou un lieu d'entreposage gratuit pour vous, dit Jean-François Plouffe.

Au niveau de la recherche de subventions publiques, il dit cependant avoir fait le tour. Il n'y a pas de programme pour nous.

C'est dommage, ajoute-t-il, car on connaît beaucoup les voitures anciennes, mais on connaît moins les véhicules de transport lourds anciens, il y en a beaucoup moins de ça.

Du côté de la STM, on répond par courriel qu'aucune collaboration avec la Fondation n'est envisageable pour l'instant. Il n'est pas envisagé d'offrir de l'espace dans nos garages à la fondation. Car c'est seulement en 2023, avec l'ouverture du centre de transport dans l'est de la ville, que nous aurons de l'espace suffisant pour tous nos bus.

En ce qui concerne l'utilisation des garages et des vérins de la STM le week-end pour entretenir ou réparer les vieux bus, la société de transport se dit aussi dans l'impossibilité de collaborer. Pour le moment, rien de tout cela n'est envisagé, car nous avons besoin de tout l'espace et de tous les vérins pour le stationnement et l'entretien des bus.

La STM continue à l'occasion à payer pour utiliser la collection de la FHTCQ. Elle l'a fait à trois reprises en 2019, année qui marquait le 100e anniversaire du premier service d'autobus de Montréal.

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