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Hausse de 60 ¢ du salaire minimum au Québec le 1er mai prochain

Le taux horaire minimal passera de 12,50 $ à 13,10 $ l'heure.

Le ministre Jean Boulet pose devant un drapeau du Québec.

Le ministre Jean Boulet a annoncé ce changement mercredi après-midi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le salaire minimum passera à 13,10 $ l'heure au Québec à compter du 1er mai prochain, une hausse de 4,8 % ou de 60 ¢, a annoncé le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité, Jean Boulet.

Le taux horaire minimum des salariés à pourboire est quant à lui bonifié de 40 ¢, passant à 10,45 $.

Cette année, il y a un contexte économique qui est particulièrement favorable : le PIB est en hausse, le taux de chômage est particulièrement bas et le nombre de prestataires d’assistance sociale diminue, a expliqué M. Boulet, mercredi après-midi, lors d'une conférence de presse à Québec.

Ça va donner une rémunération qui est équitable aux salariés, leur permettant ainsi de préserver et d’augmenter leur pouvoir d’achat, contribuant aussi à la lutte contre la pauvreté.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité

Il y a cette année 409 100 salariés qui vont bénéficier de cette augmentation-là le 1er mai 2020, dont 235 700 femmes, a-t-il noté.

C’est une augmentation, en même temps, qui est respectueuse de la capacité de payer des entreprises et qui préserve aussi leur compétitivité.

Une hausse de cet ordre aidera les entreprises québécoises à attirer et à conserver des employés, d’après M. Boulet.

Il a souligné que le taux d’emploi des jeunes de 15 à 24 ans était de 68 % au premier semestre de 2019, alors qu’il était de 65 % à la même période l’année d’avant. Il y a un effet incitatif qui est réel, qui est concret et qui est mesurable, en a-t-il conclu.

La hausse permettra au gouvernement d'atteindre, pour la période 2020-2021, l'objectif d'un salaire minimum atteignant 50 % du salaire horaire moyen. C'était aussi le cas lors de la précédente hausse.

En mai dernier, la hausse du salaire horaire de base avait été de 50 ¢ (25 ¢ pour les travailleurs payés au pourboire).

Lier l'augmentation du salaire minimum à celle du salaire horaire moyen permet aux salariés moins aisés de profiter de la croissance générale des salaires et de l'économie, selon le gouvernement Legault.

Ça me rend particulièrement heureux parce que le 50 % du salaire horaire moyen, c’est le reflet de l’évolution économique du Québec, a dit Jean Boulet.

Des insatisfaits

Québec solidaire ne partage pas le bonheur du ministre, bien au contraire.

Quelle déception! Pour une deuxième année consécutive, le gouvernement Legault arrive à être plus cheap que les libéraux avec son augmentation de 60 cennes qui maintient encore les travailleurs et les travailleuses bien en dessous d’un salaire viable, a déploré dans un communiqué Alexandre Leduc, porte-parole de Québec solidaire en matière de justice sociale.

Il fallait hausser le salaire minimum à 15 $ en 2016, on est rendu en 2020! a-t-il ajouté. Il y a urgence d’agir, le ministre doit bonifier sa proposition.

Fixer le salaire minimum à 50 % du salaire moyen est non seulement arbitraire, c’est aussi insuffisant pour permettre aux ménages vivant avec le salaire minimum de sortir la tête de l’eau et d’améliorer leurs conditions de vie.

Alexandre Leduc, porte-parole de Québec solidaire

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante a affirmé que la nouvelle hausse créera une pression supplémentaire sur les petits entrepreneurs.

La hausse proposée de 4.8 % du salaire minimum est presque aussi importante que leur marge de profit et s’ajoute aux autres charges sociales payées par l’employeur. Pour atténuer cette pression financière, c’est souvent l’entrepreneur lui-même qui va travailler davantage ou diminuer son propre salaire, a fait valoir dans un communiqué François Vincent, vice-président de la FCEI.

M. Vincent préférerait que le gouvernement, pour augmenter le revenu disponible des travailleurs à faible revenu, privilégie des mesures fiscales comme bonifier le montant personnel de base, les primes au travail ou les crédits d’impôt ciblés, car ce sont des mesures plus efficaces pour les travailleurs, les PME et l’économie que hausser le salaire minimum.

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