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Affaire SNC-Lavalin : Justin Trudeau se dit satisfait du résultat

Le système judiciaire a fait son travail, se réjouit pour sa part l'ancienne ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould.

Plan d'ensemble de l'immeuble, sur lequel se reflète le soleil.

Le siège de la firme d'ingénierie québécoise SNC-Lavalin est situé à Montréal, et le gouvernement provincial tient à l'y maintenir.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Bernard Barbeau
Joëlle Girard

Au terme d'une saga dont la lourdeur a pesé sur le Parti libéral du Canada tout au long de la campagne électorale, Justin Trudeau a accueilli positivement mercredi l'annonce d'un accord entre la Couronne et les avocats de SNC-Lavalin. Le premier ministre a aussi pris soin de souligner, tout comme son ministre de la Justice, l'indépendance du système judiciaire dans cette affaire.

Notre processus de justice se déroule de façon indépendante et on arrive à un résultat qui, je pense, est positif, a commenté Justin Trudeau lors d'une entrevue de fin d'année accordée à La Presse canadienne.

Les gens s’attendent à ce qu’un premier ministre soit toujours là pour défendre les emplois, et c’est ce que j’ai toujours fait. Tout en respectant l’indépendance, a-t-il ajouté, en référence aux allégations selon lesquelles il aurait fait pression sur son ancienne ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, afin qu'elle évite un procès criminel à l'entreprise d'ingénierie montréalaise.

Ce n’est pas une question d’avoir raison ou non. C’est une question d’arriver à quelque chose qui a de l’allure. Et du côté du procureur comme du côté de la compagnie, on est arrivé à quelque chose qui a l’air d’être positif. [...] Tout s’est fait de façon indépendante.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Son ministre de la Justice et procureur général du Canada, David Lametti, a lui aussi pris soin de souligner le caractère indépendant de l'entente, en précisant qu’il n’était pas intervenu dans la conclusion de l’accord entre le procureur et l'entreprise, qui a plaidé coupable à une accusation de fraude pour des gestes posés en Libye entre 2001 et 2011.

L'entreprise écope d'une amende de 280 millions de dollars ainsi que d'une période de probation de trois ans.

La directrice du Service des poursuites pénales m’a informé de la situation, comme elle est tenue de le faire selon la loi pour les affaires en cours qu’elle juge d’intérêt général, a indiqué M. Lametti dans une courte déclaration écrite. La Cour a maintenant approuvé les termes de l’entente.

Cette décision a été prise de façon indépendante par le [Service des poursuites pénales du Canada]. Il a la responsabilité d’évaluer et de déterminer la voie appropriée pour les procédures relevant de sa compétence, a-t-il ajouté.

Les Canadiens peuvent avoir confiance dans notre système judiciaire, celui-ci fonctionne comme il se doit, a-t-il mentionné.

Passer à autre chose

L’ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould, dont la carrière politique aura été marquée au fer rouge par cette affaire, est arrivée à la même conclusion, se réjouissant de ce qu’elle a présenté comme l’aboutissement du principe d’imputabilité.

Le système a pu faire son travail comme l'exigent la démocratie et la bonne gouvernance.

Jody Wilson-Raybould, ex-procureure générale du Canada

Il est temps de passer à autre chose et, pour l'entreprise, de se tourner vers son avenir, a déclaré Mme Wilson-Raybould, qui a démissionné du cabinet Trudeau au début de l'année 2019 dans la foulée de cette affaire.

En début d’année, Jody Wilson-Raybould avait affirmé avoir perdu son poste de ministre de la Justice parce qu’elle avait fait fi de la demande de l’équipe du premier ministre Justin Trudeau, qui souhaitait qu’elle négocie un accord de réparation avec SNC-Lavalin. L’affaire a fait tellement de bruit que Mme Wilson-Raybould a été désignée mercredi par La Presse canadienne personnalité qui a le plus marqué l’actualité canadienne en 2019.

Jody Wilson-Raybould parle à plusieurs journalistes.

Jody Wilson Raybould a dit avoir été la cible de « pressions constantes et soutenues » de la part de plusieurs membres du cabinet du premier ministre, du Conseil privé et du cabinet du ministre des Finances.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

L'opposition conservatrice, elle, a voulu profiter de l'annonce de l'entente pour réanimer les flammes de l'affaire.

Justin Trudeau dit qu’il a enfreint la loi et qu’il s’est ingéré dans notre système de justice pour sauver des emplois. Mais, aujourd’hui, il est encore plus clair qu’il ne voulait qu’aider ses riches amis à ne pas devoir payer des amendes de centaines de millions de dollars pour corruption et fraude, a déclaré Rob Moore, porte-parole de l'opposition officielle en matière de justice.

Justin Trudeau doit toujours donner des réponses pour le rôle qu’il a joué dans le scandale de corruption SNC-Lavalin, a poursuivi M. Moore.

Des emplois en jeu

Le premier ministre du Québec, François Legault, a parlé mercredi d’une bonne nouvelle puisque, comme SNC-Lavalin Construction est la seule division de la firme à avoir plaidé coupable, les deux autres, qui ont été libérées de cette même accusation, pourront participer à des appels d’offres du gouvernement fédéral.

On a réussi à isoler le problème dans une division, a salué M. Legault.

Ça va permettre au reste de la compagnie SNC-Lavalin de continuer à soumissionner sur des contrats. Évidemment, ils paient une pénalité importante – on parle de 280 millions de dollars.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a reconnu ne pas avoir encore toutes les réponses. C’est ça qu’il faut voir : [...] la division Construction qui ne pourra plus pendant trois ans demander des contrats, est-ce que ça peut avoir un impact sur les emplois?

Il a vu dans ce dénouement un pas dans la bonne direction pour maintenir au Québec le siège de ce beau fleuron.

Ça aide à s’assurer que le siège social reste au Québec, a-t-il estimé. Évidemment, tout n’est pas joué. Il n’y a pas d’actionnaire de contrôle chez SNC-Lavalin, donc il faut toujours avoir une certaine veille sur ce siège social. La Caisse de dépôt a un bloc d’actions important, donc c’est une entreprise qu’on continue de suivre pour s’assurer de garder le siège social au Québec.

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