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Le journaliste Kevin Sweet propose l'idée qu'une plus grande présence d’art public illuminé pourrait permettre à nos villes de mieux rayonner.

Photo : Radio-Canada / Simon Blais

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - On entame la saison la plus sombre de l’année. Celle qui semble s’éterniser plus que toutes les autres. Les gens qui aiment l’hiver et les activités en plein air sont bien servis. Pour les autres, le manque de lumière peut être source d’anxiété et de dépression. Une plus grande présence d’art public illuminé pourrait remédier aux « blues » en apportant ce petit éclat dont nous avons tous besoin au quotidien et, par le fait même, permettre à nos villes de rayonner.

Je marchais dans le centre-ville d’Ottawa quand j’ai spontanément décidé d’emprunter une ruelle située juste à côté du Centre Rideau et par laquelle je n’ai pas l’habitude de passer.

Là, dans ce qu’on appelle le Square Ogilvy, je suis tombé sur une oeuvre illuminée qui attirait le regard de plusieurs curieux. La sculpture interactive, intitulée Passages, était constituée d’une vingtaine d’immenses cerceaux multicolores qui créaient un « corridor » dans lequel on pouvait déambuler.

L’oeuvre s’activait au contact humain alors que les gens s'activaient à prendre des égoportraits.

Comme quoi, c'est incroyable ce que l’on peut découvrir lorsqu’on décide non seulement de marcher, mais aussi d’emprunter des trajets différents.

À trop vouloir se rendre du point A au point B le plus rapidement et efficacement possible, on se permet trop rarement l’occasion de se perdre dans sa propre ville.

Je me suis quand même demandé pourquoi on avait caché l’oeuvre entre deux blocs de béton, au lieu de la placer bien à la vue de tout le monde. La rue Sparks, une rue piétonnière particulièrement ennuyante à Ottawa, aurait pu grandement en bénéficier. Mais peut-être que l’objectif était, justement, d’amener les gens à découvrir un coin souvent oublié... Si oui, mission accomplie!

Si vous êtes curieux et avez envie de voir ladite oeuvre pour vous prendre en photo, j’ai cependant de mauvaises nouvelles : elle a déjà été enlevée! En fait, Passages n'a été là que quatre semaines seulement.

C’est d'autant plus dommage que nous sommes en plein dans la période de l’année où nous avons le plus besoin de ce genre d’oeuvres et d'installations artistiques pour mettre un peu de lumière dans nos journées écourtées.

Oui, il y a les lumières de Noël dans le parc de la Confédération et sur la colline du Parlement, mais il faut voir plus loin que le seul temps des Fêtes. On devrait aspirer à embellir nos villes avec des œuvres illuminées et interactives tout au long de l’année.

Cavalia, une compagnie reconnue mondialement pour ses spectacles de chevaux, a inauguré un parcours nocturne féérique à Laval. Illumi occupe la même superficie que sept terrains de football et propose huit univers différents constitués de structures lumineuses.

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Illumi prend vie dès la tombée de la nuit, grâce à des millions de lumières scintillantes créant un grand parcours multimédia.

Photo : Cavalia

Plus près de nous, le Centre EY, situé près de l’aéroport d’Ottawa, propose en ce moment l'expérience Glow. Il s'agit d'un jardin de lumières similaire à celui de Cavalia, mais à plus petite échelle.

Ce qui s’avère moins petit, par contre, c’est le prix d’entrée.

Il en coûte 20 dollars pour un billet d’adulte et 15 dollars pour les enfants de 4 à 12 ans pour voir les oeuvres de Glow. C’est une sortie assez dispendieuse pour une famille.

En plus, le parcours est situé à l’intérieur. Admettons que déambuler dans un centre de congrès n’a rien de particulièrement transcendant… Ni de magique.

Du côté de Gatineau, il y a eu des tentatives plus ou moins réussies de créer des événements hivernaux. En 2018, la Ville avait essayé d’innover avec les Mosaïvernales, la version hivernale des Mosaïcultures. L’événement n’a cependant pas eu le succès escompté.

Une météo défavorable a laissé les sculptures de neige à moitié fondues et défigurées par la pluie. On peut aussi se demander si le prix d’admission de 10 dollars, en plus du stationnement, n'est pas aussi à blâmer pour le peu d’intérêt manifesté par le public. Les organisateurs espéraient attirer 200 000 visiteurs. Au final, il y en aura eu seulement 2000.

Disons que l’idée de reprendre les Mosaïvernales en 2019 a fondu plus rapidement que l'une de ses sculptures de neige...

Nos villes, tant Ottawa que Gatineau, ont désespérément besoin d’art public de façon générale. Par ailleurs, en hiver, nos paysages manquent particulièrement de lumière.

Des œuvres illuminées et innovatrices peuvent nous faire du bien, embellissent nos villes, nous font sortir de la maison et attirent les visiteurs.

Un exemple? Il est difficile de marcher près des lettres OTTAWA installées dans le marché By sans s'arrêter pour se faire prendre en photo. Cette oeuvre toute simple permet au nom de la capitale fédérale de circuler un peu partout dans les réseaux sociaux. Elle vient d'ailleurs d'être rénovée et dévoilée au public.

À Gatineau, faut-il nécessairement attendre l’été et le Sentier culturel pour avoir accès à des oeuvres gratuites? Est-ce que ce serait réaliste de faire le même genre de parcours en hiver et de profiter des visiteurs attirés par le Bal de neige pour leur offrir autre chose qu’une activité familiale comme les glissades au parc Jacques-Cartier?

La question de la luminosité doit également aller au-delà de l’art visuel commandé. On doit trouver une façon de l’incorporer dans nos infrastructures.

Les vitraux d’inspiration autochtone de la Bibliothèque du Parlement prouvent qu’il est possible de moderniser nos édifices historiques avec classe. Le Centre national des arts rénové (incluant les animations visuelles de sa Lanterne Kipnes, donnant sur la rue Elgin) et le John Ruddy Cube à la Galerie d’art d’Ottawa sont aussi de beaux exemples d’institutions qui souhaitent être aussi belles de l’extérieur qu’à l’intérieur.

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La nouvelle devanture vitrée du Centre national des arts à Ottawa

Photo : Radio-Canada

Il est à peu près temps!

Ottawa est depuis trop longtemps une ville institutionnelle qui préfère son art bien rangé entre quatre murs et le moins accessible possible.

Or, si on voulait être vraiment audacieux, on pourrait même envisager d’illuminer le pont Alexandra. Ce n’est pas le pont Jacques-Cartier de Montréal, mais cette structure demeure quand même emblématique de notre région. La nuit tombée, elle disparaît malheureusement du paysage.

Les possibilités sont nombreuses. Il suffirait que certains décideurs... s’allument.

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