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Le télescope Cheops dans l'espace pour observer les exoplanètes

Une fusée décolle au petit matin.

Le télescope Cheops a décollé du Centre spatial guyanais de Kourou.

Photo : ESA

Radio-Canada

Le télescope spatial Cheops a gagné mercredi son poste d'observation des exoplanètes à 710 kilomètres au-dessus de la Terre pour tenter de gravir une marche supplémentaire dans la compréhension de l'origine de la vie.

Cheops est à 710 km, exactement à l'endroit où on voulait qu'il soit, c'est absolument parfait.

Didier Queloz, astrophysicien à l'Observatoire de Genève

C'est vraiment un moment exceptionnel dans l'histoire spatiale européenne et dans l'histoire des exoplanètes, ajoute l'astrophysicien suisse qui a codécouvert la première exoplanète en 1995, et qui a obtenu cette année le prix Nobel de physique.

Illustration de l'exoplanète GJ 3470 b devant son étoile.

Pour découvrir ou analyser une exoplanète, les scientifiques mesurent les changements de lumière stellaire lorsque la planète passait devant et derrière son étoile. Illustration de l'exoplanète GJ 3470 b devant son étoile.

Photo : NASA/ESA/

Le lanceur moyen Soyouz, dont c'était le troisième lancement de l'année, a décollé tôt ce matin du Centre spatial guyanais de Kourou.

La mission Cheops représente une étape pour mieux comprendre l'astrophysique de toutes ces planètes étranges que nous avons découvertes et qui n'ont pas d'équivalent dans le système solaire.

Didier Queloz

Pas moins de 4104 exoplanètes - orbitant autour d'une étoile autre que le Soleil - ont été détectées depuis que l'astrophysicien et son collègue Michel Mayor ont débusqué la toute première, 51 Pegasi b, il y a près de 25 ans.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a dans la galaxie au moins autant de planètes que d'étoiles, soit à peu près 100 milliards.

Nous voulons dépasser la statistique et les étudier en détail, explique David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission Cheops dirigée par la Suisse et l'agence spatiale européenne (ESA).

Pas toutes, bien sûr, mais Cheops va en observer à peu près 500 et ainsi composer une photo de famille des exoplanètes, raconte Günther Hasinger, le directeur des programmes scientifiques de l'ESA.

Comment? En observant les exoplanètes quand elles passent devant leur étoile, ce qui crée une sorte de mini-éclipse.

En comparant la lumière émise par l'étoile avant, pendant et après le transit de la planète, les astrophysiciens parviendront à déduire la taille et le rayon de la planète, avec une précision inédite.

Ces nouvelles données, combinées à des informations récoltées par les télescopes au sol sur la masse, permettront de mesurer la densité, paramètre essentiel pour déterminer la composition de la planète. Un critère fondamental pour définir la probabilité qu'une planète puisse héberger la vie.

La mission va également permettre de mesurer la quantité de lumière réfléchie par ces planètes. En analysant cette lumière, on peut avoir une idée de la structure soit de l'atmosphère, soit de la surface.

Didier Queloz

Quant au Graal des astrophysiciens, comprendre l'origine de la vie ou la détecter sur une autre planète?

Ce n'est pas une question que l'on va résoudre avec Cheops, mais pour comprendre l'origine de la vie, on doit comprendre la géophysique de ces planètes, explique Didier Queloz.

C'est comme si on avait un grand escalier, on commence par la première marche.

Didier Queloz

Il faut beaucoup de paramètres pour que la vie soit possible, rappelle Günther Hasinger.

Le lanceur moyen Soyouz a également emporté le satellite d'observation de la Terre COSMO-SkyMed Second Generation, pour l'Agence spatiale italienne (ASI) et le ministère de la Défense italien. Et trois charges auxiliaires :

  • Angels, premier nanosatellite financé par le CNES et intégralement produit par l'industrie française;
  • Eyesat, également financé par le CNES;
  • Ops-Sat, pour le compte de l'ESA.

C'est une longue histoire, qui a commencé il y a 25 ans avec la première planète, qui arrive à son point culminant ! On a un satellite qui tourne et demain, on va faire de la science, s'enthousiasme Didier Queloz.

Ce qui ne devrait pas tarder, selon l'ESA, qui estime que les premiers résultats de Cheops devraient nous parvenir assez rapidement, dans quelques mois.

Avec les informations de Agence France-Presse

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