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Les États-Unis franchissent un pas de plus vers l'achat de médicaments du Canada

Cette stratégie de Washington inquiète l'industrie pharmaceutique canadienne qui n'a pas les capacités d’approvisionner du jour au lendemain un pays de 300 millions d’habitants, en plus de son propre marché.

Médicaments sur le comptoir d'un pharmacien.

L'achat en gros de médicaments canadiens par les États-Unis causerait des pénuries au Canada, selon de nombreux observateurs.

Photo : Getty Images / Darwin Brandis

Agence France-Presse

L'administration de Donald Trump a dévoilé mercredi son projet de réforme pour autoriser l'importation de médicaments du Canada et d'autres pays, la baisse des prix des médicaments étant un engagement à la fois du président et de ses rivaux démocrates pour la présidentielle.

Aucun président de l'Histoire n'avait auparavant demandé à la Food and Drug Administration [l’agence américaine responsable des médicaments] d'ouvrir la porte à l'importation sûre de médicaments en provenance du Canada, a déclaré le secrétaire à la Santé Alex Azar dans une conférence téléphonique avec la presse, qualifiant la réforme d'historique.

Le département de la Santé a publié mercredi deux textes réglementaires pour concrétiser l'annonce gouvernementale du 31 juillet qui fixait les lignes de la réforme.

Washington se tourne vers le Canada

Le premier volet vise à autoriser les États américains à créer des programmes d'importation de médicaments sur ordonnance déjà autorisés au Canada.

L'agence américaine des médicaments, la FDA, devra approuver les programmes, ce qui permettrait ensuite l'importation dans ces États spécifiques. Plusieurs sont candidats, dont certains voisins du Canada, comme le Vermont et le New Hampshire.

En raison d'une loi de 2003, ces programmes ne pourront pas inclure de médicaments biologiques (fabriqués à partir d'une cellule ou d'un organisme vivant, souvent injectables, ou qui nécessitent une réfrigération), et se limiteraient donc principalement à des comprimés qu'on achète en pharmacie, en général moins chers.

L'insuline, dont le prix est souvent décrié aux États-Unis, serait par exemple exclue.

Importer ses propres médicaments

Le second volet vise à permettre aux laboratoires pharmaceutiques américains d'importer leurs propres médicaments commercialisés dans d'autres pays.

Cette seconde mesure illustre l'absurdité du système de santé américain.

En raison de l'opacité créée par des sociétés intermédiaires, pharmacies et compagnies d'assurance médicale, les laboratoires sont souvent incapables de baisser les prix finaux de leurs médicaments pour les patients.

Le gouvernement Trump veut donc autoriser les fabricants pharmaceutiques qui le voudraient à importer la version étrangère (mais identique!) de leurs propres médicaments autorisés aux États-Unis, qui serait vendue sous un code distinct et à un prix plus bas. Cette voie pourra inclure tout type de médicament, y compris biologique.

Si vous êtes un laboratoire pharmaceutique et si vous avez un produit mondial, que vous vendez en Europe, au Canada ou au Japon et que vous voudriez faire venir aux États-Unis pour faire concurrence à votre propre produit, à un prix standard moins cher, alors nous vous donnerons un nouveau code national de médicament pour vous permettre de le faire, a expliqué Alex Azar.

Des inquiétudes surgissent au Canada

Cette stratégie d’achat de grandes quantités de médicaments à l’étranger soulève des inquiétudes au Canada, dont l’industrie pharmaceutique n’a pas les capacités d’approvisionner du jour au lendemain un pays de 300 millions d’habitants en plus de son propre marché.

L’industrie pharmaceutique canadienne ne dispose par ailleurs pas d’une chaîne de distribution de médicaments assez solide pour desservir une population dix fois plus nombreuse.

Qui plus est, l’administration Trump se butera à un autre problème, car même si plusieurs des pharmaceutiques canadiennes sont en réalité des filiales de compagnies américaines, elles ne peuvent, en vertu des lois en vigueur, que vendre leurs médicaments au Canada à des grossistes canadiens, qui eux, ne peuvent distribuer que dans des pharmacies canadiennes.

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