•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Confidences de grands disparus de 2019

La cinéaste Agnès Varda en plan rapproché une photo en noir et blanc datant de 1970.

La réalisatrice française Agnès Varda s’est éteinte le 29 mars 2019 à l’âge de 90 ans.

Photo : AFP/Getty Images / -

Radio-Canada

Rendons hommage à quelques personnalités publiques qui nous ont quittés en 2019. Nous vous proposons quatre entrevues d'exception tirées de nos archives pour réentendre les voix de Roger Taillibert, Georges Brossard, Jean-Claude Labrecque et Agnès Varda.

Roger Taillibert

L’architecte français Roger Taillibert, bien connu de ce côté-ci de l’Atlantique pour sa conception du stade olympique de Montréal, est décédé le 3 octobre 2019.

Bien entendu (audio), 18 juin 2019

En compagnie de l’éditeur Alain Stanké, il était reçu par Stéphan Bureau à l’émission Bien entendu du 18 juin 2019.

On y apprend que Roger Taillibert séjourne chaque année à Saint-Sauveur, dans les Laurentides. Une « cabane » que l’épouse du maire Jean Drapeau l’a d’ailleurs aidé à trouver.

Roger Taillibert parle du stade olympique qui n'a jamais réellement été terminé à son avis. Il souhaitait en faire un outil pour la jeunesse, mais regrette que cela ne se soit jamais produit.

« Ici, les intentions et les réalisations se font dans une direction que je n’ai pas le droit de connaître », souligne-t-il sur le traitement qu’il a reçu à Montréal en comparaison à d’autres villes à travers le monde.

C’est la plus difficile des livraisons que vous avez eues à faire comme architecte? lui demande Stéphan Bureau. Oui, confirme Roger Taillibert : « Même dans le monde arabe au milieu du désert, on s’en est sorti ».

L’entrevue nous fait aussi connaître le peintre, dont les toiles sont exposées au Centre d'art Diane-Dufresne avec une idée de réconciliation en filigrane.

Pour le père du stade olympique de Montréal, le sport est demeuré une passion à laquelle il attribue au passage le secret de sa longévité.

Toute ma vie, j’ai été un sportif. Et comme le dit le baron Pierre de Coubertin : la santé se construit sur la partie sportive.

Roger Taillibert

Georges Brossard

Le fondateur de l'Insectarium de Montréal Georges Brossard est décédé des suites d’un cancer du poumon le 26 juin 2019.

Les Années lumière (audio), 7 septembre 2014

L’animateur Yanick Villedieu le recevait à l’émission Les Années lumière du 7 septembre 2014 à l’occasion de la sortie de sa biographie Georges Brossard : audace et démesure.

L’homme de 74 ans se raconte sur sa passion des insectes, qui a commencé dès la tendre enfance.

Je prenais des papillons dans les mains et je les sentais. Je les portais à mes narines et je découvrais des fragrances, un arôme extraordinaire.

Georges Brossard

À 38 ans, animé par le désir de poursuivre son apprentissage autodidacte de l’entomologie, Georges Brossard a abandonné sa fructueuse carrière de notaire.

J’ai pris ce qui était le plus méprisé, le plus méconnu, ce que les gens dédaignaient le plus : les insectes.

Georges Brossard

« Ce sont souvent les amateurs qui font avancer les sciences naturelles », explique Georges Brossard qui s’est finalement donné comme mission de vulgariser cette science.

En 1990, il a fondé l’Insectarium de Montréal, le premier dans toutes les Amériques, afin de sensibiliser le public à la beauté et à la fragilité de la nature.

Pour en assurer le succès, l’habile communicateur a fait don de sa collection de milliers d’insectes, en plus de faire la promotion de l’entomologie à travers des conférences et une présence soutenue dans les médias.

« Si tu as de la passion, tu peux guérir pas mal de maux personnels en utilisant ta passion comme bouclier ou comme remède », exprime Georges Brossard sur son humanisme et son souhait de donner au prochain.

J’ai eu une vie qui a été profitable, mais pas juste à Georges Brossard. C’est ma fierté aujourd’hui. J’ai semé des graines qui ont poussé.

Georges Brossard

Jean-Claude Labrecque

Le cinéaste québécois Jean-Claude Labrecque est mort le 31 mai 2019.

Indicatif présent (audio), 4 décembre 2003

À l’émission Indicatif Présent du 4 décembre 2003, l’animatrice Marie-France Bazzo présentait Jean-Claude Labrecque comme une figure marquante du cinéma québécois.

Le cinéaste a fait beaucoup parler en 2003 avec son documentaire À hauteur d’homme qui a remué la classe politique et journalistique.

Avant de choisir le métier de documentariste, le jeune orphelin originaire de Limoilou a reçu une formation de photographe.

Je me suis réveillé à 18 ans dans un petit appartement rue Laval à Québec, avec une petite 40 watts vissée au plafond et là je me suis dit : qu’est-ce que je fais? Où je vais? Qu’est-ce qui m’intéresse?

Jean-Claude Labrecque

Jean-Claude Labrecque dévoile aussi avoir pris un détour par la chanson, sous le pseudonyme de Jacques D'Anjou.

L’ONF était pour lui un fantasme et il est parvenu à rejoindre l’institution durant la grande époque du cinéma-vérité.

Quand j’ai commencé à tenir la caméra, j’avais déjà une très grande formation de regard, comme photographe et en même temps d’avoir vu travailler ces Brault, Jutra, Carle.

Jean-Claude Labrecque

Jean-Claude Labrecque raconte à Marie-France Bazzo l’évolution de ses films, des films d’instinct, très physiques, puis sensibles, oscillant entre le sport et la poésie.

« La caméra provoque des choses, c’est sûr », exprime le cinéaste sur le cinéma qu’il pratique.

J’aime beaucoup ça, suivre les gens, arriver à comprendre leur rythme, même prévoir quelques secondes avant ce qu’ils vont faire. Et j’ai toujours, toujours, toujours conservé cette force de regard.

Jean-Claude Labrecque

Agnès Varda

La réalisatrice française Agnès Varda s’est éteinte le 29 mars 2019 à l’âge de 90 ans.

Des idées plein la tête (audio), 23 mars 2003

On peut entendre ses réflexions sur le militantisme et l’engagement dans la série documentaire Des idées plein la tête diffusée le 23 mars 2003.

Interviewée par la journaliste Monique Durand, Agnès Varda explique avoir pris conscience du monde à 25 ans. Un éveil qui l’a effrayée.

J’ai toujours été observatrice des autres. J’ai entendu beaucoup d’histoires autour de moi, beaucoup d’injustices qui m’ont tout de suite levé le cœur.

Agnès Varda

Grande figure du cinéma indépendant, Agnès Varda ne se considère pas comme une artiste engagée.

Dans cette entrevue, elle se décrit plutôt comme une cinéaste discrète et marginale qui joue des coudes très légèrement pour créer un espace d’ouverture, de tendresse, de compréhension.

Au fond, nous sommes des saltimbanques et peut-être que c’est une sorte d’engagement d’essayer de virevolter sur la réalité, sur les situations, et d’en faire quand même du spectacle.

Agnès Varda
Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Archives

Société