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Aller devant les tribunaux pour réduire les risques liés aux armes à feu

Une femme écrit un message de condoléances sur le mur d’un édifice après la fusillade de l’avenue Danforth.

Une femme écrit un message de condoléances sur le mur d'un édifice après la fusillade de l'avenue Danforth.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Radio-Canada

Des familles de victimes de la fusillade de l’avenue Danforth veulent que cette tragédie devienne un moteur de changement.

Outre les sommes d’argent réclamées, c’est la motivation première derrière une demande de recours collectif déposée lundi en Cour supérieure de l’Ontario contre Smith & Wesson, fabricant de l’arme volée que Faisal Hussain a utilisée pour tuer deux personnes et en blesser 13 autres un dimanche de juillet 2018 à Toronto.

Même si nous n’en sommes pas tous au même point psychologiquement et physiquement, je pense que nous croyons tous que c’est la chose à faire, a affirmé Ken Price, dont la fille Samantha avait été blessée.

À son avis, si le fait d’avoir vécu ce drame et d’avoir pris position par la suite contribue à protéger la société, les victimes auront l’impression que leur malheur aura au moins servi à quelque chose.

Ken Price écoute la question d'un journaliste.

La fille de Ken Price a été blessée lors de la fusillade.

Photo : CBC

Des proches des victimes militaient déjà pour un resserrement du contrôle des armes à feu.

Leur recours collectif cible maintenant le fabricant Smith & Wesson, qui n’a pas intégré à ses armes, comme il l’avait promis aux États-Unis il y a 20 ans, un dispositif intelligent qui empêche une personne non autorisée de s’en servir.

Un fabricant d’armes a un rôle à jouer pour assurer notre sécurité à tous. Et dans ce cas, ils ont failli à leur responsabilité.

Ken Price

Un tel recours devant les tribunaux contre un fabricant d’armes n’est plus possible aux États-Unis, mais ce l’est au Canada.

C’est un marchand d’armes ici au Canada. Il doit être soumis aux règles et aux lois canadiennes et nous avons cette habileté-là au Canada — ce qui n’est pas le cas aux États-Unis — de poursuivre un marchand d’armes.

Me Michel Drapeau, avocat-conseil du recours collectif
L'avocat Michel Drapeau en entrevue sur un plateau de télévision.

L'avocat Michel Drapeau

Photo : Radio-Canada

L’avocat fait valoir que la biométrie est utilisée pour d’autres produits, comme les automobiles ou les téléphones intelligents, ce qui permet que seules les personnes autorisées s’en servent. Dans certains cas, on utilise les empreintes digitales, le visage ou autre pour identifier le propriétaire.

Me Drapeau souligne que les armes comme les pistolets semi-automatiques M&P 40 sont un des types d’armes le plus souvent volées aux États-Unis. L’arme utilisée par le tireur de l’avenue Danforth avait, elle aussi, été acquise illégalement.

La technologie existe. Si cette arme avait été munie de cette biométrie-là, l’individu n’aurait jamais acquis ce revolver-là, parce qu’il n’aurait eu aucune utilité pour lui.

Me Michel Drapeau, avocat-conseil du recours collectif
Les policiers enquêtent sur les lieux de la fusillade.

Les policiers enquêtent sur les lieux de la fusillade en juillet 2018.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

La fille de Patrick McLeod mangeait une crème glacée avec d’autres jeunes sur Danforth, le soir de la fusillade. Une de ses amies, Reese Fallon, a été tuée.

Elle habitait en face de chez nous; je l’ai vue grandir. Avoir à identifier son corps sur l’avenue Danforth, ce soir-là, a été une expérience horrible.

Patrick McLeod
Patrick McLeod en entrevue.

Patrick McLeod connaissait Reese Fallon depuis toujours.

Photo : CBC

M. McLeod considère que les familles de Reese Fallon et de Julianna Kozis, qui a aussi perdu la vie, vivent des heures sombres en raison de la négligence de ce fabricant d’armes.

Ce policier à la retraite fait valoir que les constructeurs automobiles ont dû, au fil des ans, améliorer la sécurité des véhicules à la suite notamment de poursuites de victimes d’accidents. La même logique, croit-il, peut s’appliquer aux armes à feu.

L’avocat Michel Drapeau précise que le recours ne porte pas sur le contrôle des armes à feu, un débat qui doit avoir lieu au Parlement et au sein de la société.

L’objectif est de réduire l’usage criminel des armes comme les revolvers, en utilisant une technologie existante, et ainsi éviter d’autres drames.

Avec les informations de Camille Gris-Roy et de CBC

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