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Une charge à fond de train d'André Noël contre GNL Québec

André Noël

L'auteur et journaliste André Noël.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’ancien journaliste à La Presse André Noël charge à fond de train contre le projet Énergie Saguenay de GNL Québec. Il affirme qu’un des deux promoteurs, Jim Breyer, finance d’éminents politiciens américains climatosceptiques. En réplique, GNL Québec prétend que ce qu'il avance est « complètement erroné ».

Au cours des derniers jours, André Noël a publié un article (Nouvelle fenêtre) sur la plateforme Ricochet. Lors de sa recherche, celui qui a notamment œuvré au sein de la Commission Charbonneau a épluché les registres de la Commission électorale fédérale des États-Unis. Il était l’invité de Doris Larouche à l’émission Style libre mardi après-midi.

GNL Québec prétend sur son site Internet que ce projet-là va contribuer à la lutte contre la crise climatique. À mon avis, c’est purement des relations publiques, c’est de l’esbroufe, juge André Noël. Une des preuves de ça, c’est qu’un des deux administrateurs et codirigeants d’Énergie Saguenay finance des politiciens républicains importants, notamment Mitch McConnell, qui est le président de l’aile républicaine du Sénat et qui nie non seulement le réchauffement du climat, mais aussi que lui et d’autres, que Jim Breyer a financés, ont demandé à Donald Trump de se retirer de l’Accord de Paris.

Ainsi, André Noël met en opposition ces actions avec la position de GNL Québec, qui indique plutôt que son projet est positif pour l’environnement.

De prétendre qu’on veut combattre le réchauffement du climat en utilisant du gaz, c’est complètement ridicule et de l’autre côté, on finance des politiciens de haut rang aux États-Unis qui font tout pour finalement avoir des politiques qui, elles, réchauffent le climat. Alors ça montre finalement l’hypocrisie de ces prétentions chez Énergie Saguenay.

André Noël, journaliste
Un plan sommaire de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec a été rendu public.

Un plan de l'usine de liquéfaction de gaz naturel de GNL Québec.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Savoie-Souières

Une image tordue, selon GNL Québec

En soirée, l'équipe de GNL Québec a fait parvenir une réponse écrite, réfutant complètement les propos du journaliste.

L’article relayé par Ricochet est complètement erroné et présente une image tordue de la position et des actions de M. Breyer en matière environnementale, notamment en regard de son appui financier à l’endroit de plusieurs organisations dédiées spécifiquement à cette cause. Le fait que M. Breyer ait investi dans le projet Énergie Saguenay de GNL Québec, qui vise la construction du complexe de liquéfaction de gaz naturel produisant le moins de gaz à effet de serre au monde et qui a pour objectif de lutter concrètement contre les changements climatiques, représente une démonstration éloquente de son engagement en cette matière.

GNL Québec, par courriel mardi soir

Plus loin, la direction de l'entreprise assure que le but premier de tout le projet est la lutte contre les changements climatiques. GNL Québec et l’équipe du projet Énergie Saguenay sont donc déterminées à agir dans la lutte contre la pollution de l’air et les changements climatiques, des objectifs qui motivent tous les membres de l’entreprise, incluant messieurs Jim Breyer et Jim Illich, cofondateurs du projet, a-t-elle ajouté.

Dans un texte de blogue publié plus tôt mardi sur le site Internet d’Énergie Saguenay, l’entreprise semblait déjà réfuter les positions avancées par André Noël et bien d’autres. Selon l’entreprise il serait préférable, et de loin, que le projet se réalise ici et non dans un pays aux normes environnementales moins strictes.

Énergie Saguenay a une fenêtre d’opportunité à saisir afin de s’imposer comme fournisseur d’une énergie plus propre pour des clients établis dans des pays qui souhaitent effectuer une transition du charbon ou du pétrole vers le gaz naturel [...]. C’est simple, aucun autre terminal de liquéfaction de gaz naturel en service dans le monde ne peut actuellement atteindre la performance environnementale proposée par Énergie Saguenay.

GNL Québec, dans un article de blogue publié mardi

Remplacement ou pas?

Quant à André Noël, il se range du côté des sceptiques quant aux éventuels clients de GNL Québec. Lors d'un récent Cercle de presse, il avait été question de contrats possibles du côté de l'Allemagne, de la Pologne, de la Chine et de l’Espagne, pour remplacer des énergies polluantes comme le charbon.

Sur le fond, ce projet de gaz naturel liquéfié est un projet qui participe au réchauffement du climat et qui ne combat pas le réchauffement du climat, dit André Noël. Il y a tout récemment des études qui ont montré que le gaz naturel est maintenant la principale cause de l’augmentation des gaz à effet de serre dans le monde. Alors d’aller prétendre que c’est une énergie de transition qui va remplacer le charbon, c’est totalement faux. C’est quelque chose qui s’ajoute aux énergies fossiles et non pas qui remplace les énergies fossiles.

Pour conclure, le journaliste est plutôt alarmiste sur l'urgence d'agir pour le climat. Selon lui, la fenêtre d'exploitation d'un projet comme celui projeté sur le site de Grande-Anse à Saguenay est beaucoup trop grande.

On n’a pas 30 ans pour agir. Ce projet d’Énergie Saguenay, si on construit un gazoduc, si on construit un terminal, si on construit une usine de liquéfaction du gaz en plus des entreprises pour regazéifier le GNL dans les pays d’importation, ce n’est pas quelque chose qu’on fait pour quelques années. C’est quelque chose qui va durer au moins 30 ans. Or, 30 ans, c’est beaucoup trop tard. En fait, c’est immédiatement qu’il faut arrêter l’exploitation et l’extraction des énergies fossiles.

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