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Violence conjugale : une femme raconte son cauchemar

Le reportage de Julie Émond

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

Il est parfois difficile d'échapper à la violence conjugale. Les mécanismes mis en place pour la prévenir, que ce soit le changement d'adresse ou même un ordre du tribunal, se révèlent parfois complètement inefficaces.

Un texte de Julie Émond

Une Montréalaise, Khaoula Grissa, a accepté de raconter le cauchemar qu'elle a vécu dimanche dernier, quand son ex-mari est entré par effraction dans son logement.

Je suis allée dans la chambre pour récupérer un crayon sur mon bureau, puis lui, il est sorti avec un couteau de mon garde-robe. Il s'est lancé sur moi. J'ai crié, bien sûr, raconte-t-elle.

Ce n'était que le début de son long calvaire. Khaoula Grissa était coincée dans son logement du sixième étage, sans issue possible. Là, il m'a demandé de me déshabiller, il m'a dit : "Je veux que je sois le dernier dans ta vie ou toi, tu vas être la dernière dans ma vie".

La Montréalaise raconte avoir été violée, menacée et séquestrée pendant des heures. Plutôt que de la tuer, son ex-mari a finalement tenté de se suicider.

Khaoula Grissa avait pourtant fait toutes les démarches et les procédures judiciaires pour éviter le pire. J'ai changé de voiture, je suis allée un mois dans une maison de femmes. Mon employeur a fait le nécessaire, il m’a changé de place d’où je travaille. Ils ont pris toutes les mesures de sécurité pour moi.

Malgré toutes ses tentatives, son ex-conjoint parvenait toujours à la rattraper et à entrer en contact avec elle ou ses proches. Il m'a dit : "Moi, je suis allé à la thérapie des Alcooliques anonymes, je voulais juste mon papier, je leur disais ce qu'ils voulaient entendre. Je suis allé à la violence conjugale, je leur disais ce qu'ils voulaient entendre".

La police a ouvert une enquête, mais pour la directrice de la maison d'hébergement La Dauphinelle, ce cas illustre la triste réalité de bien des femmes. Cette femme, on l'a accueillie cet été. Elle a bénéficié de nos services. Elle s’est trouvé un nouveau logement. Elle s’est relocalisée, mais très rapidement, avant même qu'elle ait déménagé, son ex-conjoint l’avait suivie, donc savait où elle allait aller, explique Sabrina Lemeltier.

La violence conjugale, l'auteure et comédienne Ingrid Falaise en a fait sa cause. Il n’y a toujours rien qui bouge, c’est très long. Alors j’avais envie de faire lever la population avec moi, de toucher les gens, et que les gens aient leur voix aussi et aient envie de se lever et de parler avec moi, et de dire non, c’est assez, ça suffit la violence faite aux femmes, faite aux enfants, la violence conjugale, la violence tout court. C’est ce que j’ai voulu faire avec ce mouvement-là.

Je comprends qu'ils ne peuvent pas mettre tout le monde en prison, parce qu'ils ont écrit un message sur Facebook, ils ont texté des amis; ils ont tout noté ça dans mon dossier, mais je n'étais pas protégée, conclut Khaoula Grissa.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

SOS Violence conjugale

1 800 363-9010

sosviolenceconjugale.ca (Nouvelle fenêtre)

Ligne québécoise de prévention du suicide

1 866 APPELLE

besoinaide.ca (Nouvelle fenêtre)

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