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Maude Marquis-Bissonnette dénonce l'intimidation envers les femmes politiciennes

Maude Marquis-Bissonnette

Maude Marquis-Bissonnette dénonce l'intimidation envers les femmes politiciennes.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Comme la députée de Québec solidaire Christine Labrie, qui a récemment déposé une plainte à la police, bon nombre de femmes politiciennes sont la cible de messages haineux sur les réseaux sociaux. C'est une situation que connaît et dénonce la conseillère du district du Plateau à Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette. Son entrevue avec Mathieu Nadon pour le Téléjournal Ottawa-Gatineau.

Ce n'est pas toujours joyeux ce qui se passe sur les réseaux sociaux. Quelle réflexion avez-vous concernant la plainte déposée à la police par la députée de Québec solidaire?

Il y a du courage là-dedans. Je pense que personne n’a envie d’être une victime face à ça, mais en même temps, si on veut changer les choses, il faut les dire telles qu’elles sont. Je salue ce geste. Je pense que si on veut être cohérent et encourager les femmes à le faire, à dénoncer, il faut le faire soi-même.

Recevez-vous ce type de messages là, d'intimidation, de menaces?

Oui, et je peux joindre ma voix aux collègues là-dessus. Comme élue, on est appelée dans la sphère publique à être critiquée, à ce que les gens ne soient pas d’accord avec nous. Je suis certaine que mes collègues masculins en reçoivent aussi. Mais je pense que le niveau d’intensité pour les femmes est différent, qu’on reçoit davantage de propos haineux, de propos misogynes, de propos carrément méchants.

Il y a quand même une différence de traitement entre les hommes et les femmes. On est jugé plus facilement sur notre crédibilité, sur notre compétence, sur notre rigueur, sur la façon dont on se vêtit, même, et ça, ce ne sont pas des critiques que reçoivent autant les hommes.

L'[ancienne] première ministre [de l'Ontario] Kathleen Wynne disait : "Je ne connais pas de femmes qui n’ont pas vécu ça".

Maude Marquis-Bissonnette

Comme femme, on est habituée à faire face à des propos comme ça. […] Je pense que c’est répandu et qu’on a tendance à ne pas en parler. Mais en même temps, si on veut briser ce cycle-là, il faut discuter de ces choses.

Qu’est-ce que ça fait quand on lit ce genre de commentaires?

C’est difficile de faire la différence entre ce qui nous est réellement adressé et la colère des gens. Sur les réseaux sociaux, les gens vont se décharger. Ils ne sont pas nécessairement conscients que quelqu’un d’autre à l’autre bout qui va lire ce message-là.

Peut-être que les femmes reçoivent davantage de ces messages-là parce qu’il n’y a pas beaucoup de modèles pour les femmes en politique. On sait qu’on est encore minoritaire dans ce milieu de pouvoir, mais à un moment donné, cela rend le recrutement plus difficile.

Il ne faut pas tolérer ces propos et ne pas hésiter à les dénoncer quand ça arrive.

Maude Marquis-Bissonnette

Quelles pourraient être les solutions?

Ce n’est pas simple, parce qu’il y a beaucoup de ces propos-là qui émanent de préjugés, de préjugés dont on n’est pas conscients qu’on a. Les gens ne veulent pas nécessairement mal faire. Avec le temps, ces choses-là vont être amenées à changer. Si on est plus de femmes dans les lieux de pouvoir, comme en politique, dans la sphère publique, on va s’habituer à voir des femmes qui se comportent différemment des hommes, puis c’est correct, on amène autre chose. Ça fait partie des solutions. Ce n’est pas magique, ça va prendre du temps.

Est-ce propre aux dossiers que vous défendez?

La question de l’environnement, on le voit un peu partout dans le monde, c’est un des grands enjeux de notre siècle et c’est aussi une question qui polarise énormément, parce qu’il y a des gens qui veulent qu’on aille plus vite, qu’on aille plus loin […] et puis d’un autre côté, il y a des gens qui n’y croient pas.

Probablement que l’environnement est un des dossiers sur lesquels il y a encore plus de polarisation.

Maude Marquis-Bissonnette

Peu importe le point de vue des gens sur les médias sociaux ou ailleurs, vous avez le droit de ne pas être d’accord. C’est juste dans la façon de dire les choses. Le respect, ça s’applique partout.

Cette entrevue a été éditée pour des raisons de clarté et de concision.

Avec les informations de Mathieu Nadon

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