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Les nouveaux arrivants mieux payés, mais toujours moins que les autres Canadiens

Neuf mains tiennent chacune un passeport de pays différent.

Le revenu médian des immigrants sans expérience canadienne est inférieur à celui des personnes qui ont fait des études au Canada.

Photo : iStock

Abdoulaye Cissoko

Les nouveaux arrivants qui ont obtenu leur résidence permanente en 2016 ont déclaré un salaire médian de 25 900 $ l'année suivante. C'est le revenu le plus élevé enregistré depuis 1981, selon un nouveau rapport de Statistique Canada.

« L'une des premières choses qui pourrait expliquer cet écart, c’est la différence au niveau de la sélection des immigrants », explique Tristan Cayn, chef de l'équipe sur l'immigration de Statistique Canada.

Il souligne la forte progression de nouveaux arrivants ayant une expérience professionnelle canadienne avant d'obtenir leur résidence permanente.

« On parle d'expérience d'étude et de travail, ou les deux combinés. Entre 2007 et 2016 , il y a une augmentation de 166 % du nombre de personnes qui avaient une expérience professionnelle avant d'obtenir leur résidence permanente », note-t-il.

Ces nouveaux arrivants ont vu leur revenu médian passer de 23 600 $ à 24 300 $, en dollars constants, pendant la même période.

Malgré cette hausse, le revenu des immigrants est resté inférieur à celui de l'ensemble de la population canadienne.

Faïçal Zellama, professeur d'économie à l'Université de Saint-Boniface, n’est pas surpris par cette réalité.

« Un immigrant avec le même âge et le même diplôme gagne 16% de moins qu'un Canadien né au Canada. C'est beaucoup », fait-il remarquer.

Selon lui, l'une des raisons de cet écart salarial est d'ordre temporel. « Un nouvel arrivant va dépenser plus de temps pour obtenir la reconnaissance de ses diplômes et, parfois même, il retourne aux études. Ça prend donc quelques années pour accéder au marché de l'emploi », souligne-t-il.

Gros plan de Faiçal Zellama.

Faiçal Zellama, professeur d'économie à l'USB

Photo : Radio-Canada

L'autre facteur qui explique cette différence salariale, dit-il, repose sur des préjugés. « Je pense que c'est un défi que le gouvernement, la population et les entreprises doivent relever au cours des prochaines années », souligne Faïçal Zellama, qui croit que le Canada est sur la bonne voie à ce chapitre.

L'avantage des diplômes canadiens

L'étude de Statistique Canada révèle aussi que les nouveaux arrivants titulaires d'un diplôme canadien avec une expérience professionnelle canadienne obtiennent un rattrapage salarial important 10 ans après l'obtention de leur résidence permanente.

Ainsi de 2007 à 2017 , leur revenu médian a bondi de 81% pour atteindre 63 800 $, indique l'étude.

Ben Maréga au micro de Martine Bordeleau.

Ben Maréga est arrivé au Manitoba en 2007 en provenance du Sénégal.

Photo : Radio-Canada

Ben Maréga, originaire du Sénégal, fait le même constat. Il est parmi ceux qui ont effectué leurs études universitaires au Canada avant de décrocher un emploi.

Il occupe aujourd'hui un poste de responsable financier dans une entreprise manitobaine de fabrication de mocassins. « Il faut comprendre que les entreprises mettent de l'avant l'expérience canadienne. Et c’est cette expérience qui, des fois, fait la différence », précise-t-il.

Il dit cependant que cela ne doit pas occulter la réalité de nombreux immigrants qui ne sont pas bien payés, même s'ils ont obtenu des diplômes plus prestigieux que les étudiants étrangers qui ont étudié au Canada.

« Si les acquis professionnels de ces nouveaux arrivants étaient reconnus, cela permettrait d'aller davantage vers une équité salariale », estime Ben Maréga.

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