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Démystifier les normes du travail pour mieux protéger les jeunes

Steeve Girard devant une classe d'élèves de secondaire 5 du PEI.

Steeve Girard devant une classe d'élèves de cinquième secondaire du PEI.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon

Les adolescents sont de plus en plus nombreux à occuper un emploi pendant leurs études. Un enseignant de l’école secondaire Charles-Gravel de Chicoutimi, Steeve Girard, a donc cru bon de sensibiliser ses élèves à l’importance de faire respecter leurs droits.

Levez la main ceux qui travaillent, lance l’enseignant, devant un groupe formé d’une trentaine d’élèves du Programme d’éducation intermédiaire (PEI). Grâce à Steeve Girard, les élèves ont la chance d’approfondir leurs connaissances en matière de normes du travail.

Dans cette classe de cinquième secondaire, 90 % des élèves occupent un emploi, mais peu d’entre eux connaissent leurs droits et les devoirs de leurs patrons à leur égard. À une époque où les adolescents sont de plus en plus nombreux à concilier travail et études, Steeve Girard éveille les consciences. Il est convaincu qu’un jeune travailleur avisé en vaut deux, surtout en contexte de pénurie de main-d’œuvre, alors que les besoins des employeurs sont pressants.

Steeve Girard devant une bibliothèque.

Steeve Girard est passionné d'histoire et d'actualité. Il a redécoré sa classe de l'école Charles-Gravel pour lui donner un cachet historique.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

J’ai une élève qui est venue me voir en pleurs, parce que sa gérante lui avait imposé de faire 40 heures avant une session d’examens. La majorité travaille et on a une problématique d’épuisement. Il y a un déséquilibre. Il faut que l’école passe en premier lieu et ce n’est pas toujours le cas, met en contexte l’enseignant en Monde contemporain, Éducation financière et Arts multimédias.

Les ateliers sont montés à partir d’outils accessibles sur le site Internet de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Les jeunes à qui Steeve Girard a dispensé la première d’une série de quatre formations, lundi, en ont appris beaucoup.

William Savard assis à son bureau dans la classe.

William Savard considère que la formation de son enseignant Steeve Girard en matière de normes du travail est très pertinente.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Avant, j’avais un employeur qui respectait un peu moins ça. J’ai pris le temps de m’informer sur Internet, mais ma connaissance est vraiment partielle […] Je suis persuadé que ça va être super utile et même là, j’apprends des choses et je me dis que je ne me laisserai pas marcher sur les pieds plus tard.

William Savard, élève de l'école secondaire Charles-Gravel

Protéger les jeunes

Lorsque vous travaillez la semaine et que vous avez de l’école le lendemain, à 11 h le soir, selon les normes du travail, vous devez être chez vous, poursuit Steeve Girard, devant son groupe d’élèves.

Salaires, horaires, vacances, congés payés, âge minimal pour travailler : autant d’aspects qui peuvent demeurer flous pour les jeunes. La plupart du temps, ils n’osent pas questionner ou mettre en doute les décisions de l’employeur. Par l’entremise d’exercices et de mises en situation, Steeve Girard veut outiller ses protégés pour qu’ils soient respectés.

Ce que je veux, c’est que les jeunes dénoncent. J’ai un jeune qui m’est arrivé en me disant : "Je suis au courant de cette norme-là, je l’ai présentée à mon boss et il m’a mis à la porte". J’ai dit : "Bien là, il y a un recours pour ça mon grand".

Steeve Girard, enseignant

Justine Mercier, 17 ans, salue l’initiative de son prof, qui invite aussi les jeunes à mettre de l’avant leurs talents de cinéastes en participant à un concours de capsules vidéos visant à contribuer aux efforts de prévention de la CNESST.

On travaille beaucoup à l’école. Maths fortes, physique, chimie, ça demande beaucoup. En plus, on a notre projet personnel en secondaire 5 donc juste les fins de semaine, pour moi, c’est assez, note celle qui occupe un emploi à hauteur d’une quinzaine d’heures par semaine.

Laurence Tremblay et Maélie Gilbert en train de regarder des documents à leur pupitre dans une classe.

Laurence Tremblay (à droite), ici accompagnée de sa camarade Maélie Gilbert, a vécu une mauvaise expérience de travail. Aujourd'hui, elle a trouvé l'équilibre comme caissière dans un magasin à grande surface à hauteur de 15 heures semaine, ce qui ne compromet pas ses études.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Le défi pour les jeunes est de trouver un employeur respectueux et, surtout, le juste milieu entre travaux et boulot.

Des fois, il y a des abus, on le sait, mais je pense qu’au pire, on peut démissionner. Moi, c’est ça que j’ai fait. Il n’y a rien qui nous oblige à rester dans une situation comme ça.

Laurence Tremblay, élève au PEI

Le travail, une nécessité?

Travailler, est-ce réellement une nécessité de nos jours pour un élève du secondaire, a-t-on demandé aux élèves de cette classe de Charles-Gravel?

Moi, j’ai décidé d’aller me chercher un emploi parce que mes parents ne voulaient pas me payer le cellulaire, ce que je trouve très correct parce que ce n’est pas un besoin essentiel. Pour ça, j’ai décidé de commencer à travailler. Mais ce n’est pas obligatoire. Je connais plein de monde qui ne travaillent pas et qui sont très bien là-dedans, estime Justine Mercier.

Justine Mercier à son pupitre.

Justine Mercier croit que la charge de travail au PEI est telle que les jeunes ne devraient pas travailler plus d'une vingtaine d'heures par semaine.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Les étudiants ne devraient pas travailler plus de 20 heures par semaine, disent les experts. Cela dit, une étude récemment menée par le groupe ÉCOBES démontre que 30 % d’entre eux peinent à concilier travail et études.

Le Conseil régional de prévention de l’abandon scolaire (CRÉPAS) lancera d’ailleurs une campagne auprès des étudiants et des employeurs prochainement dans le but d'éviter que les jeunes délaissent ce qui devrait demeurer leur priorité : l’école.

Steeve Girard en train d'aider une élève à son pupitre.

Un élève averti en vaut deux, croit Steeve Girard, surtout en contexte de pénurie de main-d'oeuvre, alors que les employeurs ont des besoins pressants.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

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Saguenay–Lac-St-Jean

Éducation