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Brexit : Johnson se donne 11 mois pour négocier un nouvel accord commercial avec l'UE

Une clause interdisant une prolongation de la période de transition sera ajoutée à loi d’application du Brexit, qui sera présentée vendredi au Parlement.

Boris Johnson, assis à une table, parle. Des ministres l'écoutent.

Boris Johnson a dirigé mardi la première rencontre de son nouveau Cabinet, tenue dans sa résidence officielle du 10, Downing Street.

Photo : Reuters / Matt Dunham/Pool

Radio-Canada

Le gouvernement britannique entend limiter à 11 mois la période de transition qui doit lui permettre de conclure un nouvel accord commercial avec l’Union européenne, alimentant les craintes qu’aucune entente ne soit conclue.

L’accord de divorce qui doit être approuvé par le Parlement d’ici le 31 janvier doit être suivi d’une période de transition au cours de laquelle Londres et Bruxelles doivent convenir de leur future relation commerciale.

Jusqu’à nouvel ordre, il est prévu que cette période, pendant laquelle le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles européennes et d’en bénéficier, prendra fin le 31 décembre 2020.

Il était toutefois prévu que les deux parties puissent s'entendre pour la prolonger d’un an ou deux, Londres devant présenter une demande en ce sens avant le 1er juillet prochain.

Le premier ministre Boris Johnson accueille son nouveau ministre chargé du Pays de Galles, Simon Hart, lors de sa première réunion du Cabinet depuis l'élection de la semaine dernière.

Le premier ministre Boris Johnson accueille son nouveau ministre chargé du Pays de Galles, Simon Hart, lors de sa première réunion du Cabinet depuis l'élection de la semaine dernière.

Photo : Reuters / Matt Dunham

Le gouvernement du premier ministre Boris Johnson a cependant fait savoir mardi qu’il va ajouter une clause excluant toute possibilité de prolongation dans la loi d’application du Brexit, qui doit être présentée à la Chambre des communes vendredi.

Cette mesure viendrait formaliser la promesse de M. Johnson de ne pas prolonger la période de transition faite lors de la campagne électorale, qui s’est soldée par une victoire très nette du Parti conservateur.

Les électeurs de ce pays ont changé le gouvernement et notre parti pour le mieux, et nous devons récompenser leur confiance en travaillant à fond pour changer notre pays pour le mieux.

Boris Johnson, premier ministre britannique

Soulignant que des négociations en vue d’un accord commercial s’étirent généralement sur des années, les partis d'opposition affirment que cela augmente considérablement la possibilité qu’aucune nouvelle entente ne soit conclue.

Le cas échéant, les relations entre Londres et Bruxelles seront gouvernées par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), considérées comme étant moins avantageuses pour le commerce.

Une décision qui fait chuter la livre

Les investisseurs n’ont guère apprécié cette décision. La livre sterling, qui grimpait face à l’euro depuis quelques jours, a fortement baissé dans la foulée de l’annonce du gouvernement.

Le programme électoral [de Boris Johnson] excluait explicitement toute extension de la période de transition. Ce gouvernement est déterminé à tenir les promesses faites aux Britanniques.

Porte-parole du gouvernement Johnson

Selon le porte-parole du gouvernement, M. Johnson et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont convenu de collaborer avec une grande énergie pour conclure un futur partenariat d'ici à décembre 2020.

Ils entendent lancer les négociations dès que possible après le Brexit, a-t-il ajouté.

Le porte-parole du Parti travailliste pour le Brexit, Keir Stramer, dénonce un geste imprudent et irresponsable. Il accuse le premier ministre Johnson d’être prêt à mettre les emplois des gens en danger.

La seule façon dont Johnson peut respecter l’échéancier de décembre 2020, c’est en abandonnant toutes les promesses qu’il a faites aux électeurs qui ont voté Leave [pour quitter l’UE] et en acceptant toutes les demandes de l’UE, argue le chef par intérim des libéraux démocrates, Ed Davey.

Les deux partis d’opposition ne sont toutefois plus en mesure de faire pression sur le gouvernement, les conservateurs ayant raflé 365 des 650 sièges au Parlement lors des élections générales de la semaine dernière.

Nous ferons le maximum, dit Barnier

Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a refusé de commenter directement la décision du gouvernement Johnson, en faisant valoir qu'il lui revenait de choisir la procédure qu'il souhaite.

Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier.

Le négociateur en chef de l'Union européenne pour le Brexit, Michel Barnier. (archives)

Photo : Getty Images / John Thys

Il a refusé de se prononcer sur la possibilité de boucler un nouvel accord commercial avec Londres en 11 mois. Nous ferons le maximum, s'est-il contenté de dire.

Nous ferons tout pour éviter de nous retrouver au bord du gouffre. [...] Nous avons obtenu la clarté demandée sur les intentions des Britanniques et nous sommes prêts à aller de l'avant du côté européen.

Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE

Nous devons prendre les choses dans l'ordre : tout d'abord achever le processus de ratification de part et d'autre, puis mettre en œuvre l'accord de sortie dans toutes ses dimensions, en particulier en Irlande et en Irlande du Nord et pour les droits des citoyens, a ajouté M. Barnier.

Nous craignons que la période de négociation de l'accord commercial soit très limitée et qu'il soit assez problématique de conclure un accord exhaustif, a commenté le vice-président directeur chargé des affaires monétaires de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

Nous devrons donc voir exactement ce qui peut être réalisé au cours de cette période, a-t-il souligné. Certaines choses seront hors de portée pendant cette période, a-t-il estimé.

Avec les informations de Agence France-Presse, et BBC

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