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Grande séduction au Lac-Saint-Jean

Le petit village de Saint-Nazaire est mobilisé plus que jamais pour lutter contre la dévitalisation et devenir la terre d’accueil de nouveaux travailleurs étrangers.

Cinq travailleurs étrangers posent ensemble dans l'usine de Proco, vêtus de vêtements de travail.

Au total, 16 soudeurs mexicains viendront travailler chez Proco cette année.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Si vous passez dans le petit village de Saint-Nazaire au Lac-Saint-Jean, préparez-vous à sortir votre espagnol. Depuis le mois de novembre, une trentaine de villageois suivent des cours de langue seconde pour devenir la deuxième famille des travailleurs mexicains qui viennent d’être embauchés à l’usine du village.

Même si les Mexicains suivent des cours de français obligatoires, la Municipalité a investi 1000 $ pour subventionner deux cours d’espagnol aux Nazairois.

Des gens écoutent en salle de classe.

Une trentaine de personnes sont inscrites aux cours d'espagnol, dont le maire Jules Bouchard (dernière rangée) et le conseiller Derek O'Hearn (deuxième rangée).

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

La demande est forte, on a été obligés d'en refuser. On donne deux groupes de 15 par soir, on a 30 personnes d'inscrites, s’étonne le maire Jules Bouchard.

Les nouveaux travailleurs font un effort pour apprendre le français, alors nous on fait l'effort d'apprendre l'espagnol.

Derek O’Hearn, conseiller municipal de Saint-Nazaire

Rareté et opportunité

Cet intérêt soudain pour la langue espagnole est né avec l’arrivée de cinq premiers soudeurs mexicains, qui ont été embauchés en octobre à l’entreprise Proco pour pallier la pénurie de main-d’oeuvre.

Le travailleur dans une usine de fabrication de poutres d'acier.

Saul Armando Exzacarias Corro est venu travailler au Canada pour aider sa femme et leurs deux enfants.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Nous sommes mieux payés, les heures de travail sont moins longues et le milieu de vie est beaucoup plus sécuritaire qu'au Mexique, explique Angel de Jesus Paredes Rodrigez.

L’équipe du directeur général, Jean-Denis Toupin, s’est rendue au Mexique pour choisir un total de 16 travailleurs parmi 400 postulants.

Jean-Denis Toupin dans une salle de conférence

Le directeur général de Proco, Jean-Denis Toupin, attendent une dizaine d'autres travailleurs étrangers.

Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer

Ils ont le même statut que tous les autres employés chez Proco, ils ont un contrat de trois ans, ce ne sont pas des travailleurs saisonniers. On a sélectionné des gens en leur disant : "Nous, ce qu'on cherche, c'est des gens qui vont venir s'installer pour toujours chez nous".

Je pense que la communauté se rend compte que l'immigration au Québec on n'aura pas le choix, on devra la vivre et, nous, on s'est dit on va accueillir le monde comme il faut.

Jean-François Néron, conseiller municipal
Une affiche indiquant que les cours d'espagnol sont dispensés au deuxième étage de l'édifice.

Des cours d'espagnol sont offerts dans les locaux de la municipalité de Saint-Nazaire.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Au village, les citoyens et les élus, comme Jean-François Néron, ont décidé de sauter sur l’occasion en apprenant l’espagnol et en créant un comité d’accueil pour les nouveaux arrivants en attendant le reste de leurs familles.

On les a invités à tour de rôle, on leur a magasiné des manteaux d'hiver, on leur a acheté une voiture. On les a intégrés dans nos groupes d'amis à Saint-Nazaire, raconte-t-il.

Je suis enseignante alors on va sûrement peut-être accueillir ces petits enfants-là à l'école. [Apprendre l’espagnol va] me donner l'occasion de travailler avec eux et de me faire comprendre, confie Julie Desgagné qui est membre du comité.

Jean-Denis Toupin se réjouit de voir que la mobilisation perdure depuis l’arrivée des premiers employés mexicains.

Ce n'est pas une mode passagère, donc il faut que la population continue d'être ouverte parce que ça va se produire, il va y avoir des gens qui vont venir nous aider à produire et à rester une région compétitive, efficace et productive, admet le directeur général de Proco.

Un soudeur travaille une pièce de métal au chalumeau.

Les travailleurs mexicains étaient déjà spécialisés dans leur métier en arrivant au Canada.

Photo : Radio-Canada

Le maire Jules Bouchard voit même plus grand.

Souvent, on voit nos jeunes qui partent à l'extérieur et on a une opportunité d'aller chercher des personnes et les intégrer à notre municipalité, on a des quartiers en développement. Si on peut en garder et agrandir notre municipalité, c'est notre but premier.

Le maire et le conseiller serrent la main dans un corridor de l'édifice municipal.

Le maire Jules Bouchard et le conseiller municipal Jean-François Néron chapeautent le comité citoyen.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Réunification des familles

À l'usine, cette ouverture aux autres enracine les Mexicains au Lac-Saint-Jean, qui n’attendent que leur famille pour s’installer.

Un soudeur au travail.

Les soudeurs travaillent sur des poutres d'acier chez Proco à Saint-Nazaire.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

J’ai une fille et ma femme est enceinte, raconte Angel de Jesus Paredes Rodriguez dans un français rudimentaire.

Moi, mon bébé naîtra en mai, ajoute Jesus Molina Pavon.

Après trois mois, la distance leur pèse et ils rêvent du moment où ils pourront partager l'hospitalité des villageois d'ici avec leurs proches.

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