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2019 : les agriculteurs à la merci du contexte international

Des vaches dans un champ.

Les producteurs laitiers ont reçu en décembre leurs premiers chèques de compensation pour les accords internationaux conclus par le Canada avec l'Europe et l'Asie. (Archives)

Photo : The Canadian Press / DARRYL DYCK

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Embargo sur les produits canadiens en Chine, accords commerciaux internationaux, grève du Canadien National (CN) et gel hâtif... l'année 2019 n'a pas été de tout repos pour les agriculteurs.

Pour le producteur laitier Alexandre Proulx, 32 ans, les obstacles s'accumulent depuis qu'il a repris, avec son frère, les rênes de la ferme familiale, en 2015.

Il y a d'abord eu le lait diafiltré, puis l'accord de partenariat transpacifique et celui de libre-échange avec l'Union européenne.

C'est un peu démoralisant. Tu te dis : ''Je vais reprendre [la ferme]'' et tu te fais donner... pas un coup de hache, mais...

Alexandre avec l'une de ses vaches.

Alexandre Proulx a repris la ferme laitière familiale à Saint-Anaclet-de-Lessard, au Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

En décembre, Alexandre Proulx a reçu un premier chèque de compensation du gouvernement fédéral pour pallier les pertes engendrées par ces accords.

Ce qu'on a eu, ça correspond à environ 325 $ le kilo, il faudrait avoir ça tous les ans pour équivaloir à la perte de marché qu'on a eue.

Une citation de :Alexandre Proulx, producteur laitier

À l'instar des fermes laitières, d'autres productions ont aussi été à la merci du contexte international cette année.

Alors que le marché chinois demeure inaccessible pour le canola canadien, il a été bloqué de juin à novembre pour les producteurs de porc et de bœuf, ce que plusieurs ont considéré comme des représailles de la Chine après l'arrestation de la directrice financière Huawei, Meng Wanzhou.

On estime que pendant la période des 4 mois [d'embargo], ça représente 120 millions de dollars qui ont été perdus pour les producteurs.

Une citation de :René Roy, 2e vice-président du Conseil canadien du porc
Un épi de maïs avec de la neige dessus.

La neige précoce et la grève du CN ont perturbé la récolte du maïs cet automne. (Archives)

Photo : Radio-Canada

La grève du CN et l'arrivée précoce de la neige ont aussi causé leur lot de soucis cet automne, particulièrement pour les producteurs de grain.

Depuis 40 ans que je suis en affaires, on n'a jamais vu des situations comme on vit là, a affirmé le producteur Alain Gervais en marge d'une manifestation qui s'est tenue en novembre pour inciter Ottawa à agir.

Des tracteurs devant la gare centrale du CN au centre-ville de Montréal.

Des agriculteurs se sont rendus jusqu'au centre-ville de Montréal, le 22 novembre, pour se faire entendre sur l'impact de la grève au CN sur leur approvisionnement en propane. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On est en retard en saison pour récolter de trois semaines [...] et là, on n'a plus de propane pour sécher le maïs qui est encore au champ, a-t-il déploré.

Pour aider les agriculteurs à faire face à la détresse psychologique souvent engendrée par ces incertitudes, Québec a débloqué 300 000 $ pour leur offrir davantage d'aide psychologique. Ce qui ne sera pas de trop, selon Alexandre Proulx.

J'en connais des producteurs qui sont tout seuls. C'est pas nécessairement facile. Ce qui est le plus difficile, ce sont surtout les situations financières, explique-t-il, en rappelant que quatre producteurs ont mis la clé sous la porte à Saint-Anaclet-de-Lessard au cours des trois dernières années et que d'autres de ses confrères sont même allés jusqu'à s'enlever la vie.

On la sent, la détresse, dit-il.

Agriculteur passant le balai au milieu des vaches laitières.

De nombreux agriculteurs sont en détresse psychologique, estime Alexandre Proulx.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

Avec la prochaine ratification de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) et Québec qui songe à resserrer sa réglementation sur les pesticides, les producteurs ne sont toutefois pas au bout de leurs peines. Et plusieurs doutent que leurs doléances soient entendues.

Jusqu'où peut-on croire les gouvernements? Même avant que l'ALENA soit renégocié, ils disaient qu'ils ne toucheraient pas à la gestion de l'offre. Comment peux-tu croire quelqu'un qui dit des choses et qui fait le contraire? Mais bon, ce sont des politiciens..., conclut M. Proulx.

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