•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Grande Cache : Une vie rythmée par l’exploitation du charbon

Vue aérienne de Grande Cache, petite municipalité entourée de forêts.

Grande Cache comptait 3500 habitants en 2016.

Photo : Municipalité de Grande Cache

Radio-Canada

Un an et demi après la réouverture de sa mine de charbon, Grande Cache se remet tranquillement du marasme économique dans lequel elle a été plongée en 2015. Les habitants de la petite communauté voient désormais l’avenir avec un optimisme renouvelé, mais plus fragile qu’avant.

« [ Grande Cache ] revit » : c’est ainsi que Bob Parker décrit ce qui se passe dans cette communauté au pied des Rocheuses, depuis que la mine de charbon a repris ses activités.

Les épiceries et les magasins, dit-il, sont toujours pleins. Les enfants d’âge scolaire sont maintenant assez nombreux pour former une équipe de hockey, ajoute-t-il.

« Ça se rend jusqu’au gars qui se promène avec une pelle pour déneiger les entrées. Maintenant, les gens peuvent lui donner 10 $ ou 20 $ pour déneiger [leur terrain], parce qu’ils travaillent », raconte-t-il.

Bob Parker lui-même, qui voyageait quotidiennement dans les communautés voisines pour gagner sa vie, il y a deux ans, est maintenant le président du syndicat des travailleurs de la mine. Il représente quelque 240 employés. Le conseil municipal de Greenview estime toutefois qu’environ le tiers des emplois de Grande Cache dépendent directement ou indirectement de la mine.

La fermeture de cette dernière, en 2015, a provoqué des centaines de licenciements et une abrupte chute de la population. Deux ans plus tard, une nouvelle compagnie a racheté la mine et redémarré son exploitation. Le vent a tourné une nouvelle fois, presque aussi rapidement.

« J’ai plusieurs vieux amis qui sont revenus vivre ici [...]. Et puis financièrement aussi : tout le monde fait de l’argent maintenant », dit Darren Abstoway, un autre résident et ancien employé de la mine.

Ce n’est pas la première fois que Grande Cache traverse ce cycle. Il faut dire qu’elle a été construite pour loger les employés de la mine en 1969.

Michel Généreux y est arrivé en 1970 et y a travaillé presque toute sa vie avant de finalement prendre sa retraite. Comme de nombreux habitants de Grande Cache, il a perdu son emploi deux fois.

Chaque fois que le marché du charbon tire vers le bas, il sent l’anxiété monter dans la communauté. Et même quand l'économie reprend, l'anxiété ne disparaît pas pour tous. « Il y en a qui disent qu’ils ne veulent plus revenir », note-t-il.

La mine a fermé une première fois en 2000. La compagnie Grande Cache Coal l’a achetée et rouverte, avant de suspendre son exploitation une nouvelle fois 15 ans plus tard et de la revendre à son tour.

« Ça l’a frappé fort [...]. Presque tout le monde a perdu son emploi », admet le représentant de Grande Cache auprès du conseil de municipal de Greenview, Duane Didow.

Au point que Grande Cache, qui était alors une municipalité, à elle seule, a voté pour sa propre dissolution. Elle est maintenant incorporée au district municipal de Greenview.

[La mine] a toujours été l’énergie vitale de la communauté, mais nous avons survécu quand elle a fermé en 2000 et une nouvelle fois en 2015.

Duane Didow, conseiller municipal à Greenview

Duane Didow croit toutefois en la résilience de sa communauté. « Je crois que le futur de Grande Cache est prometteur, mais je crois que nous devons penser à nous diversifier », dit-il. Avec le soutien économique du reste de Greenview, il croit notamment qu’il sera plus facile de développer une industrie touristique.

En attendant, la mine embauche et les habitants ont retrouvé leur optimisme. Michel Généreux a remarqué que ses voisins ont meilleure mine. « Comme c’est là, le monde est un peu nerveux, mais il a de l’espoir », pense-t-il.

D'après les informations d'Andréane Williams

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Alberta

Métaux et minerais