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La Ville d'Ottawa examine un plan ambitieux pour le climat

De nombreuses personnes sont assises dans le fond de la salle.

La réunion du Comité permanent de la protection de l'environnement, de l'eau et de la gestion des déchets se tient dans une plus grande salle, afin d'accueillir les résidents et les organismes souhaitant y assister.

Photo : Radio-Canada / Kate Porter/CBC

Radio-Canada

La Ville d'Ottawa envisage un avenir avec de plus petites résidences et un centre-ville sans véhicules alors qu'elle étudie un nouveau plan de lutte contre les changements climatiques.

Le Comité permanent de la protection de l'environnement, de l'eau et de la gestion des déchets a approuvé, mardi, le Plan directeur pour la lutte contre les changements climatiques, préparé par les fonctionnaires municipaux.

Ce dernier prévoit des cibles de réduction des GES de 100 % d’ici 2040 pour les activités municipales (plutôt que 80 % à l’heure actuelle) par rapport au niveau de 2012. Pour 2050, on vise même de réduire les émissions de 100 % pour l'ensemble de la communauté. Ces objectifs feraient en sorte qu'Ottawa devienne carboneutre. L'objectif est de s'arrimer à ce que préconise l'ONU pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré.

Ces cibles seraient réalistes, selon les fonctionnaires, qui rapportent que, de 2012 à 2018, les émissions communautaires – associées aux résidents (bâtiments, transports, déchets et agriculture) – ont diminué de 14 %. Cette baisse est principalement liée à l’élimination progressive des centrales au charbon dans la province ainsi qu’à une réduction considérable des émissions provenant de la production d’électricité, souligne le rapport.

Les GES associés aux activités opérationnelles de la Ville d'Ottawa ont elles aussi baissé de 36 % pendant la même période, principalement grâce à la diminution des émissions générées par le dépotoir du chemin Trail, a-t-on précisé.

Dans les deux cas, les résultats dépassent déjà les cibles fixées pour 2024 (de 12 % pour les émissions communautaires et de 20 % pour les émissions municipales).

Avant d'entrer en vigueur, le Plan doit être adopté par le conseil municipal d'Ottawa, qui l'analysera lors de sa séance du 29 janvier 2020.

Quelques mesures proposées

Afin d'atteindre ces cibles, le rapport mise notamment sur le secteur des transports, une source élevée de GES. Parmi les mesures les plus restrictives, on propose d'interdire les véhicules dans certaines zones, comme le marché By, le centre-ville d'Ottawa, l’axe Wellington-Rideau, la rue Bank et le campus de l’Université d’Ottawa.

Pour réduire le trafic aux heures de pointe, un montant – sous forme de péage ou autres – pourrait aussi être exigé aux automobilistes voulant accéder au centre-ville (délimité par les rues Bronson et Catherine, la promenade Queen Elizabeth et la rivière des Outaouais). Le rapport propose de tester des frais de 20 $ entre 6 h et 10 h les jours de semaine, soit un montant plus élevé qu’à Londres.

Une carte montre une bonne partie du centre-ville d'Ottawa qui pourrait devenir piétonnière.

Un rapport propose de limiter l'accès des véhicules à certains quartiers d'Ottawa, comme le montre cette carte.

Photo : Ville d'Ottawa

Les fonctionnaires municipaux recommandent aussi à la Ville d'éliminer la dépendance aux combustibles fossiles, en favorisant les sources d’énergie renouvelable, en plus d’améliorer la conservation et l’efficacité énergétique, d'une part, ainsi que le captage et le stockage du carbone, d'autre part.

La Municipalité investit déjà dans l’électrification de sa flotte d’autobus. Les premiers véhicules devraient d'ailleurs être sur la route au début de 2021. De son côté, le conseiller du quartier Rideau Vanier, Mathieu Fleury, a souligné mardi l’importance pour la Ville d’investir rapidement dans la conversion de son parc d’autobus pour montrer son engagement sérieux dans la lutte contre les changements climatiques.

Les gouvernements doivent travailler ensemble

Devant l’ampleur de la tâche, des intervenants présents à la réunion ont souligné l’importance de travailler de concert avec les autres ordres de gouvernement.

Le conseiller du quartier Rideau-Goulbourn, Scott Moffatt, a ajouté que le plan proposé est conçu avec la notion qu’on ne peut pas y arriver par nous-mêmes. Du financement sera nécessaire de la part des autres gouvernements et du secteur privé. De plus, des changements devront être faits, par exemple, dans le Code du bâtiment pour favoriser une plus faible empreinte énergétique.

On a un rapport important qui va venir devant le conseil en fin d'année et en début d'année prochaine au niveau des enjeux climatiques – un plan pour planifier l'avenir d'Ottawa, autant au niveau du plan officiel des transports que des cibles, avait précisé la veille Mathieu Fleury, en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

C'est important pour la Ville, un peu comme ce qu'on a fait pour Elgin. On a élargi les trottoirs, on a rapetissé les voies, ce qui donne une opportunité de voir cette transition-là. Que le cycliste, le piéton, les transports en commun soient des solutions de rechange, a-t-il illustré.

Le conseiller Fleury croit qu'Ottawa a connu d'importantes transformations avec l'arrivée du train léger. C'est sur ce type de transformations que la Municipalité veut miser.

Avec les informations de Kate Porter de CBC et de Mathieu Nadon

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