•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Un peu plus haut, un peu plus loin » : le dernier Noël d’une sinistrée dans sa maison

Mme David, assise à une table, regarde une pelle mécanique par sa fenêtre.

Louise David prépare son réveillon avec un certaine joie, même si c'est le dernier qu'elle passe chez elle.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Louise David s’apprête à passer son dernier Noël dans sa maison de Pointe-Gatineau. Les crues printanières de 2017 et de  2019 auront finalement eu raison d’elle et de sa petite maison blanche. Or, Mme David part la tête haute et le sourire aux lèvres, malgré le déchirement et le deuil.

Louise David entretenait jalousement son jardin chaque année au retour de la belle saison. Les inondations de 2017 n’ont pas épargné les espaces verts dans lesquels elle avait investi tant d’efforts depuis son emménagement en 2004.

C’était complètement ravagé. Je me suis dit : “C’est vrai, il n’y a vraiment rien de permanent", se remémore-t-elle philosophiquement.

Tu peux mettre tous les efforts que tu veux, mais il faut que tu sois prêt à le laisser partir. Ici, j’ai fait mon deuil.

Une citation de :Louise David, sinistrée

La maison de Mme David sera officiellement démolie au printemps. La femme de 69 ans compte maintenant déménager dans une copropriété, loin des eaux qui montent, une décision qu’elle recommande d'ailleurs à tous ceux situés en zone inondable.

Faites comme Ginette Reno le chante si bien : allez plus haut et allez plus loin, lance-t-elle non sans un certain humour.

Louise David rit durant une entrevue à la caméra.

Louise David garde le moral, même si elle doit laisser sa maison derrière elle.

Photo : Radio-Canada

Confrontée à la catastrophe, Mme David est passée par toutes les inquiétudes possibles, mais la sexagénaire aborde maintenant sa situation avec sérénité.

Il le faut, répond-elle simplement lorsqu’on lui demande pourquoi elle a une attitude plutôt positive. Sans ça, ça m’a rendue malade. Ça m’a rendue très stressée, très anxieuse.

Les festivités d’abord

Malgré les tristes circonstances, c’est avec enthousiasme que Louise David prépare le dernier réveillon dans sa maison de la rue René.

Je ne sais pas pourquoi j’ai mis des décorations de Noël, mais c’est juste pour mon bon plaisir à moi. J’ai toujours aimé ça, confie-t-elle à l’ombre d’un petit sapin décoré dans sa salle à manger.

Une salle à manger avec une table, quatre chaises et un sapin de Noël près d'une fenêtre.

Bien que modestes, les décorations installées pour Noël par Louise David sont d'une grande importance pour elle.

Photo : Radio-Canada

Au fil des sinistres — durant lesquels elle a été prise en charge par la Croix-Rouge —, Mme David a appris à ne pas se négliger et à profiter de la vie en dépit du désastre, leçon d’autant plus vraie dans le temps des Fêtes.

On fait le réveillon, les échanges de cadeaux. C’est sûr qu’on ne laisse pas ça de côté. Si quelqu’un veut faire des « partys », je vais y aller!

Une citation de :Louise David, sinistrée

La résidence de Louise David se distingue, non pas parce qu’elle est décorée, mais parce qu'il s'agit d’une des seules encore debout de la rue. De nombreuses autres demeures ont fait place à des terrains vagues ou à de la machinerie lourde qui s’affaire à démolir les maisons restantes.

Une pelle mécanique et un petit tracteur garés sur un terrain vide derrière un conteneur de métal.

La machinerie est à pied d'oeuvre pour achever la démolition de la maison en face de celle de Louise David.

Photo : Radio-Canada

C’est la principale ombre au tableau pour la sinistrée. Les catastrophes successives ont permis de cultiver l’entraide dans le voisinage, et il est difficile pour elle de voir le secteur devenir petit à petit un quartier fantôme.

Un quartier à rebâtir

Myriam Nadeau en entrevue à la caméra.

Myriam Nadeau, conseillère municipale de Pointe-Gatineau, a participé activement à la lutte contre les inondations.

Photo : Radio-Canada

Parmi les personnes mobilisées dans le quartier lors des inondations, on comptait notamment la conseillère municipale de Pointe-Gatineau, Myriam Nadeau. Pour elle, il était tout naturel de se mettre à quatre pattes sous un balcon pour installer des sacs de sable, par exemple.

Quand on a des gens qui sont à terre, on a besoin de pouvoir s’appuyer sur ceux autour de nous pour nous aider à nous relever.

Une citation de :Myriam Nadeau, conseillère municipale du district de Pointe-Gatineau

Si les maisons se raréfient dans Pointe-Gatineau, Mme Nadeau souhaite ardemment maintenir une certaine vie dans le secteur.

C’est pour nourrir le sentiment de quartier, de voisinage, de continuer à se donner un endroit où on peut continuer d’échanger que certains projets de réaménagements ont commencé à voir le jour sur des terrains où se trouvaient des résidences jusqu’à tout récemment.

Un banc de bois qui fait le tour d'un arbre sur lequel sont accrochées des écharpes.

Gatineau a un budget de 1,4 million de dollars pour redonner vie aux terrains où se trouvaient de maisons démolies après les inondations.

Photo : Radio-Canada

La Ville de Gatineau s’est d’ailleurs munie d’un budget de 1,4 million de dollars pour donner un second souffle aux terrains abandonnés partout sur son territoire.

Les nouvelles installations vont aussi assurer que l’esprit des résidents contraints de s’exiler comme Louise David soit immortalisé.

J’ai un voisin qui est venu prendre tous mes arbres et mes vivaces. Il les a tous transférés dans des terrains vacants, raconte celle qui pourra voir renaître le jardin qu'elle aimait tant et que les inondations lui ont dérobé.

Avec les informations de Nicolas Haddad et d'Alexandra Angers

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !