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Arsenic : la Fonderie Horne investira 180 M$ et instaure une « zone de transition »

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L'entrée de la fodnerie Horne avec la pancarte indiquant le nom de la compagnie et au loin une cheminée.

Les installations de la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Annie-Claude Luneau

La Fonderie Horne investira jusqu'à 180 millions de dollars pour réduire l'exposition des citoyens du quartier Notre-Dame à l'arsenic. Elle mettra également en place une « zone de transition » entre la Fonderie et les maisons.

L'entreprise a présenté son plan d'action ce matin, un plan demandé par le gouvernement du Québec à la suite de l'étude de biosurveillance qui avait démontré une surexposition à l'arsenic chez les enfants du quartier.

Les dirigeants ont présenté une série d'actions qu'ils comptent mettre en place à court et moyen terme, mais refusent de s'avancer sur des objectifs chiffrés de réduction des émissions d'arsenic.

Rappelons que le ministère de l'Environnement autorise la Fonderie Horne à émettre jusqu'à 67 fois plus d'arsenic dans l'air que la norme provinciale.

La Fonderie compte investir 170 millions de dollars dans le projet PHÉNIX/VELOX, une nouvelle technologie qui devrait permettre de diminuer les émissions d'arsenic.

Ce projet, qui était déjà prévu depuis quelques mois, est de construire une usine pilote de 20 millions de dollars utilisant de nouvelles méthodes.

On met hors fonction certains vieux vaisseaux métallurgiques pour lesquels la capture des gaz était plus difficile et on a des vaisseaux de fonte modernes pour lesquels le niveau d'étanchéité est très élevé, a expliqué le directeur du développement durable à la Fonderie Horne, Pierre-Philippe Dupont.

Si ce projet-pilote est concluant, la Fonderie ira de l'avant avec la construction d'une usine complète au coût de 150 millions de dollars d'ici 2026.

Zone de transition

L'entreprise, propriété de la multinationale Glencore, instaure aussi une « zone de transition » entre la Fonderie et les maisons du quartier.

Le projet vise les deux premières rangées de maisons, entre la 9e et la 5e rue, peut-on lire dans le communiqué de l'entreprise.

Cette zone pourra servir de stationnement pour les employés ainsi qu'à améliorer le verdissement du secteur grâce à la plantation d'arbres.

La compagnie prévoit investir entre 5 et 10 millions de dollars.

Vue sur la fonderie Horne à partir de quartier Notre-Dame à Rouyn-Noranda.

La plus récente étude de biosurveillance chez les enfants du quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda, montre une exposition moyenne 4 fois plus élevée à l'arsenic, une substance cancérigène. Une situation qui perdure depuis plus de 40 ans.

Photo : Radio-Canada

Échantillonnage des sols

Finalement, la Fonderie propose un programme d'échantillonnage et de restauration des sols. Un tel programme est déjà en place et permet de restaurer les terrains qui présentent un taux d'arsenic supérieur à 100 ppm.

La Fonderie mettra en plus sur pied un système d'échantillonnage volontaire pour les familles qui ont des enfants de moins de 6 ans. Les sols qui présentent plus de 30 ppm d'arsenic seraient ainsi également restaurés.

Réactions locales

Le Comité Arrêt des rejets d'émissions toxiques (ARET) de Rouyn-Noranda se dit déçu de l'annonce de lundi matin, puisque ces mesures devaient déjà être prises par la compagnie.

C'est sûr que le comité ARET est pas mal déçu de ce qui a été présenté. Par contre, on n'est pas nécessairement surpris, sachant que la demande du ministre n'était pas très claire au niveau de l'échéancier et des normes à atteindre. Ce qu'on nous a proposé n'est pas plus clair finalement. On n'a pas de chiffres, on n'a pas de données précises dans les temps, dénonce Valérie Fournier, porte-parole du comité citoyen.

Une femme accorde une entrevue à la caméra.

Valérie Fournier, porte-parole du comité ARET

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, affirme que le conseil est heureux de constater que la fonderie a respecté les délais du ministère. On sent vraiment une prise en charge, on est heureux de constater ça, a-t-elle affirmé.

Questionnée à savoir si le conseil était déçu que le fonderie ne se soit pas fixé d'objectif clair quant à l'atteinte de la norme provinciale, la mairesse a répondu que le conseil souhaitait d'abord une réduction des émissions. Ce qu'on avait souhaité, c'est la réduction des émissions de façon accélérée. On sait qu'au niveau du gouvernement, on vise l'atteinte de la norme provinciale dans un plan à long terme. Je n'ai pas tous les détails présentement, mais c'est sûr qu'on sera à l'affût des discussions du comité interministériel et des résultats de leurs analyses, indique Mme Dallaire.

La suite du dossier

Le gouvernement du Québec a confirmé avoir reçu le plan d'action de la Fonderie Horne.

Par voie de communiqué, le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a mentionné que ce plan d'action ainsi que les pistes de solutions qui y sont proposées seront maintenant analysés avec rigueur par le comité interministériel mis en place le 1er novembre 2019. Le gouvernement du Québec sera en mesure de commenter ce plan d'action au terme de ce processus d'analyse.

De son côté, la Direction de la santé publique de l'Abitibi-Témiscamingue, qui avait réclamé des mesures rapides de réduction des émissions d'arsenic dans les conclusions de son étude de biosurveillance, a aussi préféré reporter ses commentaires à plus tard.

La directrice Lyse Landry fait partie du comité interministériel qui analysera le document.

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