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Une « COP de la honte », dénoncent des groupes environnementaux

Des manifestants à Madrid, en marge de la COP25.

Bien des groupes environnementalistes et des militants ont dénoncé la mollesse des grands pollueurs dans le cadre des négociations portant sur un système de bourse mondiale du carbone.

Photo : Reuters / Susana Vera

Radio-Canada
Mis à jour le 

Rien de moins qu'une « COP de la honte » : l'échec des négociations serrées à Madrid, qui avaient pour but de renforcer les méthodes de lutte contre les changements climatiques, déçoit clairement les experts et les groupes de pression d'ici.

Le constat est clair pour ces groupes mobilisés : les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES) ne cessent de remettre à plus tard l'idée d'agir dans l'urgence pour limiter la hausse moyenne des températures mondiales.

Alors que nous sommes frappés par les changements climatiques, les événements extrêmes, et que la population de mobilise, malheureusement, les États n'écoutent pas la science, ne se donnent pas d'objectifs ambitieux, n'avancent pas l'argent promis il y a longtemps pour les pays les plus vulnérables, lance Patrick Bonin, de Greenpeace Canada.

Il y a urgence d'agir; il faut réduire les émissions, les couper de moitié en 10 ans, et ce n'est certainement pas en retardant l'action qu'on va y parvenir.

Même son de cloche pour Louise Hénault-Éthier, de la Fondation David Suzuki, qui évoque une grande déception de voir que certains pays ont réussi à faire bloquer des avancées.

C'est urgent : tous les scientifiques le disent, de même que tous ceux qui manifestent... il faut que les choses changent rapidement. On a une opportunité, à l'échelle planétaire, de prendre des décisions qui vont avoir un impact et de protéger la planète entière, et c'est via les COP, a-t-elle poursuivi.

Énorme gouffre

Chez Équiterre, Caroline Brouillette, experte en choix collectifs en matière de changements climatiques, parle d'un « énorme gouffre » entre ce qui a été discuté à la COP25 et ce qui était réclamé dans les rues de partout dans le monde.

Plus la mobilisation climatique gagne du terrain, plus ceux et celles qui bénéficient du système actuel d'exploitation des énergies fossiles résistent, analyse-t-elle.

Pour Léa Ilardo, co-porte-parole du collectif étudiant La planète s'invite à l'Université, ce sommet des Nations unies laisse un goût particulièrement amer.

C'est très difficile à accepter. Ça fait un an de mobilisation pour ma part, mais des années et des années pour beaucoup d'autres personnes, notamment les peuples autochtones, qui sont au premier rang de cette lutte. Mais finalement, il n'y a aucune ambition au niveau politique et encore du temps de perdu. Ça s'est terminé avec des textes finaux qui sont très faibles, quasiment vides, se désole-t-elle.

Le gouvernement fédéral déçu

Le ministre fédéral de l'Environnement, Jonathan Wilkinson, a ajouté sa voix à celle des intervenants se disant déçus des résultats de la COP25.

Dans une série de tweets publiés dimanche en début de soirée, M. Wilkinson a précisé que le Canada s'est rendu à la COP25 dans un esprit de compromis et dans une perspective de s'engager à agir.

S'il y a eu des succès, nous sommes déçus que la planète n'ait pas été en mesure de s'entendre sur des règles régissant la bourse mondiale du carbone, qui nous aiderait tous à rehausser nos ambitions à Madrid, a-t-il ajouté.

Le ministre précise par ailleurs qu'Ottawa continuera d’œuvrer, avec ses partenaires internationaux, pour déterminer des règles efficaces pour les marchés internationaux lors de la prochaine COP, en 2020.

Un processus qui a manqué de souffle

Les tractations internationales en cours à Madrid depuis deux semaines se sont enlisées, les pays n'arrivant pas à s'entendre sur ce qui est appelé la règle 6, soit un projet de mise sur pied d'une bourse mondiale du carbone.

Les participants à la conférence ont donc reporté le dossier à l'an prochain, à Glasgow, dans l'espoir de trouver une façon de sortir de l'impasse.

Un tel système permettrait aux pays qui arrivent à dépasser leurs cibles de réduction des GES de vendre des crédits aux pays qui ne sont pas capables de les atteindre. Cela inciterait aussi, pense-t-on, les entreprises à adopter des pratiques écoresponsables, que ce soit en améliorant leur efficacité énergétique ou en utilisant les énergies renouvelables.

Avec les informations de La Presse canadienne

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