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Le bénévolat de l’extrême, un sacrifice pour sauver des vies

Deux sauveteurs portent secours à une personne blessée à ski. Les trois sont hélitreuillés et suspendus au-dessus du vide.

Rencontre avec un sauveteur bénévole en montagne, François-Xavier Gagnon

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Différentes raisons incitent les Canadiens à faire du bénévolat. Pour François-Xavier Gagnon, sauveteur en montagne en Colombie-Britannique, la sienne est de sauver des vies. Rencontre avec ce passionné de plein air qui n’a pas froid aux yeux.

C’est un sacrifice qu’on donne, mais, au bout de la ligne, on voit qu’on a vraiment fait la différence en sauvant une vie.

Une citation de :François-Xavier Gagnon, sauveteur bénévole dans l'équipe de recherche et de sauvetage de Lions Bay

Arrivé en Colombie-Britannique il y a une dizaine d’années, ce Québécois s’est vite mis à la recherche d’un groupe d’amis qui avaient la même passion que lui : la montagne. Alors guide de plein air, il cherchait un moyen de faire sa part pour la communauté en utilisant ce qu’il appelle ses forces.

Un homme souriant qu'une quarantaine d'années se tient fièrement devant un camion de sauvetage. Les portes arrière du camion sont ouvertes.

François-Xavier Gagnon est bénévole dans l'équipe de recherche et de sauvetage Lions Bay.

Photo : Radio-Canada / Hélène Bardeau

Ma force est d’aller aider les gens en montagne, puis de m'assurer que les gens reviennent sains et saufs, dit-il.

Il a vite trouvé ses marques en se joignant à l’équipe de recherche et de sauvetage bénévole de Lions Bay, non loin de Vancouver. Cependant, malgré ses nombreuses connaissances dans le domaine du sauvetage en montagne, M. Gagnon a dû suivre plusieurs formations techniques et complexes.

C’est à peu près un an de formation pour devenir membre de l’équipe officielle.

Une citation de :François-Xavier Gagnon

Sauvetages en eau vive ou sur une falaise, apprentissage des premiers soins ou encore utilisation de carte et boussole… La liste des formations est longue et parfois éprouvante. On a dû prouver qu’on était capable de survivre une nuit avec ce qu’on avait dans notre sac, raconte le patrouilleur.

Plusieurs hommes en tenue de plongée dans une crevasse avec de l'eau. Ils tentent de sauver une personne en danger.

Le bénévole François-Xavier Gagnon (complètement à droite) en formation avec l'équipe de sauvetage de Lions Bay.

Photo : Lions Bay Search and Rescue

Demande de temps… et d'argent

J’ai déjà reçu trois appels en une journée, j’étais sur le terrain pendant 18 heures, explique M. Gagnon, qui dit recevoir une quarantaine d’appels dans l’année.

De jour, comme de nuit et dans toutes les conditions météorologiques, il doit être prêt à répondre à une urgence rapidement : On dessert un terrain assez abrupt et il faut monter avec tout le matériel.

Deux hommes dans une montagne se préparent à aller sauver une personne en danger. Tous les deux portent des vêtements de sécurité.

François-Xavier Gagnon et son ami bénévole Christophe Morris.

Photo : Radio-Canada / Hélène Bardeau

Si les connaissances sont essentielles pour faire la différence sur le terrain, un bon équipement est primordial pour un sauveteur. En tant que bénévole, François-Xavier Gagnon finance lui-même son harnachement, ce qui comprend entre autres des vêtements sécuritaires, des chaussures à crampons, des piolets et d'autres outils nécessaires au sauvetage.

Quatre-vingt-dix pour cent de l’équipement qui est sur moi est payé de ma poche, et je pense que j’ai entre 4000 et 6000 $ d’équipement sur moi.

Une citation de :François-Xavier Gagnon

Il s'agit donc d'un investissement financier, mais surtout d'un investissement de temps. Étant patron de sa propre société, François-Xavier Gagnon arrive plus facilement à concilier ses obligations professionnelles et son bénévolat, bien qu’il est conscient que sa passion ne paye pas le loyer.

Des hommes et des femmes dans une montagne. Ils sont en train de sauver une personne.

Une équipe de sauvetage de Lions Bay sur le terrain.

Photo : Lions Bay Search and Rescue

Toutefois, il ne cache pas que les nombreuses heures consacrées à Lions Bay ont des répercussions sur sa vie personnelle. Ce n’est pas juste nous, c’est souvent aussi la famille, les partenaires, les enfants qui sont touchés […] Ça peut créer des tensions, admet-il.

Une carapace dure

Pour secourir des randonneurs piégés en montagne, le sauveteur chevronné doit faire face à des situations périlleuses. Si certaines missions se passent sans accroc, d’autres sont plus complexes.

Malgré son professionnalisme et ses longues heures de formation avec les équipes de Lions Bay, il n’est pas préparé à faire face au deuil.

Un téléphone cellulaire dans une main. En gros plan, on voit un doigt pointer sur le téléphone une carte d'un sentier de montagne.

Les sauveteurs bénévoles de Lions Bay utilisent des cartes GPS sur téléphone pour se repérer dans les montagnes.

Photo : Radio-Canada / Hélène Bardeau

Il y a des situations où je me suis dit que les chances pour que cette personne soit en vie sont petites, confie M. Gagnon. Dans ta tête, tu dois te préparer à faire une recherche de cadavre et ce n’est pas une chose pour laquelle nous sommes entraînés.

Malgré les nombreuses contraintes que ce bénévole de l’extrême doit accepter et bien que l’envie d’arrêter lui ait souvent traversé l’esprit, il ne compte pas arrêter de si tôt. C’est un peu un contrat à vie, quand tu es dans l'équipe, tu restes dans l'équipe, explique-t-il.

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