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Un tunnel du palais législatif au passé trouble demande à être restauré

Une photo d'époque montrant des ouvriers pendant la construction d'un grand bâtiment en pierre.

Le tunnel a été construit notamment pour acheminer le courant produit par la centrale électrique de l'Assemblée législative.

Photo : Collection Rob McInnes

Radio-Canada

Enterré sous la rue Broadway, un tunnel achemine discrètement l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’Assemblée législative, au palais de justice et aux archives provinciales. Après avoir connu un effondrement et une tentative d’évasion, le passage oublié du public exige aujourd’hui une cure de jouvence.

« Il y a une trentaine d’années, on pouvait y marcher librement », explique d’emblée l’historien de l’architecture Randy Rostecki. « C’est un lieu intéressant à explorer. »

Selon lui, le passage « semble interminable, parce qu’il est étroit et très long » et il peut « causer quelque frayeur, parce qu’il est parfois mal éclairé ».

Pourtant, l’accès au tunnel est aujourd’hui interdit au public pour des raisons de sécurité. L’ouvrage considéré comme une merveille d’ingénierie lors de son inauguration en 1916 demande à être réparé.

Si le gouvernement se fait avare de détails quant à l’étendue et au coût exact des travaux, ceux-ci sont tout de même inclus dans une enveloppe de 150 millions de dollars consacrés à la réfection du palais législatif.

Un passé trouble

Il y a plus d’un siècle, une douzaine d’ouvriers circulant dans les entrailles de Winnipeg pour construire le tunnel ont entendu un fort craquement, les incitant à s’enfuir en vitesse.

L’ouvrage en pleins travaux s’est effondré, pulvérisant ses poutres de soutien comme de vulgaires allumettes, rapporte, à l’époque, le Winnipeg Tribune. Les travailleurs ont survécu, mais les aventures de leur ouvrage étaient loin d’être terminées.

En 1917, un an à peine après son ouverture, un prisonnier travaillant dans le sous-sol de la centrale électrique adjacente au palais législatif a frappé ses gardiens avant de s’enfuir par le tunnel, passant par le palais de justice.

Le contrebandier d’alcool a plus tard été retrouvé à la maison, célébrant son forfait, une bouteille à la main, précise le Winnipeg Tribune.

Une merveille d’ingénierie, disait-on

À la fin des travaux de construction en 1916, le tunnel de deux mètres de largeur et trois mètres de hauteur était considéré comme « le plus large de l’Ouest canadien », disait un journal de l’époque.

Un tunnel dans lequel passent des tuyaux.

Le tunnel de béton de 2 mètres de largeur et 3 mètres de hauteur est aujourd'hui fermé au public.

Photo : Radio-Canada

Les gens « ne voyaient pas de limite » au développement potentiel de Winnipeg, explique Randy Rostecki. En 1910, la capitale manitobaine était l’une des plus grandes villes au Canada, si bien que « tous les chemins mènent à Winnipeg », selon un journaliste du temps.

C’est cet engouement qui a conduit les autorités à imaginer un palais législatif au coeur d’un quartier gouvernemental, note M. Rostecki.

Les politiciens ont toutefois déchanté, précise-t-il, ajoutant que plusieurs des bâtiments prévus ont été abandonnés.

Selon un rapport d’employés de la fonction publique rédigé en 1915, la construction de l’édifice parlementaire a été bâclée, mais pas celle du tunnel.

Selon Randy Rostecki, la vocation de chemin de liberté du passage étroit pourrait encore s’affirmer, permettant cette fois aux parlementaires de s’enfuir si un problème survenait au palais législatif.

Avec les informations de Ian Froese

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