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Violentes manifestations à Beyrouth

L'homme est penché et reçoit des coups de matraque.

Les violences de samedi sont les plus significatives et le bilan des blessés le plus élevé depuis le début des manifestations, le 17 octobre.

Photo : The Associated Press / Hussein Malla

Agence France-Presse

Des dizaines de personnes ont été blessées dans des heurts survenus samedi soir à Beyrouth, les plus violents depuis le début du mouvement de contestation en octobre, les forces de sécurité ayant fait usage de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.

Samedi, des dizaines de manifestants s'étaient rassemblés dans le centre de la capitale pour fustiger à nouveau la classe politique et réclamer un gouvernement composé de technocrates et d'indépendants.

À deux jours de consultations parlementaires pour nommer un nouveau premier ministre, ils ont notamment crié haut et fort leur refus d'une possible reconduction à son poste de Saad Hariri, qui a démissionné le 29 octobre sous la pression de la rue.

Les heurts ont éclaté quand des manifestants ont tenté de franchir un barrage de police bloquant l'entrée d'une avenue menant au Parlement, avant de se poursuivre ailleurs en centre-ville.

Selon des témoins, des membres de la sécurité du Parlement habillés en civil ont matraqué des manifestants. La police antiémeute a tiré des balles en caoutchouc et les manifestants ont jeté des pierres, selon la même source.

La défense civile libanaise a annoncé sur Twitter avoir transporté 36 blessés vers des hôpitaux, tandis que 54 civils ont été soignés sur place.

La Croix-Rouge libanaise a, elle, transporté 15 blessés vers des hôpitaux et soigné 37 personnes sur place, selon son bilan.

Samedi soir, la Croix-Rouge libanaise avait rapporté des évanouissements, des personnes souffrant de difficultés respiratoires et d'autres touchées par des jets de pierres. Les blessés étaient des civils, mais aussi des membres des forces de sécurité.

Les violences de samedi sont les plus importantes et le bilan des blessés le plus élevé depuis le début, le 17 octobre, d'une contestation inédite au Liban contre la classe dirigeante, jugée corrompue et incompétente.

Si la mobilisation s'est globalement déroulée dans le calme, ces dernières semaines, les accrochages se sont multipliés et les forces de sécurité ont plusieurs fois eu recours à la force face aux contestataires.

Ouverture d'une enquête

La ministre de l'Intérieur, Raya el-Hassan, a réclamé dimanche aux Forces de sécurité intérieure l'ouverture d'une enquête rapide et transparente pour déterminer les responsabilités dans les violences de la veille.

Elle a évoqué la présence de personnes infiltrées et mis en garde les contestataires contre des parties qui tenteraient d'instrumentaliser les manifestations pour provoquer une confrontation avec les forces de l'ordre.

Sur son compte Twitter, Diala Haidar, qui travaille sur le Liban pour Amnistie internationale, a dénoncé un usage excessif de la force par les forces de sécurité, évoquant la présence d'hommes en civil, certains masqués, attaquant les manifestants et les interpellant aux côtés des forces de sécurité.

Les policiers antiémeute sont entourés de fumée et des lumières des pétards.

À Beyrouth, les manifestants ont lancé des pétards sur les policiers.

Photo : The Associated Press / Hussein Malla

Les forces de sécurité intérieure ont évoqué dimanche sur Twitter une vingtaine de blessés dans leurs rangs transportés vers des hôpitaux, d'autres ayant été soignés sur place.

Le premier ministre Hariri et son gouvernement continuent de gérer les affaires courantes. Jusqu'à présent, les principaux partis du pays n'ont pas réussi à s'entendre sur son successeur.

Car si le système politique du Liban doit garantir l'équilibre entre les différentes communautés religieuses, il ouvre la voie à des tractations et des marchandages interminables. La formation du nouveau cabinet pourrait donc s'éterniser, dans un pays économiquement au bord du gouffre.

Réunis mercredi à Paris, les principaux soutiens internationaux du Liban, dont la France, les Émirats arabes unis ou les États-Unis, ont indiqué qu'ils n'apporteraient leur aide financière qu'à la condition qu'un gouvernement efficace et crédible, qui engagerait rapidement des réformes d'urgence, soit mis en place.

La Banque mondiale prévoit une récession économique en 2019 au Liban, avec un taux de croissance négatif qui dépasserait les -0,2 %. Environ un tiers des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté, selon l'organisation.

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