•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'ex-cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi coupable de fraude et de corruption

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
L'ancien vice-président de SNC-Lavalin Sami Bebawi.

Sami Bebawi lors de son procès au palais de justice de Montréal

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

L’ex-cadre de SNC-Lavalin Sami Bebawi est reconnu coupable des cinq chefs d’accusation auxquels il faisait face, dont fraude et corruption.

Les jurés se sont prononcés dimanche matin, après leur quatrième journée de délibérations.

Sami Bebawi, 73 ans, faisait face à cinq chefs d'accusation de fraude, de recyclage de produits de la criminalité, de possession de biens volés et de corruption d'un agent public étranger.

M. Bebawi et son avocat n’ont fait aucun commentaire après la lecture du verdict.

La procureure, pour sa part, n’a pas voulu donner de détails sur la peine qu’elle pourrait réclamer.

Les observations sur la peine se dérouleront jeudi prochain.

Le juge Guy Cournoyer, de la Cour supérieure du Québec, a rejeté la demande de détention provisoire réclamée par la Couronne, estimant qu'il n'y avait aucun risque que M. Bebawi prenne la fuite.

Il a déjà indiqué qu’il ne rendrait pas son verdict avant la première semaine de janvier prochain.

La procureure aux poursuites criminelles et pénales, Anne-Marie Manoukian, a remercié le jury pour le travail effectué sur ce dossier complexe durant six semaines.

Il y avait beaucoup de preuves […], une preuve juricomptable, un expert américain également, des concepts juridiques qui peuvent être complexes.

Anne-Marie Manoukian, procureure aux poursuites criminelles et pénales

M. Bebawi a 30 jours pour interjeter appel. Il aura également un mois pour contester la peine lorsqu’elle sera connue.

Un véritable stratagème de pots-de-vin

Lors du procès, la Couronne fédérale reprochait à Sami Bebawi d’avoir été l'instigateur d'un stratagème permettant à SNC-Lavalin d'obtenir de lucratifs contrats en Libye depuis la fin des années 1990. Elle soutenait que l’entreprise d’ingénierie a transféré quelque 113 millions de dollars à des sociétés fictives pour payer des individus qui l'ont aidée ensuite à recueillir de l'argent et à décrocher des contrats en Libye.

Le procès a révélé des liens troublants entre SNC-Lavalin et le régime de l'ancien dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Selon la Couronne, Sami Bebawi a orchestré un système de pots-de-vin qui a bénéficié au fils de l'ex-dictateur, Saadi Kadhafi, en échange de contrats juteux, ainsi que le paiement d'extras.

SNC a également payé un yacht de 25 millions de dollars à Saadi Kadhafi.

Au fil des ans, Sami Bebawi lui-même aurait reçu un total de 26 millions de dollars, selon la Couronne.

Ni défense ni témoignage

Sami Bebawi n'a pas présenté de défense et n'a pas souhaité témoigner. Il est demeuré silencieux tout au long du procès et le jury n’a pas eu à l’entendre.

La défense s’est contentée de plaider que Sami Bebawi avait simplement reçu des bonis de la part de SNC-Lavalin pour son bon travail. Les millions de dollars empochés étaient des primes autorisées par l'ancien grand patron de SNC, Jacques Lamarre, afin de récompenser M. Bebawi pour son travail dans les dossiers complexes en Libye.

Le nom de Jacques Lamarre a été mentionné plusieurs fois pendant le procès, mais il n'a pas été appelé à témoigner. Il n'est pas non plus accusé.

Seul Sami Bebawi a été accusé dans cette affaire.

L’affaire SNC-Lavalin est à l'origine de la crise qui a secoué le gouvernement libéral de Justin Trudeau, révélant un bras de fer entre le premier ministre et l'ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.