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Un garçon innocent de nouveau signalé sur la liste d'interdiction de vol à l'aéroport

Syed Adam Ahmed regarde l'objectif. Derrière lui, le parlement.

Syed Adam Ahmed, ici en 2016, est le visage de la lutte des Canadiens innocents dont le nom figure sur la liste d'interdiction de vol du pays.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Un garçon de 10 ans, qui est à l'avant-garde de la lutte des Canadiens dont le nom figure injustement sur la liste d'interdiction de vol du pays, a de nouveau fait l'objet d'un signalement, alors que le gouvernement fédéral a promis de trouver une solution au problème.

Syed Adam Ahmed n'avait que six ans lorsqu'il a été interpellé par la sécurité à l’aéroport international Pearson de Toronto en 2016 alors qu'il voyageait avec son père pour assister à un match de hockey des Canadiens de Montréal. Le nom du garçon se trouve sur la liste de voyageurs à haut risque de plusieurs compagnies aériennes.

Près de quatre ans plus tard, l’incident se répète — encore à l'occasion d'aller voir les Canadiens — et le gouvernement affirme maintenant que le système de recours ne devrait pas être mis en œuvre avant la fin de 2020.

Sulemaan Ahmed et son fils Syed Adam

Sulemaan Ahmed et son fils Syed Adam (Archives).

Photo : Radio-Canada

De nombreux enfants canadiens sont sur la liste d'interdiction de vol parce qu'ils ont le même nom que des personnes figurant sur une liste de sécurité nationale.

La mère d'Ahmed, Khadija Cajee, regrette d'apprendre que le système de recours ne sera mis en place qu'à la fin de 2020 alors que le gouvernement avait précédemment informé sa famille qu'il serait mis en œuvre en juin de l'année prochaine.

Ce n'est certainement pas ce que nous voulons entendre, mais comme ils le savent maintenant, nous n'allons nulle part, a déploré Khadija Cajee. Nous essayons simplement de le gérer du mieux que nous pouvons et de maintenir la pression.

Une femme à la peau brune et les cheveux frisés devant des tableaux.

La mère d'Ahmed, Khadija Cajee, regrette d'apprendre que le système de recours ne sera mis en place qu'à la fin de 2020 alors que le gouvernement avait précédemment informé sa famille qu'il serait mis en œuvre juin de l'année prochaine.

Photo :  CBC

Depuis que l'histoire d'Ahmed a fait la une des journaux en 2016, sa famille — ainsi que des dizaines d'autres — a activement fait pression pour la création d'un système de rectification national permettant de mieux gérer les fausses correspondances de noms avec la liste d'interdiction de vol du Canada.

Le système devrait offrir la possibilité aux voyageurs dont les noms ressemblent à ceux de la liste d'obtenir un numéro d'identification unique qui leur permettrait d'éviter tout malentendu ou délai à l'aéroport.

Le combat des familles avait ainsi mené le jeune Adam, âgé alors de huit ans, vêtu de son meilleur costume et de chaussures de sport, à assister à une réunion à huis clos sur la colline du Parlement il y a deux ans afin d’accélérer la mise sur pied du nouveau système.

La liste d'interdiction de vol du Canada de personnes considérées comme une menace a été instaurée en 2007. Le gouvernement n'a pas confirmé le nombre de personnes qui y figurent, mais on estime qu'il y en aurait près de 2000.

Lorsque le nom d'Adam est revenu sur la liste samedi, son père a fait part de sa frustration sur Twitter, publiant que l’histoire qui se répète n’inspirait pas confiance.

Le nouveau ministre de la Sécurité publique du Canada, Bill Blair, a tweeté en réponse : Je suis désolé d'apprendre les difficultés que vous et votre fils avez récemment rencontrées. Mon bureau a été en contact et j'ai hâte de discuter avec vous des efforts pour empêcher cela pour vous et d'autres familles.

Un long processus

Beaucoup de familles concernées par le problème, regroupées au sein du groupe No Fly List Kids, espéraient qu'une solution viendrait plus tôt.

Un pas a toutefois été franchi pour instaurer un système de recours avec l’adoption en juin du projet de loi C-59, destiné à modifier la loi antiterroriste.

Avec l'adoption du projet de loi C-59, nous pouvons maintenant procéder au processus réglementaire pour apporter les changements nécessaires au Règlement sur la sûreté des déplacements aériens, avait déclaré un porte-parole du ministre de la Sécurité publique de l'époque, Ralph Goodale, ajoutant qu'un système serait opérationnel en 2020, bien qu'un calendrier précis n'ait pas été précisé.

Un communiqué du bureau de Bill Blair a déclaré samedi qu'il comprenait la frustration des voyageurs respectueux des lois qui peuvent être stigmatisés et retardés en raison de faux positifs.

Le gouvernement a déclaré qu'il avait investi 81,4 millions de dollars sur cinq ans et 14 millions de dollars par an au cours des années suivantes pour construire un système de contrôle centralisé, qui comprendra un système de recours.

Avec l'adoption du projet de loi C-59, le gouvernement a pu prendre le contrôle de la liste des compagnies aériennes pour créer un système qui permettrait aux voyageurs de se distinguer des personnes effectivement signalées sur la liste.

Le gouvernement du Canada travaille avec ses partenaires pour mettre en œuvre le plus rapidement possible un programme amélioré, qui nécessite le développement de systèmes informatiques et son adoption par les transporteurs aériens. Il devrait commencer à fonctionner à la fin de 2020. Nous sommes reconnaissants de la patience et de la compréhension des personnes touchées entre-temps, a indiqué le communiqué.

Un manque de volonté politique

Selon Me Raoul Boulakia, un avocat spécialisé en droit de l'immigration et d'asile à Toronto, le fédéral aurait pu corriger la situation rapidement.

Ce ne serait pas du tout difficile, assure-t-il. Le ministre doit seulement émettre une directive expliquant comment on peut se plaindre et comment on peut obtenir résolution de ces problèmes.

Les familles peuvent aussi contester la situation en cour fédérale, explique l'avocat, mais c'est une démarche qui demande de six mois à un an. Il ajoute que le fédéral s'oppose généralement dans les litiges au sujet de la citoyenneté, ce qui complique les causes.

Une famille qui veut seulement que son enfant puisse prendre l'avion pour aller voir un match des Canadiens à Montréal ne va pas dépenser 50  000 $, 100 000 $ pour des litiges. C'est complètement absurde.

Me Raoul Boulakia, avocat en immigration

« C'est ridicule »

La mère d'Adam a dit qu'elle avait hâte de travailler avec le nouveau ministre, mais que ce changement est trop tardif.

C'est tout simplement ridicule de savoir que les enfants continuent d'être signalés de cette façon.

Khadija Cajee, mère de Syed Adam Ahmed

Cela fait quatre ans que nous plaidons, mais cela fait 10 ans que mon fils est sur cette liste. Je pense donc que cela a assez duré, a déclaré Khadija Cajee.

Adam a finalement pu arriver à temps pour assister au match de samedi à Montréal, qui opposait le Canadien au Red Wings. Mais maintenant qu'il vieillit, sa mère craint qu'il ne se sente criminalisé.

Il sent déjà qu'il est un peu mis à part… Il connaît trois autres personnes du nom d'Adam Ahmed, donc il sait que c'est un problème de correspondance de nom, mais ce n'est pas moins stigmatisant, a-t-elle déclaré.

Avec les informations de Shanifa Nasser, CBC

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