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Un chauffeur d'OC Transpo tire la sonnette d'alarme et dénonce la gestion des horaires

Chris Grover en entrevue à Radio-Canada.

Dans sa lettre ouverte aux citoyens d'Ottawa, Chris Grover s'excuse aux usagers d'OC Transpo.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un chauffeur d'autobus d'Ottawa dénonce les conditions de travail qu'il juge déraisonnables au sein d'OC Transpo. Dans une lettre envoyée aux médias, Chris Grover estime que la mauvaise gestion des horaires est à l'origine des retards systématiques du transporteur public.

Les horaires sont de pire en pire, le service est de moins en moins fiable et personne ne semble en mesure de dire la vérité. Les dirigeants doivent cesser de promettre des choses qu'on ne peut pas réaliser, observe M. Grover.

Chris Grover, qui a commencé à travailler pour OC Transpo en 2010, déplore que son emploi de rêve ait tourné au cauchemar. Le chauffeur raconte avoir fait des journées de 10 heures sans pause, parfois sans pouvoir aller aux toilettes.

Ces mauvaises conditions de travail provoquent un taux d'absentéisme anormalement élevé qui se situerait entre 20 et 25 %, selon ses estimations. À un certain point, ils offrent de quadrupler nos salaires et il y a quand même des trajets qui ne trouvent pas preneur, assure-t-il.

Si tu offres 120 dollars de l'heure à quelqu'un pour deux heures de travail et qu'il refuse, qu'est-ce que ça vous dit sur les conditions de travail?

Chris Grover, chauffeur d'OC Transpo

Le directeur général d'OC Transpo, John Manconi, affirme que ces statistiques sont grandement exagérées, mais confirme que le pourcentage de chauffeurs absents dépasse les 10 %, en moyenne.

M. Manconi fait le point sur le train léger à la table du conseil.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

John Manconi, directeur général d'OC Transpo, lors du conseil municipal d'Ottawa du 6 novembre (archives).

Photo : Radio-Canada / Giacomo Panico

Chris Grover est lui-même présentement en congé de maladie, après avoir subi une opération au genou en octobre. Il a travaillé de façon intermittente au cours des six derniers mois et espère pouvoir recommencer à travailler à temps plein vers le début de l'année 2020.

M. Grover espérait que l'arrivée du train léger changerait les choses, mais selon les collègues avec qui il a discuté, ce n'est pas le cas. Les usagers semblent du même avis.

On le sait depuis des années qu'il y a un problème avec le service d'autobus dans la ville et donc ça fait tout simplement confirmer ce qu'on soupçonnait, explique Anne-Marie Roy, une représentante du groupe Usagers du transport en commun d'Ottawa.

Sans commenter le cas de Chris Grover, son syndicat lui donne raison sur certains points, notamment que les horaires doivent être améliorés, tout comme la durée des trajets et le temps de récupération.

La conseillère du quartier Somerset, Catherine McKenney, qui siège à la Commission du transport en commun de la Ville, voit cette sortie publique d'un bon œil. Maintenant que c'est sur la table, j'espère que ce sera un point tournant, dit-elle.

OC Transpo se défend

Aux yeux de M. Manconi, l'opinion de M. Grover est loin de représenter celle de tous ses collègues. Est-ce qu'on a des problèmes? Oui. Mais on a 1500 conducteurs dont la majorité sont contents, soutient-il.

M. Manconi ne comprend pas pourquoi le chauffeur n'est pas passé par son syndicat ou par les canaux internes pour faire part de ses inquiétudes. C'est dommage que le conducteur n'ait pas appelé notre équipe, puisqu'on a beaucoup d'avenues pour parler des problèmes d'opération, précise-t-il.

Sans vouloir s'avancer sur les motifs du mécontentement de M. Grover, M. Manconi a laissé savoir que Chris Grover a été réaffecté à l'horaire de la fin de semaine depuis l'entrée en vigueur du train léger.

Je veux juste que notre système fonctionne et je suis prêt à adhérer à n'importe quel plan et à travailler avec n'importe qui pour réaliser ça, conclut M. Grover, qui craint toutefois de perdre son emploi à la suite de sa sortie médiatique.

Le directeur général d'OC Transpo refuse de commenter des cas individuels, mais insiste sur le fait qu'il est toujours ouvert aux suggestions de ses employés.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

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