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Caribous de Val-d’Or : « S’il faut une crise, on va la faire », dit la chef de Lac-Simon

Un caribou forestier.

Un caribou forestier

Photo : Radio-Canada

Thomas Deshaies

Des chefs anichinabés dénoncent la position du gouvernement du Québec quant à la harde de caribous de Val-d’Or et se disent prêts à se mobiliser. Le sujet sera d’ailleurs abordé dans une rencontre entre les chefs qui aura lieu la semaine prochaine, selon ce qu’a appris Radio-Canada.

C’est très très choquant, déclare d’entrée de jeu la chef de Lac-Simon, Adrienne Jérôme, à propos de la position du gouvernement du Québec sur la harde de caribous de Val-d’Or.

Selon elle, le gouvernement devrait assurer une protection plus grande du secteur. Ce n’est pas juste en tuant les loups qu’on va sauver les caribous, là, parce que les caribous, ils ont besoin des vieilles forêts, explique-t-elle.

Une femme parle à la caméra en entrevue.

Adrienne Jérôme, chef de la communauté de Lac-Simon

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement du Québec a récemment fait savoir qu’il comptait effectuer du contrôle de prédateurs et fermer certains chemins forestiers, mais qu’il rejetait tout agrandissement de l’aire protégée actuelle du caribou de Val-d’Or. Le ministre des Forêts ne s’est pas encore engagé à maintenir le moratoire sur la coupe forestière dans l’habitat du caribou de Val-d’Or après avril 2020.

Lors d’un point de presse tenu mercredi dernier, M. Dufour a aussi déclaré qu’il y avait un enjeu financier à sauver certaines hardes. Il a également expliqué qu’il fallait prendre en considération l’aspect industriel pour éviter des pertes d’emplois.

Prêts à se faire entendre

Mme Jérôme se dit déterminée à empêcher l’État d’abandonner les caribous de Val-d’Or. « On a déjà eu des crises nous autres, puis s’il faut qu’il y ait une crise pour les caribous, on va la faire encore. Les compagnies forestières savent qui on est », s’exclame-t-elle.

Le chef de Kitcisakik, Régis Penosway, est également prêt à se « faire entendre ».

La harde du caribou fait partie de notre culture. Le voir disparaître pour une notion d’économique, c’est quand même quelque chose, cela.

Régis Penosway, chef de Kitcisakik

Les trois communautés de Lac-Simon, de Kitcisakik et de Winneway se sont par ailleurs engagées il y a plus d’un an dans un partenariat afin de contribuer à la sauvegarde du caribou de Val-d’Or.

Les Anichinabés ont aussi volontairement mis fin à leurs activités traditionnelles de chasse du caribou il y a des décennies.

L’Action boréale, un acteur essentiel, plaide Régis Penosway

L’organisme voué à la protection de la forêt boréale, l’Action boréale, a été exclu des tables de discussions sur le caribou de Val-d’Or par le gouvernement du Québec.

L’organisme a publié un communiqué de presse dans lequel il ciblait un fonctionnaire qui participe depuis des années à la stratégie de protection du caribou forestier. Le président de l’Action boréale a aussi reçu une mise en demeure de l’État.

Pour Régis Penosway, la réponse du gouvernement n’est pas acceptable.

En étalant mon désaccord, est-ce que je fais face aussi à une mise en demeure? se questionne le chef anichinabé.

Selon lui, l’Action boréale est un acteur incontournable. Pour nous, c’est un partenaire qui nous aide beaucoup à [la mise en place] de mesures de protection, affirme-t-il. On consulte beaucoup l’Action boréale.

La tendance à prioriser l’économie plutôt que l’environnement chez l’actuel gouvernement, selon ce que perçoit M. Penosway, n’indique d’ailleurs rien de rassurant pour l’avenir des orignaux dans la réserve faunique La Vérendrye. Qu’est-ce qui va arriver avec le cheptel d’orignal? Avec les agissements du ministre dans ce dossier-là. On y voit un parallèle là, conclut-il.

Critique d’un expert : Pierre Dufour s'excuse

Le ministre Pierre Dufour.

Le ministre Pierre Dufour

Photo : Radio-Canada

Lors d’un point de presse tenu mercredi dernier, le ministre Pierre Dufour a d’ailleurs critiqué un expert national du caribou, l’universitaire Martin-Hugues St-Laurent.

Il l’a accusé de critiquer le gouvernement depuis sa tour d’ivoire à Rimouski. C'est facile d'être assis dans sa tour d'ivoire à l'université de Rimouski et de dire : "Voici comment ça fonctionne", avait-il notamment déclaré.

Il s’est ensuite rétracté dans une publication sur sa page Facebook vendredi soir. J’ai émis à ce moment, et ce, sur le coup de l’émotion, des propos durs à l’endroit de la communauté scientifique et de l’un de ses membres, Martin-Hugues St-Laurent. Ces commentaires ont malheureusement dépassé ma pensée et je tiens à vous dire que je les regrette sincèrement, a-t-il écrit.

Des excuses qui ont été acceptées par le principal intéressé.

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